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Enfin. Aliou Cissé a fait face à la presse, hier vendredi, à l’occasion de la publication de sa liste de joueurs pour la double confrontation avec le Niger, les 26 et 29 mars prochain. Un moment choisi par le sélectionneur pour justifier ses choix, mais aussi revenir sur les accrochages qu’il aurait eus avec certains cadres de la Tanière. Sans détour

Réconciliation avec Souaré
Pour moi, Pape ndiaye souaré fait partie des meilleurs latéraux de ce pays. J’ai toujours dit qu’un garçon qui est venu me montrer qu’il est blessé, je ne peux que constater. Contre madagascar, Pape est venu à Paris, et on a
constaté ensemble sa blessure. dès lors qu’il m’a dit qu’il ne se sentait pas prêt à se déplacer pour aller jouer ce match, je ne pouvais pas le forcer à venir. Parce que dans cette équipe nationale, j’ai besoin de garçons qui sont à 100%. au match retour, il a voulu revenir mais on n’était pas dans cette dynamique-là. mais comme je vous le dis, c’est un garçon qui fait partie de mes plans, qui fait partie de l’équipe, il a prouvé qu’il avait le niveau pour jouer dans cette équipe nationale. Je ne suis pas là non plus pour me passer des bons joueurs. maintenant, il sait qu’il va retrouver de la concurrence dans cette équipe du sénégal. rien ne lui sera donné. Je pense que cela est important. Par rapport à la saison qu’il est en train de faire, je pense que c’est intéressant qu’il soit avec nous.

Deux sélectionnés locaux
Pape seydou ndiaye et Chérif salif sané sont des garçons que je connais depuis que j’étais en charge de l’équipe olympique. Peut-être que beaucoup ne le savent pas, mais Chérif est un garçon qui a des histoires par rapport aux sélections de jeunes. il a eu quelques problèmes ces dernières années parce que, à mon avis, il n’a pas eu de bonnes préparations. mais personnellement, je connais ses qualités parce que j’ai eu à l’entraîner plusieurs fois avec l’équipe des olympiques. Pour moi, tout ce qu’il fait depuis le début de saison est intéressant. et comme on est à la recherche de joueurs capables d’éliminer, de se projeter sur les côtés et d’y apporter la percussion, il est le bienvenu. il fait partie de cette race de joueurs dont le football sénégalais a besoin. Ce qui me réconforte un peu plus sur le choix de Chérif salif sané, c’est que, quand on est parti à miami, j’ai vu qu’il était capable de jouer contre des joueurs confirmés, beaucoup plus âgés que lui. idem pour Pape seydou ndiaye que je connais très bien. on a eu à décrocher une médaille de bronze à nice, en 2013 lors des Jeux de la Francophonie. il a continué sa progression avec serigne saliou dia en étant aussi médaillé d’or des derniers Jeux africains. l’année dernière, il faisait partie des meilleurs gardiens de ce pays. tony sylva, qui est très attentif à ce qui se passe ici, a fait de bons témoignages sur le gardien. À miami face au mexique, il a confirmé tout le bien que l’on pense de lui. il mérite d’être avec les lions.

Un an sans la presse
Je n’ai jamais été figé sur ma position concernant le point de presse. si vous m’avez bien suivi, j’ai dit que le moment n’était pas opportun. aujourd’hui, le moment étant propice, on est là en train d’échanger avec vous. il
faut comprendre aussi que j’ai des soucis de protection de mon groupe. Ce sont ces raisons-là qui ont fait que je n’ai pas émis le souhait d’organiser un point de presse, mais il n’a jamais été question pour moi de l’enlever totalement. aujourd’hui, je l’ai senti, je l’ai fait. Ça prouve que ça peut se reproduire comme ça peut ne pas se reproduire. Ce que je peux vous dire, c’est qu’aujourd’hui, on a besoin de vous et on est venu vers vous. Comme je le dis, nous sommes des partenaires, mais le partenariat ne veut pas dire qu’on va être tout le temps d’accord. On peut être partenaire et ne pas être toujours d’accord. Je peux comprendre que vous ayez vos positions, votre façon de voir les choses, mais acceptez aussi que par rapport à mes sensations et à ce que je vis, il y ait des choses que vous ne connaissez pas. même si parfois il y a quelques fuites, vous ne connaissez pas l’intérieur de la tanière. Par rapport à certaines sensations, je ne peux pas tout dire. J’ai entendu des gens dire qu’il veut enlever le point de presse. J’ai juste dit que pour le moment, je ne suis pas prêt à le faire.

Choix de Diao baldé Keita
Concernant diao Baldé Keita, pour moi, le talent, où qu’il puisse être, nous devons aller le chercher. J’entends les gens dire que l’équipe est instable, il faut garder le noyau mais on ne peut pas avoir des garçons comme diao Baldé, Koulibaly, Cheikh ndoye qui fait partie des meilleurs joueurs actuellement au milieu de terrain et que l’on me demande de fermer le groupe et de ne pas aller chercher ces jeunes-là. Je pense que cette équipe
nationale doit s’ouvrir aux talents où qu’ils puissent être. mon job c’est d’aller les chercher. C’est un vrai travail qui a été fait pour arriver à la venue de diao Baldé. Ce travail a été mené par le président augustin senghor et le président abdoulaye sow sans oublier les contacts qu’on a à l’extérieur. le fait qu’il vienne nous rejoindre est bénéfique pour lui et pour le groupe aussi. n’oubliez pas que c’est un jeune joueur aussi. il n’a que 20 ans, il a une marge de progression. il ne faut pas attendre de lui qu’il règle tous les problèmes de l’équipe nationale parce qu’il y a des joueurs qui sont là, qui ont un peu plus de bol que lui. nous allons l’accueillir, nous sommes heureux de le recevoir dans le groupe mais aussi dans ce pays.

Issa Sarr «le touriste»
Concernant issa sarr, il y a combien de sélectionneurs qui appellent des joueurs sans les utiliser ? on peut  appeler des joueurs sans les utiliser. Ça, c’est le choix de l’entraîneur par rapport à ce qu’on est en train de faire, par rapport au choix tactique et à la physionomie du match. moi, si je convoque des joueurs, c’est parce que je leur fais confiance, parce qu’ils m’ont montré des choses aux entraînements. maintenant, si je ne l’utilise
pas pour l’instant cela ne veut pas dire que je n’ai pas besoin d’issa sarr. dans une sélection, tout le monde ne va pas jouer forcément. tout le monde doit être prêt parce qu’il y a de la place pour tout le monde. si tout le monde pense qu’il doit jouer, il n’y aura personne sur le banc de touche parce que personne ne veut y être. issa est important pour moi. si je l’appelle, c’est parce que je compte sur lui. il y a d’autres garçons que j’appelle, mais ils ne jouent pas. Je peux donner l’exemple de Cheikh ndoye. Beaucoup d’observateurs pensent qu’il a sa place en équipe nationale, mais pour l’instant il n’est pas titulaire indiscutable. il se contente des bouts de match. Et je sais que le jour où j’aurai besoin de lui, il répondra présent. C’est aussi ça une sélection.

Dame Ndoye et Djilobodji
dame ndoye et Papy djilobodji, je n’ai pas trop envie de parler de leur cas. J’ai beaucoup de respect pour eux ; donc ils savent ce qu’ils doivent faire. moi, je n’ai jamais eu de problème avec un joueur, contrairement à ce que les gens écrivent dans la presse. s’il y a un problème, peut-être que ce sont les joueurs qui ont des problèmes avec le sélectionneur, mais moi je n’ai aucun problème. Quand on me taxe d’être rigoureux sur le management, je dis que moi j’ai envie de gagner. Je suis là pour gagner et je suis toujours sous pression. si vous voulez que je vous dise la vérité, je ne veux pas que demain augustin senghor me vire sans que je n’aie gagné quelque chose. et cette pression-là, je ne veux pas que vous me la mettiez ; je me la mets assez parce que j’ai envie de gagner quelque chose avec cette équipe nationale du sénégal. les joueurs et leur entraîneur sont sur un pied d’égalité. nous voulons tous gagner, donc nous sommes sous pression. Quand les choses ne marchent pas, quand l’attitude n’est pas bonne, quand l’engagement n’y est pas, nous devons aussi le dire.

Relations avec les joueurs
avec mes joueur, je ne cherche pas de l’amitié, ni qu’ils m’aiment. Je ne suis pas non plus leur ennemi. Je suis là pour eux et ils savent que je suis prêt à mourir pour eux. mais, je ne cherche pas forcément leur amitié. on est  là pour faire un travail. et on ne s’amuse pas avec l’équipe nationale qui reste le baromètre d’un pays. au sénégal, les gens vivent pour l’équipe nationale. l’état fait ce qu’il faut pour aider les fédéraux qui se donnent corps et âme pour la réussite de l’équipe nationale en faisant avancer les choses. les joueurs doivent aussi suivre tous ces exemples-là. l’équipe nationale n’est pas un endroit où on vient pour être free comme je l’entends sur quelques sorties de joueurs. Ce qui veut dire qu’ils ne comprennent pas ce que veut dire l’équipe nationale. ici, on n’a pas le temps d’être free. ici, on est sous tension, on évolue sur pression parce qu’on veut gagner. C’est ça la réalité. Ces garçons-là savent ce qu’ils doivent faire. maintenant pour les discussions que j’ai eues avec eux,  je garde ça pour moi. Je n’ai pas besoin de le dire ici.