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LSFP

La Ligue 1 sénégalais semble petit à petit investie par les techniciens de l’Hexagone, avec la nomination du Franco-Algérien Bahloul Djilali au poste d’entraîneur de la Linguère de Saint-Louis, le deuxième technicien français arrivé cette année de France pour coacher un club sénégalais.



En début de saison, Youssouph Dabo, qui s’occupait de petites catégories au Red Star (Ligue 2 française), avait accepté le challenge qui lui a été proposé par le Guédiawaye FC (élite sénégalaise).


Dans un entretien avec l’APS, le jeune technicien a indiqué avoir été convaincu par le projet présenté par le président du club, ajoutant qu’il avait besoin de mettre en pratique ses connaissances au haut niveau au lieu de jouer les seconds rôles.


Si le phénomène est récent au Sénégal, des clubs africains aux moyens financiers plus importants ont depuis longtemps fait le pari de faire signer des techniciens français qui ont du mal à s’insérer au monde du football hexagonal.


Le Horoya AC, qui a étrillé (4-0) l’AS Douanes, dimanche, pour le compte des préliminaires de la Ligue africaine des champions, a confié son destin au Français Victor Zvunka, après avoir utilisé ces dernières années les compétences de l’ancien sélectionneur des Lions, Amara Traoré, et du technicien guinéen Lappé Bangoura.


Si les techniciens français se voient de plus en plus confier les rênes des clubs, après les sélections nationales, très peu de techniciens noirs et/ou originaires du continent arrivent à s’insérer ou à s’imposer en Europe, même après une carrière réussie de footballeur.


En France, très peu d’entraîneurs noirs sont salariés de clubs professionnels, digne d’une contradiction manifeste entre le nombre de footballeurs blacks et la proportion de techniciens.


Dans des entretiens avec des médias français après sa victoire au CHAN (championnat d’Afrique des nations), le Congolais Florent Ibenge, qui a appris le métier en France, en avait fait le constat : « Il y a plein de joueurs noirs mais aucun entraîneur ».


Finaliste de la Ligue des champions 2014 avec l’AS Vita Club de Kinshasa, troisième à la CAN 2015 et victorieux avec les Léopards locaux, Ibengue ironise même à propos de cette situation : « On peut jouer mais pas diriger : peut-être que le Noir est juste fait pour exécuter ».


« Des gens sont là, formés, à qui on ne veut pas faire confiance », expliquait le technicien congolais, disant regretter que les responsables du football français ne soient pas encore prêts « mentalement » à les prendre les techniciens noirs.


Après avoir joué en France où il est arrivé très jeune à la suite d’un père médecin, Florent Ibenge a coaché des clubs amateurs français avant de se voir ouvrir une première porte en Chine, au Shanghai Shenhua, dirigé à l’époque par Nicolas Anelka.



Les clubs européens « ne croient pas en nous », résume Siasia Samson, le vainqueur de la CAN 2015 des moins de 23 ans, récemment porté à la tête des Super Eagles, après la démission de Sunday Oliseh, la semaine dernière.


« Beaucoup d’entre nous ont joué au plus haut niveau en Europe, mais ces mêmes clubs ne nous donnent pas la possibilité de montrer ce qu’on peut faire en dehors du terrain. Et même quand ils nous donnent notre chance, ils ont vite fait de nous licencier », a-t-il ajouté.


Le seul dont il dit se souvenir, c’est l’ancien international français d’origine congolaise Claude Makelele, entraîneur du SC Bastia en 2014.


« Il y a là quelque chose de profondément injuste, mais je ne veux pas mettre de nom dessus », souffle Samson Siasia.


Le problème ne se limite donc pas seulement à la France, puisqu’en Angleterre, sur 92 clubs professionnels, il n’y a que quatre entraîneurs noirs.


En France, on n’en compte qu’un seul, avec le Kanak Antoine Kombouaré, ancien footballeur français devenu entraîneur du RC Lens (Ligue 2 française).