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Les clubs du championnat national de football de notre pays semblent se déplacer sur des montagnes russes au vu de leurs résultats d’une année à l’autre. Jugez-en vous-mêmes : l’As Pikine qui avait fait le doublé, Coupe du Sénégal et championnat de ligue 1, lors de la saison 2013/2014, va jouer en ligue 2 lors de la prochaine saison ; ce qui ne s’était jamais produit auparavant.

Et l’équipe de la Douane qui évoluait en ligue 2, l’année dernière, a coiffé tout le monde au poteau en remportant, dimanche, le championnat de football de ligue 1. Cette absence de logique dans la progression des équipes en désarçonne plus d’un.

Ce parcours erratique qui caractérise très souvent ces formations de notre championnat d’élite n’est que le résultat de l’incapacité à stabiliser le niveau technique alliée à une faiblesse chronique des moyens. En dehors des équipes comme le Port ou Diambars, les équipes sénégalaises sont dépourvues de ressources financières.

Pour l’As Pikine, ses mauvais résultats s’expliqueraient par le fait d’avoir perdu deux de ses meilleurs joueurs (Elhadj Adama Mbaye et Pape Sangoné Sarr). A côté de ce facteur qui limite son potentiel technique, le club n’a pas fait un recrutement capable de compenser ces départs et, qui plus est, il a été victime quelque part de ses ambitions démesurées en ligue des champions en voulant bouleverser une hiérarchie bien établie, performance dont il n’avait pas les moyens. D’autres facteurs comme le conflit qui, en un moment donné, a opposé le président à certains membres du bureau n’ont fait que précipiter la chute.

Concernant l’As Douane, il faut avouer que personne ne l’attendait à ce niveau (champion de L1) et cela a été une grosse surprise. Car, au début de la saison, son ambition se limitait tout simplement au maintien en ligue 1, même si son entraineur déclarait vouloir profiter de toutes les opportunités pour aller le plus loin possible.

Il a su tirer les leçons du passé après le conflit latent qui avait pollué l’atmosphère avant la descente de ce club en L2 et, mieux, il s’est restructuré en engageant comme entraîneur Karim Séga Diouf, un homme qui a réussi à remobiliser et redonner le moral aux joueurs. Au finish, il a dépassé d’un cheveu NGB d‘un autre produit de l’école allemande, Lamine Dieng.

D’une manière générale, il faut regretter la gestion informelle des clubs, malgré le passage au professionnalisme depuis 2009. Quand un joueur se rend aux entrainements en empruntant les transports en commun ou s’il n’est pas sûr de recevoir son salaire à la fin du mois, sans parler des installations sportives qui ne sont pas toujours à la hauteur, il faut dire que cela peut influer négativement sur ses performances sportives. Il y a donc un environnement matériel, technique et psychologique à créer autour des joueurs afin de tirer le maximum d’eux.

La conséquence de ce qui vient d’être dit cihaut, c’est qu’il y a une sorte de nivellement vers le bas faisant qu’aucune équipe n’émerge du lot au point qu’on puisse fonder légitimement sur elle des ambitions continentales. Notre football demande donc des assises nationales pour diagnostiquer ses maux et proposer des solutions pérennes afin qu’il puisse exprimer, au niveau des clubs, la qualité des individualités dont il regorge.

Notre participation au championnat du monde de football des moins de 20 ans (U20) en Nouvelle Zélande, récompensée par une demi-finale, devrait nous rapporter un assez gros chèque, un chèque moins important que les milliards du Mondial de 2002. N’empêche, ce sera toujours une rentrée d’argent intéressante.

Ce sera l’occasion d’utiliser les retombées financières des performances sportives comme l’ont dit beaucoup de spécialistes pour former et encadrer les petites catégories.

Et en dernier lieu, tous ceux qui vibraient au rythme du championnat national de football des années 1980 et 1990 ont pu constater, avec certainement beaucoup d’émoi, la disparition de clubs qui jouaient les premiers rôles : je veux citer le Diaraf, la Jeanne d’Arc de Dakar, Dial Diop, la Linguère, le Saltigué, le Mbossé, l’Etics et j’en passe. N’est-ce pas là les signes d’un football qui va mal ?