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Promu team-manager de Niary-Tally cette saison, Alassane Ndour travaille d’arrache-pied pour le titre qui pourrait être conquis ce week-end. Et au-delà de cet objectif qui lui tient à cœur l’un des initiateurs de la «Marmite du cœur», l’autre chantier sera de «faire grandir le club, avoir une meilleure organisation et l’orienter vers le professionnalisme». Mais avec son expérience de joueur professionnel et international, l’ancien arrière-droit des «Lions» ne veut surtout pas brûler les étapes. A commencer par «éviter de commettre l’erreur de l’As Pikine».

Qu’est-ce qu’il faudra faire face au Port pour gagner ce titre qui tend les bras à Niary-Tally ?

En tant que team-manager, je me dois d’être aux côtés de mon équipe et des garçons pour les orienter en vue de ce match décisif. Ce sera une rencontre très difficile qu’on devra entamer avec beaucoup de rigueur, de sérieux et d’abnégation. Mon devoir est de leur montrer comment entamer ce match, discuter avec eux et leur permettre dans d’excellentes conditions.

Qu’est-ce qu’il faudra éviter pour ce dernier match qui sonne comme une finale ?

L’erreur à ne pas commettre est de gagner le titre et le match sans l’avoir déjà joué. Il y a 90 minutes, voire 95 minutes à jouer à fond. Même si l’adversaire est le dernier, il faudra le respecter comme si on jouait contre le premier ou une finale, tout en restant sur nos gardes. Mais surtout ne pas prendre de but dans les premières minutes, parce que ça pourrait dénaturaliser le jeu. Les joueurs seront préparés à ça par le coach et le staff pour affronter le Port avec une bonne sérénité de la première jusqu’à la dernière minute.

A vous entendre parler, vous accordez beaucoup d’importance au mental…

Ce sont des matches qu’il faut jouer avec le mental. C’est ce qui fera la différence, avec forcément le talent, bien sûr. Mais il faudra un bon mental et de la concentration du début jusqu’à la fin pour gagner ce match et le titre.

Le fait que le Port soit déjà relégué n’est-il pas un cadeau empoisonné ?

Ça peut être un piège si on part avec l’état d’esprit de jouer face au dernier qui est déjà en Ligue 2. Si on part avec ces idées, on ira vers la catastrophe. Il faudra faire abstraction de tout cela et jouer comme si on jouait le Fc Barcelone ou le 2e (As Douanes, Ndlr), respecter l’adversaire, jouer les coups à fond, mettre le tempo et essayer de marquer très rapidement pour se relâcher.

En tant que team-manager de NGB, quelles sont vos ambitions avec le club ?

C’est déjà de gagner le titre cette année et essayer de faire grandir le club. Il est parti du «navétane» et joue le titre aujourd’hui. C’est une consécration et une progression, même s’il y a encore une bonne marge de progression à franchir. Ma contribution sera tout simplement de faire grandir ce club, jouer la Coupe d’Afrique, faire rentrer de l’argent, avoir une meilleure organisation, orienter le club vers le professionnalisme dans le bon sens du terme.

«Éviter de commettre l’erreur de l’As Pikine»

Le sort de l’As Pikine qui est presque condamné à la relégation n’est-il pas un avertissement en cas d’un titre cette saison ?

Si jamais le titre est gagné, c’est vrai qu’il faudra aussi beaucoup d’organisation. Il faudra éviter de commettre cette erreur. Après, ils (les Pikinois) ont peut-être un peu baissé les bras et oublié l’objectif. Aujourd’hui, pour nous, même si on ira jouer en Afrique, l’objectif est le Sénégal. Le premier objectif sera de se maintenir, voire jouer le titre l’année prochaine, pour confirmer notre saison. Jouer la Coupe d’Afrique ne veut pas dire oublier ses objectifs ou se dézoner. Avec notre expérience, on fera tout pour montrer les objectifs aux joueurs et leur dire que, même si on ira jouer en Afrique, ce sera un bonus. C’est super bien pour un joueur d’aller titiller les autres clubs africains, mais on continuera le parcours, se projeter et s’arrêter là où il faut. Il ne faudra pas se disperser.

La perte de joueurs importants ne risque-t-il pas de plomber l’équipe ?

Si on perd des joueurs, ce sera un gain pour le club, parce qu’il a besoin de vendre pour vivre avec une rentrée d’argent. C’est un club professionnel et qui dit Ligue 1 dit beaucoup de charges. Donc, à travers les joueurs que nous vendrons, nous allons pouvoir avoir une bonne saison et être dans de bonnes conditions d’entrainement et de match.

Y a-t-il des discussions avec des clubs en vue d’un placement des joueurs en Europe ?

Bien sûr ! On a des relations avec des clubs étrangers. On est en train de travailler pour que les joueurs puissent intégrer les clubs professionnels (européens) afin que Niary-Tally puisse avoir des rentrées d’argent.