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Retour aux sources. La signature de Henri Camara à Panetolikos (Grèce) a été annoncée hier. Un club qu’il connaît bien, pour y avoir évolué de 2011 à 2014 et participé à l’écriture de son histoire récente.

De sa foulée à la fois généreuse et économe ou à coups d’accélérations fulgurantes, Henri Camara a pendant longtemps avalé les kilomètres et donné du souffle et de l’énergie à ses équipes lorsqu’elles venaient à en manquer. Mais à 38 ans, le temps, qui glisse comme de l’eau sur sa carcasse, l’invite à d’autres matins, loin des séances d’entraînement et des sorties de footing. Le lapin flingueur s’apprête à faire ses dernières chevauchées sur les terrains de football. «La décision finale, c’est pour la fin de la saison. Mon souhait, à l’état actuel, est de faire une dernière saison. On ne peut pas continuer éternellement à jouer au football. Toute chose a une fin.»

Pour «terminer en beauté», Henri Camara est retourné à ses premières amours en Grèce : Panetolikos. «J’y ai signé un contrat d’un an. J’avais aidé le club à accéder en première division en 2011. J’y avais passé trois bonnes saisons.» Avec 29 réalisations, dont 13, son record personnel, lors de son deuxième exercice : l’international sénégalais a conquis les cœurs et des galons. A Panetolikos, Henri Camara est «apprécié» à sa juste valeur. «Je me suis fait un nom dans cette ville grâce à mon travail et mon investissement pour le club. Ici, je m’épanouis. C’est pourquoi j’ai accepté de revoir mon salaire à la baisse, c’est un club qui correspond bien à ma personnalité et où je peux espérer avoir d’autres responsabilités, comme par exemple, ambassadeur du club en Afrique après ma carrière de footballeur. Cela a été intégré dans les termes du contrat. C’était déjà inclus dans les négociations l’année dernière, cela ne s’était pas concrétisé parce que j’étais parti dans un autre club (Kalloni).»

A Panetolikos, Henri Camara redoute d’être coincé dans les ascenseurs et de ne pouvoir se hisser aux étages supérieurs du professionnalisme. Au Jaraaf de Dakar, il avait peur du train qui passe sans qu’il puisse y monter. C’est pourquoi, pour savourer le présent à sa juste saveur, l’international sénégalais veut retrouver le bon vieux temps, même pour quelques instants. «Après l’Europe, faire une pige (deux mois) au Jaraaf est dans un coin de ma tête. Retourner là où tout a commencé, reprendre le car-rapide ou marcher pour aller à l’entraînement, cela me plairait bien. Ce sont des souvenirs inoubliables. Les disputes avec les apprentis, qui voulaient à tout prix avoir leur argent, alors que j’étais sur le marchepied. C’est ce club (le Jaraaf) qui m’a permis d’être professionnel et a fait de moi un international.»

«Je serai un peu déçu de terminer ma carrière sans atteindre les 100 sélections»

Peter Schnittger, l’ancien sélectionneur national des Lions, avait eu le nez creux en allant le chercher dans les rangs du Jaraaf pour lui offrir sa première sélection. C’était contre le Nigeria pour les préliminaires du Mondial 98. Mais il a fallu attendre le 6 juin 1999 pour voir Henri Camara ouvrir son compteur buts, contre le Burkina Faso (2-2). Au soir de sa dernière sélection (le 11 octobre 2008), son total est de 30 buts en 98 rencontres disputées. Malgré ces records, Henri Camara a un dernier vœu avec les Lions : «Atteindre la barre des 100 sélections.C’est mon rêve le plus fou, mais je ne vais pas faire la manche pour cela. Je ne viendrai pas en équipe nationale pour concurrencer mes jeunes frères, mais juste pour les accompagner et réaliser mon rêve. C’est tout. Si je dois revenir en sélection, il faut que cela soit sur la base du mérite. Terminer ma carrière sans atteindre les 100 sélections, ce serait une grosse déception pour moi, mais je ne veux pas les avoir à n’importe quel prix.»

PALMARES

Finaliste de la Can 2002

Quart de finaliste du Mondial 2002

Champion de Suisse en 2001 avec Grasshopper Zurich

Recordman de sélections et de buts en Equipe nationale du Sénégal (98 sélections et 30 buts)