Partager

L’un (Wilfried Bony) joue déjà dans un des meilleurs clubs anglais, à Manchester City. L’autre (Sadio Mané) a failli quitter Southampton pour rejoindre Manchester United. L’Ivoirien et le Sénégalais, de plus en plus importants dans leur sélection respective, sont aujourd’hui deux des meilleurs joueurs africains de leur génération.

Le physique

L’Ivoirien de 26 ans (né à Bingerville) et le Sénégalais de 23 ans (né en Casamance) ne se ressemblent pas morphologiquement. Le premier est aussi puissant (1,82 m, 86 kg) que le second est fin et longiligne (1,75, 75 kg). « Bony est un taureau. Il dégage une impression de puissance assez phénoménale », constate l’attaquant international marocain Youssouf Hadji, vice-champion d’Afrique 2004. Un avis partagé par patrice Beaumelle, l’ex sélectionneur de la Zambie et qui a côtoyé le Mancunien quand il était adjoint d’Hervé Renard en Côte d’Ivoire. « Il est extrêmement difficile à bouger pour un défenseur. Il a une musculature impressionnante. Mais il a du mal à répéter les efforts pendant tout un match. » Quant à Sadio Mané, « il n’est pas aussi solide. Moins grand, plus fin, il y gagne en vitesse. Et aussi en technique, reprend Hadji. »

 

Profil Technique

Profil technique Sadio Mané, qui peut en neuf et demi ou milieu offensif, présente une palette technique plus vaste que celle de Bony. « Il est plus spectaculaire dans son jeu avec le ballon. Il est aussi plus créatif », résume Hadji. « L’équipe dépend plus de lui, alors que c’est l’inverse pour Bony. » L’Ivoirien, dont l’axe est le territoire, est loin d’être maladroit techniquement. « Cela se voit dans sa rapidité d’exécution dans le dernier geste. Mané est quant à lui plus passeur, plus altruiste, car il est plus polyvalent. C ‘est un joueur qui aime prendre les espaces et la profondeur. Il me fait parfois penser à Samuel Eto’o », note Beaumelle. Les deux joueurs, réputés pour leur fair-play, sont beaucoup plus victimes de fautes que coupables de mauvais coup. Profil oblige…

Sens du but

Patrice Beaumelle en est convaincu : Wilfried Bony appartient à cette race d’attaquants obsédés par le but. « Il ne pense qu’à ça. Je me souviens de ce qu’il disait à ses coéquipiers en sélection : donnez-moi le ballon, je me débrouille ! Il est bon des deux pieds et de la tête. C’est le joueur de surface par excellence, qui n’a pas besoin de beaucoup d’occasions pour marquer. Ses statistiques le prouvent (96 buts depuis ses débuts en Europe au Sparta Prague en 2008-2009). » Celles de Mané, sil elles sont appréciables (39 buts lors des trois dernières saisons à Salzbourg puis à Southampton), sont moins impressionnantes. « Comme il peut jouer derrière l’attaquant de pointe, il est aussi moins présent devant le but. Mais il reste adroit dans cet exercice », glisse Hadji.

 

L’avenir en club

L’avenir en club En signant à Manchester City l’hiver dernier, Bony a franchi un cap, même s’il est moins efficace depuis plusieurs mois. « Passer de Swansea à City, c’est un changement. Il doit faire face à la concurrence, beaucoup plus féroce. Mané, plus jeune, joue dans un club moins huppé et peut encore améliorer ses statistiques, avant de rejoindre un grand club anglais », argumente Hadji. Les deux attaquants, qui présentent des parcours en clubs assez similaires, ont selon Beaumelle un autre point commun : « Ils sont faits pour la Premier League anglaise ! »

Le verdict

On exige des attaquants modernes de faire du chiffre. Dans cet exercice, Bony présente une ligne de statistiques plus voyante que celle de Mané. Plus âgé de trois ans, l’Ivoirien est aussi plus expérimenté. Moins polyvalent mais plus efficace, l’Éléphant fait partie des buteurs que l’on s’arrache. Manchester City a déboursé 40 millions d’euros pour l’attirer. Mais Mané, auteur de 10 buts la saison dernière, a vu sa valeur marchande grimper. Pour l’instant, l’Ivoirien est un (petit) cran au-dessus…