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Moins de 3 ans après son arrivée en Afrique du Sud (février 2013), Issa Sarr a mis tout le monde d’accord sur son talent de récupérateur. Avec Chippa United (4 mois), Platinum Stars (une saison) et maintenant Orlando Pirates où il jouit d’un «très grand respect» et révèle tenir «un rôle de joueur-dirigeant». Mais l’avenir du milieu de 28 ans, passé par le Jaraaf et l’As Pikine, et vainqueur du tournoi de l’Uemoa en 2011 avec le Sénégal, pourrait bientôt s’écrire loin des «Braconniers» (surnom d’Orlando Pirates) et de la Premier Soccer League. En attendant, il définit les contours de la rude opposition qui pourrait attendre l’Equipe nationale, dans un mois, en Namibie, pour le compte de la 2e journée des éliminatoires de la Can 2017.

L’EQUIPE NATIONALE : «Le Sénégal ne manque pas de bons joueurs. Partout dans le monde, il y a des Sénégalais qui brillent. Mais c’est le choix des hommes qui fait parfois défaut. Chaque footballeur a envie de défendre les couleurs de sa Nation, mais si je vois que mon pays n’a pas besoin de moi, je reste tranquille dans mon coin et continue à faire mon chemin.»

LA NAMIBIE, PROCHAIN ADVERSAIRE DU SENEGAL : «Beaucoup de Namibiens jouent dans le championnat sud-africain. Pas plus tard qu’hier, j’ai vu leur ancien capitaine (Henrico Botes, Ndlr) en sélection nationale. Il a arrêté parce qu’il a maintenant 36 ans. Je n’ai jamais regardé la Namibie jouer, mais ceux qui sont dans le championnat sud-africain sont de bons joueurs, agressifs et qui ne lâchent rien. Il y a aussi beaucoup de jeunes. Toutefois, je ne sous-estime pas la Namibie, mais je pense que par rapport à la qualité et au talent des joueurs sénégalais, il ne devrait pas y avoir match. Par ailleurs, je ne sais pas quel climat il fait en ce moment en Namibie, mais il fait très froid en Afrique du Sud, actuellement.»

VICTOIRE EN BLACK LABEL CUP : «C’est une bonne chose d’avoir remporté ce tournoi (contre Kaizer Chiefs, 1-1, TAB 4-3, 1er août 2015, Ndlr). On avait déjà remporté cette coupe l’année dernière dans le derby contre Chiefs (Kaizer). Nous étions sur une bonne lancée, mais la mort de notre gardien de but (Senzo Meyiwa avec qui il était très proche, Ndlr) a perturbé notre saison et nous avons perdu une finale (MTN8). Mais nous avons fini de faire le deuil et nous sommes concentrés sur cette saison. Nous sommes qualifiés pour la phase de poule de la Coupe CAF et l’équipe est en très bonne forme. Nous recevons le CS Sfaxien samedi (Pirates avait gagné 1-0 à l’aller en Tunisie, 26 juillet 2015, Ndlr). Nous sommes deuxièmes (6 pts) derrière Zamalek (9 pts), mais devant Léopards du Congo et Sfax (1 pt). Cela me permettrait de laisser une marque dans cette équipe, parce que ce serait une première.»

PARMI LES 10 MEILLEURS JOUEURS DE LA SAISON : «Depuis que je suis en Afrique du Sud (février 2013), j’ai gagné le MTN8 et Telcom Knockout avec Platinum Stars (2013), deux fois le Black Label Cup (2014 et 2015). J’ai fait partie des 10 meilleurs joueurs pour la saison 2014/2015. Mais je n’ai pas encore remporté le championnat et c’est mon rêve. Je suis dans un grand club qui a l’habitude de jouer l’Afrique. Je visais la Ligue des Champions (ils ont été éliminés) et mon ambition est désormais de remporter cette la Coupe CAF. Ça ferait une étoile de plus pour le club. Cette année, nous sommes très décidés, parce que c’est un club qui joue tous les matchs pour les gagner, y compris les amicaux. L’équipe veut remporter chaque année tous les trophées.»

«Je joue un rôle de joueur-dirigeant à Orlando Pirates»

STATUT EN CLUB : «L’équipe avait déboursé beaucoup d’argent pour me recruter. Cela montre qu’elle place beaucoup d’espoir sur moi et je veux mériter cette confiance. Heureusement, cet espoir n’a pas été vain, parce que le championnat compte 30 journées et je suis l’un des deux joueurs à avoir disputé 29 matchs la saison dernière. Lors du match que nous avons disputé au Swaziland, j’avais porté le brassard en l’absence du capitaine habituel qui est au club depuis 4 ans. C’est un signe d’un très grand respect envers moi. Même lors des matchs à l’extérieur pour la Coupe CAF, je suis comme un dirigeant. Ils (les Sud-africains) ne maîtrisent pas bien le Français et je joue un rôle de joueur-dirigeant. Je m’occupe de la réservation des hôtels et fais le bilan pour chaque voyage à l’étranger. C’est la preuve que j’occupe un rôle très important au sein de l’équipe. Tout ce que je peux faire pour leur rendre la monnaie est de continuer à mouiller le maillot pour aider le club à gagner des titres.»

«Des joueurs quittent l’Europe pour venir en Afrique du Sud»

DES CONTACTS DANS LES PAYS ARABES : «Je ne me plains pas ici, parce qu’il y a des joueurs qui quittent l’Europe pour venir en Afrique du Sud. Mais le seul problème est qu’il y a beaucoup de taxes qui nous prennent presque la moitié de notre salaire. J’ai des contacts pour quitter l’Afrique du Sud. Il y a des clubs arabes et aussi une grande équipe sud-africaine. Mais le club ne veut pas entamer de négociations, parce qu’ils (les dirigeants) ne veulent pas entendre parler d’un départ. Ils tiennent beaucoup à moi pour le rôle que je joue dans l’équipe.»

RELEGATION DE L’AS PIKINE EN L2 : «Cela ne fait pas seulement mal pour Pikine, mais pour tout le football sénégalais. Quand une équipe qui a été championne l’année précédente est reléguée la saison d’après et qu’un promu est sacré, on doit s’inquiéter pour notre football. Mais pour Pikine, c’était prévisible, même si je suis déçu. Ce n’est pas un problème de joueurs, mais c’est à cause du fait que l’équipe n’était pas stable, que ce soit chez les dirigeants, les finances… Tantôt, c’est le président qui démissionne et parfois ce sont d’autres gens qui se bagarrent… Il y a eu un manque de professionnalisme et les gens devaient s’attendre, un jour ou l’autre, à une situation pareille.»