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Le football sénégalais doit aller voir ce qui se passe dans les autres pays, en Guinée par exemple, a suggéré l’ancien sélectionneur national du Sénégal, Amara Traoré, pour qui « le modèle associatif à la sénégalaise est dépassé ».
« Si nous voulons jouer les premiers rôles sur le continent ou faire partie du wagon de tête, il faut repenser notre modèle associatif », a dit Traoré.
Il appelle le football sénégalais à mettre sur pied « des entités réellement professionnelles », aux côtés des associations sportives.
La Jeanne d’Arc de Dakar avait réussi à devenir une locomotive du football national quand elle était gérée par une seule personne, au début des années 2000, a souligné l’ancien entraîneur de la Linguère de Saint-Louis, championne du Sénégal en 2009.
« Il y avait l’association, mais un capitaine d’industrie pilotait le club comme une entité professionnelle », a-t-il rappelé, soulignant que les clubs guinéens ont réussi à faire la même mutation.
« Aujourd’hui, des hommes d’affaires comme Bouba Sampil (AS Kaloum), Antonio Souaré (Horoya AC) ou encore Kerfalla Personne Camara, au Hafia, sans compter l’AS Soumba, mettent des milliards de francs pour organiser et mieux structurer leur football », a-t-il expliqué.
Les initiatives similaires permettent d’accompagner l’Etat au lieu de tout attendre de lui, en matière de football.
« En Guinée, ces hommes d’affaires ont compris qu’il faut aller vers cette direction, puisqu’ils veulent avoir un football compétitif », a dit le technicien sénégalais, qui a dirigé l’AS Kaloum (2013) et le Horoya AC (2014).
D’ailleurs, la sélection locale guinéenne, qui a éliminé le Sénégal et s’est qualifiée en quarts de finale du CHAN 2016, a été construite autour de ces deux clubs, a Amara Traoré.
« Et avant le CHAN, la Guinée a joué un quart de finale de la CAN, avec une sélection nationale A composée en grande majorité de joueurs issus du championnat local, qui se sont expatriés récemment », a-t-il rappelé, appelant à une remise en question de la gestion du football au Sénégal.
« On ne peut pas tout attendre de l’Etat. Et si on veut progresser, il est impératif de couper le cordon avec l’organisation traditionnelle associative », a insisté l’ancien sélectionneur.
Amara Traoré a intégré la direction de la Linguère de Saint-Louis (élite sénégalaise), qui connaît un début de championnat compliqué.