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‘On vient de boucler la 7e journée de Ligue 1 et quand un marathon boucle son quart de parcours des évidences se signalent. Elles ne suffisent pas à installer une vérité absolue, mais la cloche d’alerte commence à tintinnabuler.’

Les journées passent, les classements du championnat renforcent l’étonnement. On ne sait combien de temps encore le Ndiambour pourra faire le plein de son fauteuil, mais en deux journées les promus de la Ligue 2 l’ajustent bien à leurs fesses, prennent leurs aises et laissent le vent tourner. Tant que la brise les porte, plutôt que de les déstabiliser, cela ferait un bon coup de fraicheur à ce championnat.

Si jamais les Lougatois en venaient cependant à gonfler de la tête, face à qui leur arrive, ils possèdent un homme assez avisé sur le banc pour leur rappeler ce que peut cacher le long chemin d’un championnat. Notamment quand on a le souffle du peloton dans la nuque et qu’au premier coup de pompe la meute peut vous avaler.

On vient de boucler la 7e journée de Ligue 1 et quand un marathon boucle son quart de parcours des évidences se signalent. Elles ne suffisent pas à installer une vérité absolue, mais la cloche d’alerte commence à tintinnabuler. Ce n’est pas l’heure des révolutions, mais les alertes se font sérieuses.

Que le Ndiambour flamboie autant (avec 2 défaites déjà) aurait pu être un épiphénomène. Mais qu’il caracole avec 15 pt, portant à ses trousses Mbour Petite côte (14 pt), est un indicateur intéressant. Le football migre vers l’intérieur du pays. Il s’installe là où il y a des terrains de football pour s’entrainer et assez d’espaces où les jeunes peuvent batifoler dans le sable pour apprendre à tacler, à dribbler et à centrer.

On peut entrouvrir la porte et laisser s’engouffrer le Stade de Mbour (3e, 10 pt), que cela ne ferait que renforcer cette impression de délocalisation du foot. Pas de doute, quelque chose se passe sur la Petite côte. Le potentiel économique de la zone est réel à travers la pêche et le tourisme. Le boom démographique reste l’un des plus intenses du pays, après celui de Touba. Un stade aux normes africaines y a vu le jour. Le deux premiers paramètres sont là depuis des décennies, le dernier constitue l’élément nouveau. Il est sans doute important, mais pas le plus décisif. L’élément catalyseur dépendra de la capacité des dirigeants mbourois à user des facteurs de performance qui collent à leur région pour marcher sur les chemins de clubs véritables.

On n’est cependant qu’au quart du parcours. Le mal de l’inconstance guette. Il suffit d’une, voire de deux défaites pour que tout parte sens dessus-dessous, mais c’est aussi le moment où les certitudes commencent à s’ancrer et les ambitions à s’affirmer. Personne n’ose encore le dire, mais la période hivernale et sept matches de championnat suffisent à pouvoir peser sa monture. On peut commencer à savoir « où tout cela va finir ». Les défaites vont devenir déstructurantes et les victoires structurantes. Les coaches seront plus confortables ou entre deux chaises. Les équipes se monteront plus audacieuses ou enfermées dans leurs doutes et plus fragiles.

Tout cela n’est pas pour dire que le championnat est joué, mais il va commencer à « bouger ».