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Dans le Championnat sénégalais, il fait partie des plus capés. Convoqué chez les «Lions» en 2009 (Éliminatoires CAN 2012) sous Amara Traoré, après une belle saison sous les couleurs de l’Us Ouakam, Alpha Bâ a été l’un des premiers et rares joueurs locaux à avoir le privilège de porter la tunique de l’Equipe nationale A. Champion du Sénégal en 2011 avec l’USO (2005, 2011 et 2013), le défenseur passé par la Belgique (Gantoise, 2010-2012), le Danemark (HB Köge, D3, 2014-2015) et la Libye (Al-Akhdar, 2014) a tracé un parcours qui fait de lui l’un des joueurs les plus expérimentés de Ligue 1. Un vécu que le joueur de 26 ans (1,89m) compte mettre au profil du club de la Petite Côte, actuel 3e (15 pts) de Ligue 1, après 10 journées.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre Mbour Petite Côte ?

Dans le championnat, toutes les équipes se valent. Je suis venu à Mbour Petite Côte pour changer d’air, parce que j’avais passé beaucoup de temps à Ouakam et il fallait sortir pour voir le bon et le moins bon. En plus, tout a été facile parce que j’ai de bonnes relations avec le président (Mbaye Diouf Dia, Ndlr) qui est comme un père pour moi.

Vous avez fait ce choix pour relancer votre carrière qui connaît un coup de mou, après avoir été au top ?

Comme partout où j’aurais pu aller, je suis venu à Mbour pour me relancer. Oui, j’aimerais bien revenir à mon meilleur niveau et je travaille pour y parvenir. Mais le football n’est pas une science exacte. Parfois, ça marche, et parfois non. Je connais assez bien le Championnat sénégalais et sais ce qu’il faut faire pour m’en sortir et repartir.

Mbour Petite Côte est donc une étape pour rebondir et repartir à l’étranger ?

Oui, j’aimerais bien encore quitter le Sénégal. J’ai des contacts, mais je laisse tout entre les mains du vieux (Mbaye Diouf Dia, Ndlr).

Comment jugez-vous le niveau du Championnat sénégalais ?

Toutes les équipes se valent. Le Championnat a un très bon niveau et les gens ne doivent pas le sous-estimer. Quand on regarde le classement, on s’aperçoit que le niveau est là. Le dénouement de la saison dernière en est la preuve, parce que le suspense a duré jusqu’à la dernière journée (l’As Douanes avait coiffé au poteau NGB qui était leader jusqu’à la dernière journée, Ndlr). Je pense que ce sera encore le cas cette saison et c’est pour cela qu’il faut jouer match par match.

Vous avez connu le haut niveau avec votre expérience à La Gantoise. Pourquoi ça n’a pas marché en Belgique ?

Les deux clubs n’étaient pas tombés d’accord pour la prolongation du contrat. J’ai joué une saison et demie, mais les négociations entre les deux parties n’avaient pas abouti. Peut-être que Ouakam n’était pas d’accord sur ce que proposait l’autre partie (La Gantoise, Ndlr).

Vous avez eu une sélection avec l’Equipe nationale sous Amara Traoré et joué en Belgique. Comment avez-vous vécu ces changements que connaît votre carrière ?

Je prends tout ce qui arrive avec philosophie. L’Equipe nationale n’est la propriété de personne et on y sort comme on y entre. Je vise cet objectif d’y retourner.

Vous êtes à Mbour PC avec Pascal Mendy et Moustapha Kassé, deux joueurs qui ont aussi connu l’Equipe nationale comme vous. Ça fait forcément la différence sur le terrain et dans le vestiaire ?

Oui, effectivement. Nos expériences cumulées peuvent aider l’équipe à atteindre ses objectifs. Forcément, quand on a connu le haut niveau, notre vécu fait que nous avons une plus grande expérience. Ce qui constitue une pression pour les autres, ne l’est pas pour nous. Mais nous ne sommes pas les seuls, il y a d’autres gens qui peuvent aussi beaucoup apporter au club.

MAMADOU DIENG, COACH ADJOINT DE MBOUR PETITE CÔTE

«C’est un leader et un meneur d’hommes»

«Alpha est un joueur que j’estime beaucoup. C’est un leader et un meneur d’hommes. Il est le relais entre les joueurs et l’entraîneur. Nous passons par lui pour faire passer des messages sur et en dehors du terrain. Nous étions confrontés à des difficultés défensives et, avec le président Mbaye Diouf Dia et le coach Karim Mané, nous avons étudié les critères du défenseur qu’il nous fallait pour jouer les premiers rôles. C’est ainsi que nous avons porté notre choix sur lui, même si nous avions d’autres joueurs ciblés. A l’entraînement, il ne se contente jamais du travail collectif. Depuis la préparation hivernale, il fait souvent une séance de plus. Ça se voit que son expérience lui a servi de leçon. On sent nettement que c’est un joueur qui travaille pour repartir (à l’étranger). Avec sa hargne, on dirait un joueur de 18 ans ou un junior qui vient de monter. Il a toujours envie de bien faire. Il met ses qualités individuelles au service du collectif. C’est ce qui nous permet d’avoir une bonne assise défensive cette saison. Nous ne regrettons pas de l’avoir fait venir.»