Partager
karim sega diouf

Karim Séga Diouf, l’entraîneur de l’AS Douanes, a coiffé sur le poteau Lamine Dieng l’entraîneur de Niary Tally et Pape Boubacar Gadiaga, celui de Diambars pour remporter le titre de champion du Sénégal 2015, dans un contexte national marqué par la mise en orbite d’une nouvelle génération de techniciens.


Entraîneur au long cours, le natif de Bargny est un professeur d’éducation physique et sportive. Il fait partie de l’ancienne génération des techniciens qui, de plus en plus, laissent la place à la jeune génération d’anciens footballeurs professionnels qui sont en train de prendre le relais.


D’ailleurs, il a dû batailler ferme cette saison contre certains de ses anciens joueurs Abatalib Fall, actuellement sur le banc de l’US Ouakam et Aly Malé. Ce dernier a fait remonter l’US Gorée en Ligue 1.


En gagnant ce titre national avec un club qu’il a ramené de la ligue 2, le sexagénaire démontre que l’expérience sert à quelque chose dans le money-time où on a autant besoin des capacités techniques que mentales des joueurs pour passer un cap.


En finissant en trombe le championnat notamment la phase retour avec une seule défaite (contre l’Olympqieude Ngor) en 13 rencontres , l’AS Douanes doit une fière chandelle à son entraîneur. Karim Séga a roulé sa bosse un peu partout au Sénégalpour glaner des succès mais aussi essuyer des revers.


Comme avec cette descente des Saltigués de Rufisque en Division 2 au début de son magistère sur les bancs de touche.


Karim Séga Diouf qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’AS Douanes, club avec lequel il avait déjà remporté le doublé coupe-championnat en 1996-1997, n’a pas eu que des Grands Soirs.


S’il a conduit les olympiques avec Aliou Cissé comme adjoint en quarts de finale des Jeux olympiques, le rusé technicien a connu des déboires comme à l’occasion des éliminatoires de la CAN 1996.


Appelé à la rescousse avec la génération de Moussa Ndaw au faite de son art, il a réussi des coups mais n’a pas permis auSénégal de renouer avec la CAN après un gros revers au stade El Menzah de Tunis (0-5) lors du dernier match.


On ne le rappelle jamais assez que ce technicien a réussi un doublé historique Championnat-Coupe de la ligue en 2015. Diouf était également sur le banc des Lions lors du court intérim de Joseph Koto avec un énorme crash contre les Eléphants de Côte d’Ivoire (2-4 et 0-2) pour les éliminatoires de la CAN 2013.


Mais comme toujours, même s’il a moins été mis à l’index que Koto, demi-finaliste du Mondial 2015 des moins de 20 ans,Karim Séga Diouf a su rebondir pour faire de l’AS Douanes, une équipe championne qui vient de la Ligue 2. Au Sénégal, c’est une première dans les annales du football.


Après ces échecs aux éliminatoires de la CAN en 1996 et en 2013, le chevronné entraîneur, qui agit en père de famille pour ses joueurs, avait réalisé un beau et inattendu parcours aux Jeux de la Francophonie de 2005 (Niamey). Ceci, en dépit d’une lourde défaite (0-3) en finale contre la Côte d’Ivoire.


Comme tête de file de cette génération, il y avait entre autres Mor Diouf actuellement professionnel en Afrique du Sud et ancien joueur de l’AS Douanes mais aussi et surtout Vito Badiane, le leader technique de cette génération qui a tenté de gagner son dernier trophée de champion avec Niary Tally, dimanche dernier.


Mais il aurait fallu compter sans Karim Séga Diouf qui, à l’heure du renouvellement des cadres techniques à la Fédération sénégalaise de football (FSF), fait dans la résistance. Il entretient ainsi la flamme de la nécessité de compter encore avec ces techniciens alliant le savoir-faire et le savoir-être.


En hissant l’AS Douanes sur le toit national, il a l’occasion d’aller à la reconquête de cette Afrique qui se refuse encore à lui.


Mais la question à se poser est de savoir avec quels joueurs. Les Nestor P. Mendy et autres Sylvain Badji qui ont fini de s’incruster dans la sélection des moins de 23 ans, se sont fait connaître dans le landerneau local. Ils sont également dans le viseur des nombreux dénicheurs et démarcheurs qui se plaisent à squatter les tribunes des stades nationaux.