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Derrière Ndoye et Kouyaté, Kalidou Koulibaly, lui, découvrait tout simplement le maillot du Sénégal. Longtemps convoité pour renforcer l’arrière-garde de la «Tanière», celui qu’on disait partagé entre la flamme du pays de ses parents et le feu de son pays adoptif, la France, dont il a porté le maillot des moins de 20 ans, est venu au moment où l’on pouvait s’y attendre le moins, après s’être affirmé dans un club d’envergure, Naples (Italie, Serie A).

Un choix qu’il ne regrette pas après avoir effectué son premier safari. «Quand j’ai pris la décision, juste avant de venir ici, on me disait tout le temps : «Bienvenue en Afrique», comme pour m’avertir que j’allais galérer. Mais il n’y a rien eu de ce que les gens pouvaient craindre. J’ai même été agréablement surpris. On me disait qu’on allait avoir des voyages mal organisés, des hôtels pourris et tout, mais ça s’est passé dans d’excellentes conditions. Il n’y a vraiment pas à se plaindre. Le Sénégal est un grand pays et au niveau de l’organisation, on sent que les gens ici sont habitués à organiser ce genre de missions. Car, du début à la fin, tout a été bien exécuté.»

A tel point qu’il en garde précieusement les souvenirs de son bizutage : «Je n’ai pas échappé, lance-t-il dans une franche rigolade, avant de se livrer. Ça c’est passé à la veille du match. J’ai voulu chanter un cantique, mais ils ne m’ont pas laissé faire. J’ai finalement opté pour du rap, avec un son de Rohff (rappeur français). Ils se sont bien marrés !» Passé l’effet de surprise et l’émotion maîtrisée, il revient sur sa prestation qui n’a pas été une partie de plaisir. «Je venais d’arriver et j’étais à l’écoute de mes coéquipiers qui m’ont bien encadré. Aussi bien ceux de la défense, Kara (Mbodj) et Pape (Souaré), qu’Idy (Guèye) au milieu. C’est vrai qu’au début j’avais quelques soucis, notamment à cause de la pelouse, c’est pourquoi d’ailleurs, j’ai changé de chaussures à la mi-temps. Ce n’est pas évident de jouer sur du synthétique ! Ensuite, il faut avouer qu’ils nous ont pris de court en mettant beaucoup d’intensité dès le début et avec leur vivacité, nous avons d’abord voulu jouer la prudence. C’est un football nouveau que je découvre, ce n’est pas la même chose avec ce que j’avais l’habitude de voir jusqu’ici, surtout en Italie où c’est très tactique, les équipes s’observent longtemps… Mais on peut être satisfait de ce match. Je le suis autant sur ma prestation personnelle que sur le plan collectif avec ces deux buts qu’on a mis, tout en préservant nos cages. Franchement, je ne vais pas faire la fine bouche. Pour moi, c’est un début de rêve !»