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La FSF ne fait pas de fixation sur un match

A la fin de la finale du Sénégal, le président de la Fédé foot, tirant le bilan de la saison, est revenu sur les difficultés des clubs sénégalais. Me Augustin Senghor donne des pistes.

Quel enseignement peut-on tirer de la victoire de Génération Foot, un petit poucet, face au Casa, un habitué de la compétition ?
Cela montre qu’une équipe amateur qui monte en Ligue 2 peut rivaliser avec une équipe de Ligue 1. C’est de bon augure. On sait que c’est des jeunes joueurs qui ont une marge de progression intéressante. Cela symbolise cette nouveauté dans le football local. Ceux qui sont venus voir du beau football en ont eu pour le prix de leur billet. Je pense que nous pouvons dire que cette année a été magnifique. Mais il faut rester humble et continuer à travailler.

A quel niveau le bât blesse ?
Le football local a besoin de beaucoup d’appui. Beaucoup de joueurs qu’on a vus aujourd’hui risquent de ne pas être là la saison prochaine. Les clubs sont obligés de les céder pour avoir de l’argent. Se pose ainsi l’équation de pouvoir pérenniser tout cela. On va y travailler avec les autorités. Et pourquoi pas un système qui permet d’institutionnaliser un mécénat sportif. Je pense que c’est ça qui va nous permettre d’instaurer un football de qualité, populaire et respecté. Si Génération Foot est là, c’est parce qu’il y a un club, le Fc Metz, qui est derrière. Si le Psg veut bousculer des grands d’Europe, c’est que les Qataris ont mis les moyens. Essayons d’appeler ces personnes-là à investir dans notre football. Nous avons le vivier humain qui est là. Nous sommes en train de nous structurer avec l’aide de l’Etat. Si les moyens suivent, nous pouvons réussir quelque chose.

La mort des clubs traditionnels n’est-elle pas programmée ?
Il faut qu’on appuie nos clubs traditionnels pour qu’ils restent en vie. La base c’est ça. Les supporters de Génération Foot sont partis avec leur coupe, «Allez Casa» est encore là pour animer le stade. Je pense que c’est beau, les clubs traditionnels méritent d’exister. Les clubs des Centres de formation, les clubs des quartiers comme Niary Tally, Pikine qui est malheureusement descendu, Guédiawaye, Tengueth qui est arrivé en Ligue 2, sont en train de bousculer la hiérarchie. Je pense que c’est un bain de jouvence pour notre football. On en avait besoin. Maintenant, c’est aux clubs traditionnels de travailler durement pour rester en vie. Et c’est le challenge pour nous tous parce que personnellement je suis une émanation de ces clubs (président de Gorée). On va relever le défi l’année prochaine et tout faire pour damer le pion aux clubs de type nouveau. Quand on voit la clef de répartition de tous les trophées, je peux dire que toutes les catégories sont représentées. La qualité et l’évolution de nos footballeurs, ce sera un peu partout. C’est ce qu’on cherche.