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Pour réussir son challenge sportif à Sheffield Wednesday, Modou Sougou entend se donner tous les moyens pour aider sa nouvelle formation à monter en Premier League anglaise. Un dévouement total qui a poussé l’ancien Marseillais à ôter, définitivement, le maillot de l’équipe nationale du Sénégal qu’il a porté de 2008 à 2013.

 

Sougou, parlez-nous de vos débuts à Sheffield Wednesday…

Je suis très content de mon début de saison en Championship, parce que j’ai eu une phase d’adaptation beaucoup plus rapide que prévue. J’étais en cours de préparation même si à l’Olympique de Marseille, j’ai un peu travaillé avec l’équipe professionnelle. En arrivant à Sheffield, l’équipe avait déjà commencé à jouer en Championnat. J’ai eu une semaine de préparation. Mon premier match m’a beaucoup aidé parce que j’ai marqué un but et fait une passe décisive. Cela m’a permis de m’intégrer vite et, pour le moment, tout se passe super bien.

N’est-ce pas un recul de quitter la Ligue 1 française pour la deuxième division anglaise ?

Non, pas du tout. Au contraire, c’est une progression pour moi. Il n’y a pas de différence entre la Championship et la Premier League. La preuve, nous avons battu Arsenal ici chez nous hier (mardi). C’est plus glorifiant de jouer dans un bon club de deuxième division anglaise que de jouer en Ligue 1 française.

Quelle appréciation faites-vous de la deuxième division anglaise ?

Elle est hyper compétitive. Il y a une forte ambiance avec des stades tout le temps remplis. Les gens adorent le football ici. Il y a 24 équipes en deuxième division et dix aspirent à monter même si, à l’arrivée, il n’y en aura que trois. C’est pourquoi le championnat est long, très compliqué à jouer parce qu’on joue tous les trois jours. Au total, nous avons 46 matchs de championnat, sans compter ceux de la Cup. C’est vraiment compétitif. Nous avons un effectif de 28 joueurs professionnels, sans compter les jeunes.

Quel objectif vous êtes-vous fixé avec Sheffield ?

Il est clair que seule la montée compte pour nous à Sheffield. Les dirigeants mettent tous les moyens pour que l’équipe atteigne son objectif. Mais, nous ne sommes pas les seuls, les autres clubs aussi se battent pour avoir les mêmes résultats. Quand on va à Middlesbrough ou à Hull City, on sent qu’ils aspirent aussi à monter en Premier League.

Comment en êtes-vous arrivé au divorce avec l’OM surtout qu’il vous restait un an de contrat ?

Quand je suis revenu de prêt d’Evian tg, j’ai parlé avec l’encadrement technique du temps de Marcelo Bielsa. Après, le coach m’a dit qu’il allait se préparer avec nous. En ce moment, l’équipe voulait faire attention au marché estival. Certes, je me préparais avec l’OM, mais j’avais beaucoup de propositions. C’est celle de Sheffield qui m’a intéressé. J’ai parlé directement avec le coach qui est un Portugais qui me connaissait déjà. Il m’a convaincu, et là tout se passe super bien.

Votre passage à l’OM est-il une déception ?

À Marseille, je suis resté sur ma faim, parce que je n’y suis resté que six mois. Pendant tout ce temps, personne ne m’a reproché quoi que ce soit, sportivement, parce que je réussissais mes matchs. Même quand je ne débutais pas les rencontres, j’ai toujours su tirer mon épingle du jeu en étant un bon joker pour élie Baup. Je ne voulais pas me contenter des bouts de matchs. La preuve, quand je suis allé à Evian, j’ai fait deux bonnes  saisons là-bas.

L’arrivée de Marcelo Bielsa at- elle freiné votre élan ?

Non, pas du tout. C’est un coach que j’admire beaucoup. J’aurais voulu travailler avec lui. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme je le voulais. L’Olympique de Marseille est un grand club, mais je pense que je n’étais pas fait pour cette équipe, parce que je ne suis pas le genre à jouer des bouts de matchs.

Quelle appréciation faites-vous de la gestion de l’équipe nationale par aliou Cissé ?

De l’extérieur, je vois qu’Aliou Cissé sait très bien où il veut aller. Il a beaucoup de travail à abattre au sein de la tanière. Certes, il change souvent, mais on sent que le noyau de l’équipe demeure. Moi, je pense que c’est une bonne idée que le coach ouvre les portes de l’équipe à d’autres jeunes. Il a une bonne idée dans la tête. Et sachant qu’Aliou Cissé a vécu des choses en tant que joueur et capitaine de cette sélection, il sait pertinemment qu’il est temps pour que l’équipe gagne quelque chose pour la population.

Rêvez-vous de revêtir à nouveau le maillot sénégalais ?

Non. Aujourd’hui, je n’ai aucun rêve. Je ne peux plus me projeter en équipe nationale parce que je fais face à un projet très difficile en club. Je ne peux pas me permettre de rêver de la sélection. Ce qui compte pour moi, c’est d’être à fond derrière l’équipe et de supporter les gars parce qu’en tant que footballeur, je sais ce que représente une sélection.