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L’international sénégalais Badji a coûté 2,5 millions (+ bonus) et signe pour 3,5 ans.

Casquette sur le crâne, veste de cuir, pantalon serrant et surtout 75 kilos de muscles pour seulement 1,80m : Stéphane Badji (26 ans) n’est pas passé inaperçu lors de son arrivée à l’aéroport de Zaventem. Le dernier transfert d’Anderlecht (il signe pour 3,5 ans) est un inconnu du grand public, mais il pourrait être la plus grande révélation des quatre nouveaux.

Arrivé avec une heure de retard en provenance de Turquie, où il portait les couleurs du BB Istanbul (4e au classement turc, derrière les trois grands), il n’était pas très loquace. Jusqu’au moment où on a parlé de Kouyate.

« Qu’est-ce que Cheikhou vous a dit à mon sujet ? » souriait-il. « Lui et Kara, mon autre compatriote, m’ont convaincu de venir à Anderlecht. Mais de toute façon, c’est moi qui ai décidé. Qui dit Anderlecht, dit grand club. Je suis très content d’être ici. »

Badji devra renforcer l’entrejeu d’Anderlecht, comme Kouyate l’a fait lors des playoffs de 2014.« Je sais jouer au même poste que Cheikhou, mais j’ai un autre style que lui. Je suis aussi bien un médian offensif que défensif. »

Badji a été transféré définitivement. Il a coûté 2,5 millions d’€ (dont 250.000€ pour Brann Bergen, son précédent club). Le prix augmentera de 150.000€ au bout de trente matches joués. Istanbul BB touchera également 20 % du profit d’une éventuelle revente. De son côté, le joueur gagnera 700.000€ par an.

Il avait charmé le staff mauve lors du match amical entre les deux clubs en juillet à Swolgen (0-0) et les rapports suivants étaient également positifs.

Badji est le seul des quatre qui n’est pas en manque de temps de jeu. Au BB Istanbul, il a joué 1.512 minutes cette saison. Il a perdu sa place de titulaire lors des quatre derniers matches.

Le hasard veut que Badji ait suivi le même parcours que son compatriote et ami Kara Mbodj. Lui aussi, il a débuté sa carrière européenne en Norvège (d’abord Songdall, puis Brann Bergen, le club de Kara). Il a 16 sélections avec le Sénégal. La dernière, c’était le 5 septembre 2015 contre la Namibie.

Jérémy Perbet a joué 8 mois avec lui à Istanbul BB. « Stéphane est un milieu très costaud et très physique, mais il a aussi une très bonne technique », dit le buteur carolo. « Il aime le jeu au sol. C’est un gros bosseur qui va courir 90 minutes. Il a une excellente mentalité. Il avale vraiment les kilomètres sans souci. Ce n’est pas un géant mais je peux vous dire que c’est une bête. Il passe beaucoup de temps en salle de musculation. Il peut même dépanner comme arrière droit. Le nouveau Gillet ? Oui, on pourrait dire ça. (rires) Je suis encore en contact régulier avec lui. Je pensais que les clubs du top en Turquie allaient sauter sur l’occasion de le transférer mais Anderlecht a saisi l’opportunité. Bravo au Sporting, c’est un très bon renfort. »

Alain Giresse, l’actuel sélectionneur du Mali, a été le coach fédéral du Sénégal entre 2013 et 2015 :« Stéphane a un énorme volume de jeu », dit le Français. « Il joue avec une grande détermination. Ce n’est pas le style de joueur qui fait lever les foules mais celui qui apporte de l’équilibre à une équipe. Moi, je le reprenais toujours quand j’étais sélectionneur du Sénégal. Et il jouait. Je vois qu’il n’est plus repris ces derniers mois, je ne sais pas pourquoi. Si je devais le comparer à un joueur, ce serait Blaise Matuidi du PSG, le gars qui n’arrête pas de courir pour permettre aux autres de briller. Il a une excellente mentalité. Je vais même vous raconter une anecdote à ce sujet : lors des rassemblements de l’équipe nationale, je donnais de temps en temps une matinée de libre à mes gars. Quand ça arrivait, Stéphane prenait ses baskets et allait courir. Il joue au milieu de terrain mais on ne peut pas le comparer à Kouyate. Cheikhou a un peu plus de technique. Stéphane est plus rugueux et a un grand volume de course. »