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Au moment d’affronter le Nigeria, cet après-midi (15 heures) au stade L.S. Senghor, les « Lions » penseront forcément à leur dernier face-à-face avec les « Super Eagles » en septembre dernier. C’était lors de la 2ème et dernière journée du Groupe B du tournoi de foot des 11èmes Jeux africains de Brazzaville. Sur la pelouse pourrie du stade de l’Unité de Kintélé (un comble pour une infrastructure inaugurée seulement quelques semaines auparavant), les hommes de Serigne Saliou Dia avaient ouvert la marque par Sory Keïta (82ème mn) et croyaient tenir la victoire qui les aurait placés en tête du groupe avant les demi-finales. Et alors qu’on jouait le temps additionnel, Pape Seydou Ndiaye le portier et capitaine sénégalais envoya volontairement le ballon en touche afin que l’on s’occupât de son coéquipier Sylvain Badji, blessé. A la remise en jeu, au lieu de rendre le cuir aux Sénégalais, les Nigérians se sont directement rués dans le camp adverse et ont profité du manque de réaction de leurs vis-à-vis pour égaliser (90 + 4 mn) par Mustapha Abdallah et conforter leur place de leader du groupe.

Un flagrant « manque de fairplay » que Serigne Saliou Dia et ses hommes avaient fortement décrié et qu’ils ont certainement encore en travers de leur gorge. Eh bien, l’heure a sonné de solder ce compte. Il est vrai que cela n’avait pas empêché les « Lions » de se défaire du Congo, pays hôte en demi-finales, avant de décrocher l’or face au Burkina Faso. Mais, il serait bien pour Seydou Ndiaye et ses coéquipiers de rappeler aux Sia Sia boys la devise de la Fifa « My game is fairplay ». En plus, le délégué de la Fsf à ces Jeux africains, Djibril Wade, leur avait lancé ce conseil qu’ils avaient fait leur : « il faut apprendre à aller au bout ».

Et ils étaient allés au bout, offrant au Sénégal son premier succès continental en football.

Là, ils sont à deux matches de récidiver. Mais, comme à chaque jour suffit sa peine, les « Lions » se doivent, aujourd’hui, de déplumer les « Super Eagles » pour composter leur ticket pour les JO de Rio, l’année prochaine. Ils feraient ainsi d’une pierre deux coups : faire payer aux Nigérians leur « manque de fairplay » de Kintélé, dans la banlieue nord de Brazzaville et imiter leurs devanciers sous le maillot national des U23 qui avaient qualifié le Sénégal pour la première fois aux JO de Londres, en 2012. Ce double objectif vaut tous les sacrifices…

Badara Sarr, coach adjoint Senegal : « Nous sommes dans une dynamique de concentration »

« L’équipe qu’on avait rencontrée aux Jeux Africains et celle qui est là présentement ont une petite différence, mais pas beaucoup de changements. Certains joueurs ne sont pas là, mais l’ossature est là, le niveau de jeu aussi. On peut dire que c’est une continuité chez eux, car à 80 ou 90% c’est la même équipe.
En ce qui concerne le Sénégal, je peux dire que depuis le début du tournoi on est dans une dynamique de concentration et de sérénité.

En fait, on a demandé aux joueurs de ne pas s’inhiber par l’enjeu du match parce que c’est un match capital. Donc on peut dire que l’état d’esprit est vraiment au beau fixe. On se concentre sur le Nigeria et tout se passe bien dans le groupe. Pendant les matches de poule, on a joué tout en pensant aux demi-finales. C’est pourquoi on a mis au repos certains joueurs pour qu’ils aient un peu de fraîcheur pour la suite de la compétition. Donc on aura une équipe complète pour affronter le Nigeria. Nous ne changerons pas notre façon de faire depuis le début du tournoi. Nous avons ainsi demandé aux joueurs de garder cette même dynamique, mais aussi de relever le niveau de notre jeu tout en minimisant les erreurs car le Nigeria n’est ni la Zambie ni la Tunisie. On a demandé aux joueurs d’être vigilants, concentrés et sereins mais aussi de ne pas se mettre la pression. Parce que c’est un match qui dure 90 ou 120 minutes de jeu. Ils sont conscients du fait que l’enjeu ne doit pas primer sur le jeu. C’est ce qu’on leur a demandé depuis la qualification ».

Samson Sia Sia, coach Nigeria : « Faire tout pour passer »

« Nous sommes très contents d’être en demi-finales et nous savons que le Sénégal a gagné tous ses trois matches de poule. C’est donc une très bonne équipe que nous allons rencontrer, mais nous ferons tout pour passer au prochain tour. C’est vrai que nous avons des blessés et des suspendus, mais nous avons les joueurs pour gagner, même si nous respectons le Sénégal.
Nous avons eu un parcours plus compliqué que le Sénégal, mais en 90 minutes tout est possible.

Donc toutes les équipes peuvent gagner d’autant plus que la pression sera sur tout le monde. On sait que le Sénégal a l’avantage de jouer à domicile et beaucoup disent que ce match entre Sénégalais et Nigérians est la vraie finale avant la finale. Donc forcément les deux équipes vont devoir jouer pour gagner et celle qui commettra des fautes risquera de perdre. Il faudra donc faire attention car au bout c’est la qualification pour les JO de 2016.

Au cours des matches de poule, nous avons corrigé nos erreurs car maintenant nous nous dirigeons vers des matches à résultat immédiat. C’est vrai aussi que nous allons jouer cette demi-finale sans notre capitaine qui est suspendu ; c’est un joueur important dans l’équipe, mais nous n’y pouvons rien et nous allons faire sans lui ».