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Aliou Cissé, le sélectionneur national, qui a appelé Lamine Sané, en souffrance à  Bordeaux (élite française), pour la double confrontation (26 et 29 mars) avec le Niger, ne l’a certainement pas fait en raison de la forme du moment.

En difficulté sur le terrain, le premier capitaine de Cissé, après sa prise de fonctions, est pris en grippe par les supporters depuis sa décision d’aller voir ailleurs, à  l’ouverture du marché hivernal des transferts.

Sur le plan de la performance, il n’y a pas photo entre le défenseur central de Bordeaux et Bayal Sall, qui multiplie les sorties de très haut niveau avec Saint-Etienne (élite française), où il a d’ailleurs récupéré le brassard avec l’absence de Loïc Perrin.

En réalité, en le faisant venir en sélection, Aliou Cissé veut faire certainement d’une pierre deux coups : remettre le soldat Sané dans le bain surtout, avec la chaleur de l’accueil à  Dakar, en plus d’avoir à  portée de main un footballeur très apprécié de la sélection nationale.

La voix de Lamine Sané porte, en raison de l’expérience du joueur (28 ans), qui a pris part à  un quart de finale de Ligue des champions, avec Bordeaux, et de sa longévité en équipe nationale.

Sa sélection est d’autant plus importante que la sélection nationale est en quête d’un leader. Et la volonté du sélectionneur de lui tendre la main ne peut tomber dans l’oreille d’un sourd.

Au moment où il est pris en grippe par les supporters de son équipe, le fait de voir Cissé compter avec lui sera très bien apprécié par Lamine Sané, qui a touché le fond, ces dernières semaines, sur le terrain et en dehors.

Comme en témoigne cette bagarre avec un coéquipier, dans les vestiaires, au soir d’une humiliante élimination en Coupe de France, et tout récemment sa conduite automobile sans le permis de conduire.

En lui tendant la main, le sélectionneur national tente certainement de faire comprendre à  Lamine Sané qu’il compte toujours sur lui, croit à  ses qualités et à  son retour rapide au premier plan.

En faisant confiance à  Sané, à  un moment où il est lâché par une bonne partie de ses supporters, Aliou Cissé lui ouvre un terrain où il peut s’exprimer sans subir les quolibets.

D’ailleurs, dans des entretiens récents avec des médias français, le défenseur sénégalais n’a pas manqué d’étaler sa souffrance : « J’ai souffert d’entendre dire que je ne voulais pas jouer, que je n’étais pas disponible pour l’équipe. »

Si les bonnes performances ne sont pas encore de retour, malgré cette mise au point devant les médias et les relations difficiles avec une partie des supporters, Lamine Sané reste un footballeur de devoir, qui a toujours répondu présent chaque fois que les Lions ont besoin de lui.

En sélection nationale, même s’il a pris du retard par rapport au duo Kara Mbodj-Kalidou Koulibaly, on ne l’a pas entendu ruer dans les brancards quand il a été obligé de démarrer les deux matchs contre Madagascar sur le banc des remplaçants.

A Bordeaux, même quand il était borduré par Willy Sagnol, celui qui lui a donné le brassard de capitaine, il est resté sur le banc des remplaçants et a essayé de faire son métier de la manière la plus professionnelle possible.

En le faisant revenir dans des circonstances pareilles, Aliou Cissé aura à  portée de main un footballeur en difficulté, qui voudrait tout faire pour rebondir, sans l’idée de remettre en question ses choix.

L’axe central de Cissé par exemple a tenu la route lors des dernières échéances. Et Sané peut souffrir la concurrence si on prend en compte le nombre de défenseurs centraux sénégalais évoluant au haut niveau actuellement.

Avec la multiplication des échéances (les éliminatoires de la CAN 2017 et du Mondial 2018), Aliou Cissé se ménage une porte de secours avec Lamine Sané, en cas d’indisponibilité, de méforme ou toute autre contrariété de la paire de défenseurs centraux.