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Les footballeurs sénégalais connaissent des fortunes diverses en Turquie. Lamine Diarra a traversé une première moitié de saison 2015-2016 frustrante, passée en marge du onze de départ et parfois même hors du groupe. Après un bon début, Abdoulaye Bâ vit des moments difficiles. Une blessure a plombé l’envol du défenseur de Fenerbahce. Pendant ce temps, Pape Alioune Ndiaye survole le championnat en classe affaire. L’Obs s’arrête sur les performances du milieu de terrain de Osmanlispor.

L’image est saisissante. Sur la ligne de touche, un membre du staff technique de Osmanlispor exulte. Pape Alioune Ndiaye, qui vient de marquer son dixième but, finit sa course dans ses bras. Debout comme un seul homme, le banc fête son héros de la 20ejournée. Ce milieu de terrain buteur a un profil rare, qui est dans l’air du temps. Car à l’époque où les petits gabarits espagnols Xavi, Iniesta et consorts n’étaient pas encore les maîtres du monde, la mode était davantage aux milieux grands et puissants. Au Sénégal, Pape Bouba Diop, Salif Diao, Abdoulaye Diagne Faye, ou encore Bayal Sall, trustaient le cœur du jeu. Mais les temps ont changé. Depuis la retraite de la génération dorée de 2002, un frémissement juvénile traverse la Tanière, avec l’arrivée d’une nouvelle vague de footballeurs. Certains sont sortis de l’Institut Diambars. Ce premier centre de formation au Sénégal à comprendre que faire la passe au bon endroit, au bon moment et au bon partenaire, vaut tout autant qu’un football plus fleuri, a mis sur le marché des joueurs techniques, capables de montrer une vraie maîtrise collective. De quoi satisfaire les romantiques. L’un d’entre eux fait son bonhomme de chemin en Turquie. Pape Alioune Ndiaye, de la promotion 90 des Diambars, a passé trois ans en Norvège. Il continue sa progression en Super Lig. Sans anicroche. Dans le onze type de la mi-saison, Pape Alioune Ndiaye s’est imposé comme un leader technique dont l’excellence en plein épanouissement. Son jeu tout en fraîcheur et justesse technique, est indispensable au bien-être du collectif et à l’épanouissement du public. A l’heure de se confier, il ne fait pas la fine bouche. «J’ai progressé à tout point de vue. En plus d’être constant, je gagne beaucoup de ballons, délivre des passes décisives (4) et marque des buts. Pour un milieu de terrain, c’est très important d’être dans cette dynamique.»

«Iniesta, Busquets et Yaya m’inspirent»

20 titularisations, 10 buts marqués, 2 cartons jaunes, le milieu de terrain de Osmatnlispor est dans la forme de sa vie. «J’essaie de m’améliorer techniquement et tactiquement. Pour être un bon milieu de terrain, il faut être capable d’analyser le jeu, en avoir une bonne lecture… Physiquement aussi, il faut essayer de progresser. C’est un ensemble. Mais j’adore la technique. Des joueurs techniques comme Iniesta, Busquets (Barça), Yaya Touré (Manchester City), sont mes modèles. J’aime la vista de Iniesta, sa simplicité. Il joue juste, il lâche le ballon au bon moment. C’est un footballeur complet. La perfection. J’aime bien Arsenal et Barcelone. Je prends du plaisir à regarder ces clubs.» A force de s’inspirer de ces joueurs d’en haut et de se frotter aux meilleurs en Super Lig (Eto’o, Sneijder, Van Persie), Pape Alioune Ndiaye s’est forgé un profil qui représente l’avenir. En attendant, la Turquie se délecte de ses performances.

L’Afrique du Sud, un test réussi

En sélection, le milieu de terrain attend une deuxième chance pour la saisir. Son premier test, contre l’Afrique du Sud, il l’a brillamment réussi à Johannesburg, en amical. Il a saisi le temps de jeu qui lui a été offert pour creuser son sillon. «On peut toujours mieux faire. Le plus dur reste à faire. On va continuer à travailler car j’ai envie de réaliser de belles choses avec l’équipe nationale. Quand le moment viendra, ça se fera», avoue le «Lion», la voix douce. Il y a chez le jeune international sénégalais une forme de timidité qui ne s’efface que balle au pied. Mais derrière cette image de garçon bien élevé, se cache un homme au caractère bien trempé. «C’est dû à ma formation et à mon éducation. La famille est sacrée, mes parents m’ont donné une très bonne éducation. Diambars a également joué un rôle très important dans ma formation. Ils forment des hommes. En plus, je suis de nature réservé. Je n’aime pas être au-devant de la scène. Sur le terrain, je suis un compétiteur, au vrai sens du terme. Sans aucune prétention, je peux m’adapter dans n’importe quel championnat. Je veux aller au plus haut niveau, rien que pour faire plaisir à ma famille. Ils m’avaient dit : «Tu en es capable». Je veux leur montrer qu’ils n’ont pas tort. Je veux faire plaisir aux gens qui m’aiment.»