Partager
IBRAHIMA SORY KEÏTA
IBRAHIMA SORY KEÏTA

Cette équipe du Sénégal des U23 a ses professionnels, mais on pense notamment à la faiblesse de la Ligue 1. Dans un championnat où le meilleur buteur végète à moins de 10 buts par saison, une telle inanité ne surprend guère

C’est écœurant de perdre un match de la sorte. A un moment on se demandait même si les buts sud-africains ne se déplaçaient pas pour feinter les ballons. Mais non, on avait simplement affaire à des « Lions » d’une nulle inspiration. Au fur et à mesure qu’ils traversaient la défense adverse comme du fil dans du beurre, ils perdaient leur lucidité dans les slaloms et se retrouvaient d’une totale platitude mentale au moment de l’acte final.

On en rigolait comme face à une séance d’entraînement où les maladresses finissent en « chambreries », mais que les « Bafana Bafana » secouaient Pape Seydou Ndiaye et affolaient le stade Senghor, on se rappelait que c’était du sérieux.

A force d’aller à l’eau pour revenir vide, la cruche a fini par se casser. Ce qui s’est passé samedi n’est pas à mettre sur le compte d’un manque de réussite. On n’ira pas non plus jusqu’à évoquer un déficit de sérieux ; ce serait d’une extrême gravité. Mais la facilité coupable des attaquants sénégalais est à stigmatiser. A un tel niveau de compétition, voir tant d’occasions gâchées est étonnant. Afficher une totale incapacité à en concrétiser une seule est d’une lourdeur impardonnable.

Un buteur ne s’invente pas. C’est une aptitude qui se travaille jusqu’à se confondre avec l’instinct. Savoir démarrer un centième de seconde plus tôt que le défenseur, maitriser le bon timing, savoir jouer des coudes et des épaules, courir pour créer des espaces vides ou pour les occuper, avoir le bout du pied alerte, tout cela participe de la maturation « criminelle » du faiseur de bonheur. Un « vrai » buteur se serait régalé face au Sud-Africains.

Cette équipe des U23 a ses professionnels, mais on pense notamment à la faiblesse de la Ligue 1. Dans un championnat où le meilleur buteur végète à moins de 10 buts par saison, une telle inanité ne surprend guère. Les professionnels de la bande n’ont fait que conforter la somme des incapacités entrevues contre le Nigéria et confortés devant l’Afrique du Sud.

Partis sur un feu d’artifice en phase de poule (3-1 contre l’Afrique du Sud), les « Lions » se sont progressivement éteints. Jusqu’à la platitude totale. Les 3 buts qu’ils ont ajoutés contre la Tunisie (2-0) et la Zambie (1-0), leur ont conféré une bonne moyenne de départ, mais quand est arrivé le moment de la rigueur, avec des acquis et des pertes définitifs au bout d’un match, leur solidité mentale s’est dépréciée.

Contre les « Bafana Bafana », les « Lions » sont arrivés aux tirs au but les batteries complètement à plat, les neurones vides. Les tirs étaient plus un martyr qu’une source d’exaltation. Avaient-il peur devant un superbe gardien de but sud-africain ? Le doute les tenaillait-il ? Manifestement ils n’y étaient plus, mal préparés à un tel exercice, marqués par leurs échecs du match.

Si on n’est pas du voyage pour Rio, c’est parce qu’aux moments les plus cruciaux de ce tournoi des câbles ont pété. Pour une équipe qui était logiquement porteuse de rêves, c’est un gâchis.

« 23 ans » ça passe tellement vite qu’il était important d’être au Brésil…