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Il avait mis la tanière entre parenthèse du temps d’Alain Giresse. Aujourd’hui que le Français n’est plus aux commandes, Abdoulaye Bâ rouvre sa porte. Mais pour le sociétaire de Fenerbahçe (D1 Turquie), son retour en équipe nationale ne peut être motivé que par une seule chose : gagner sa place en club pour faire partie des meilleurs du Sénégal.

Laye, comment s’est passé votre transfert de rayo Vallecano à Fenerbahçe ?

Il y a certains détails de mon transfert sur lesquels je ne pourrai pas me prononcer. j’étais en Espagne et c’est à partir de là que les dirigeants turcs m’ont repéré. Mon arrivée à Fenerbahçe a surpris plus d’un. je remercie le Tout Puissant, mes parents et surtout ceux qui ont cru en moi, bien avant que je n’arrive ici.

Sur place, vous avez trouvé Moussa Sow. a-t-il facilité votre intégration ?

Moussa est un joueur exceptionnel. Humainement, c’est un modèle. c’est en équipe nationle qu’on s’est connu quand nous venions défendre les couleurs du Sénégal. Heureusement qu’on n’a jamais eu de prise de gueule. Au club, Moussa est un joueur très respecté par tous. je me félicite de cela aussi. Quant à notre cohabitation, elle se passe de façon exceptionnelle, parce qu’il n’arrête pas de m’haranguer pour qu’on réussisse ensemble des choses formidables ici. c’est un vrai leader. Avec Moussa, on parle souvent du président de Fenerbahçe, des supporters, de la vie turque. Pour l’instant, on n’a pas encore abordé dans le fond la question de la sélection nationale.

Ça doit aussi être excitant de s’entraîner tous les joueurs auprès des monuments comme Van Persie, Nani…

Ça, ce n’est pas une nouveauté pour moi. N’oubliez pas que je viens de Porto, un club qui a gagné la Ligue des champions et l’Europa League. Donc, des grands joueurs, j’en ai toujours côtoyés, parce qu’à un moment, si on n’arrive pas à acquérir quelque chose par le talent, seul le Tout Puissant peut vous le donner. Mais toujours estil que c’est un plus de rencontrer de grands footballeurs au fil des années.

Vous aviez un peu disparu des radars. Comment expliquez- vous cela ?

Moi ? je n’ai jamais disparu. ceux qui veulent voir en moi une chose négative ne peuvent voir que cela. Avant d’arriver à Fenerbahçe, j’étais au rayo Vallecano. Et rares sont les footballeurs sénégalais qui évoluent en Liga. Donc, je suis surpis quand on dit que je suis fini ou que je n’ai pas réussi ma carrière comme les gens l’ont  récemment évoqué. Le championnat espagnol est le meilleur au monde. cela peut se vérifier lors des quatre dernières années où les équipes espagnoles ont gagné toutes les compétitions européennes. Les statistiques sont là et je pense qu’elles peuvent être comparées. Au Sénégal, il faut que les gens diminuent les bavardages inutiles et se consacrent au travail. c’est ça la réalité.

Depuis votre arrivée à Fenerbahçe, vous enchaînez les matchs amicaux. est-ce à dire que vous êtes déjà dans la peau d’un titulaire ?

Depuis que j’ai commencé à jouer au football, j’ai fait du travail mon crédo. Et en un moment de sa vie, si on n’a pas le talent, il est clair qu’on ne peut pas prospérer. Quelqu’un qui a quitté le Fc Porto en passant par l’Espagne pour atterrir à Fenerbahçe a un vécu. Si on ne travaille pas, on n’est pas récompensé. La seule chose qui vaille pour moi, c’est de travailler sans faire de bruit pour progresser. Que je joue ou pas, je continuerai le travail.

Quel est votre objectif ? 

Mon objectif prioritaire, c’est de donner du plaisir à mes parents et à mes proches qui croient en moi. Sur le plan sportif, c’est de gagner des titres avec mon club. Je suis présentement un joueur de Fenerbahçe. certes, sportivement, je veux découvrir autre chose à la longue, mais puisque je suis ici, je dois tout faire pour gagner des titres comme je l’ai fait partout où je suis passé. Une manière de m’offrir une récompense sportive, en plus de la satisfaction morale.

Qu’en est-il de votre mise à l’écart en sélection nationale ?

(Il coupe). Ça, c’est aux Sénégalais que je dois poser cette question parce que depuis que j’ai commencé à jouer au football, je n’ai pas changé d’un pouce dans ma manière de fonctionner. Dieu merci, je fais partie de la génération des footballeurs qui ont marqué l’histoire du Sénégal en se qualifiant aux jeux Olympiques de 2012 pour la première fois. j’étais leader du groupe. cependant, si je ne suis plus en sélection, certainement, c’est une décision du coach. Mais n’oubliez pas que j’étais le premier à dire que tant qu’Alain giresse restera sélectionneur, je ne viendrai pas en équipe nationale. Tout le monde savait sa démarche. Il y avait beaucoup de choses qui se sont passées avec lui. Le footballeur n’a que trois objectifs dans sa carrière : son pays, ses parents et surtout sa carrière professionnelle.

Pourquoi avez-vous pris cette décision ?

c’est facile à comprendre. La dernière coupe d’Afrique en est une parfaite illustration avec l’élimination prématurée du Sénégal. c’est une preuve tangible.

Pour vous, Giresse avait déjà montré ses limites ?

je ne dirais pas qu’il était limité car Seul Dieu confie le talent. Moi, j’ai une nature, je refuse les compromissions parce que je suis un leader. c’est ainsi qu’on m’a éduqué. Moi, je vis pour gagner, je ne suis pas un looser.

Il semblerait que vous vous êtes plaint de ne pas être parmi les premiers choix du  sélectionneur d’alors…

Non, loin de là. je ne me suis jamais fâché d’avoir été sur le banc de touche. Dans son métier, un footballeur doit toujours essayer de progresser, qu’il soit titulaire ou remplaçant. Ça, ce n’est pas un problème parce que je suis Sénégalais et je serai toujours fier de représenter mon pays. L’équipe nationale n’est la propriété de personne. Au contraire, c’est un patrimoine national appartenant au peuple sénégalais. Ma fierté sera toujours grande à chaque fois que je porterai les couleurs de mon pays. je n’ai qu’une seule nationalité et une seule  identité, celle du Sénégal.

Êtes-vous prêt à revenir en sélection ?

Vous savez, je n’ai jamais fermé définitivement la porte à un retour en sélection. Mais avant, je compte bien m’imposer en club en jouant le plus de matchs. Pour être au meilleur niveau en équipe nationale, il faut d’abord être au top en club. c’est cela ma préoccupation pour l’instant. je dois d’abord gagner ma place à Fenerbahçe avant de prétendre revenir en équipe nationale.

Quels étaient vos rapports avec aliou Cissé avec qui vous avez cohabité dans l’équipe olympique ?

je n’ai jamais eu de problème avec Aliou cissé. Quand j’étais avec les U23, Aliou était l’entraîneur adjoint,  derrière Karim Séga Diouf, qui était l’entraîneur principal. Aux jeux Olympiques on avait de bons rapports, j’étais le capitaine du groupe.

Avez-vous suivi le dernier match du Sénégal face au Burundi ?

Non, je n’ai pas pu suivre le match contre le Burundi. j’étais en famille et on était sur un projet me concernant. Mais j’étais content de la victoire.

Votre éventuel retour dans la tanière est-elle sous condition ?

Non, pas du tout. L’équipe nationale c’est pour le peuple, je n’ai rien à revendiquer. Mes aînés qui m’ont  précédé en sélection, en l’occurrence, Mamadou et Samba Bâ, se sont toujours bien comportés. ceux qui gèrent la sélection savent quelle personne je suis. j’ai fait toutes les catégories en sélection et ce sont les mêmes dirigeants qui sont là. Ils savent que je suis bien.

Croyez-vous à la qualification du Sénégal pour la CaN- 2017 ?

Que j’y crois ou pas, ce n’est pas important. ce qui est essentiel, c’est qu’on arrête de parler au Sénégal. Dieu ne récompense que les travailleurs. Il faut travailler, il n’y a que ça qui paie. Si on veut passer tout notre temps à polémiquer sur des futilités, il n’y aura jamais de récompense.