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Il a réussi l’exploit de maintenir Dahra en Ligue 2. Dans cet entretien avec EnQuête, l’entraîneur Alphousseyni Badji dévoile ses secrets. Le technicien qui avait remporté la Ligue 1 avec l’Us Ouakam en 2011 a aussi énuméré les difficultés rencontrées à son arrivée et évoque son avenir avec Dahra.

Vous avez pris l’équipe en pleines difficultés. Quel a été votre secret pour maintenir Dahra en Ligue 2 ?

Je suis arrivé à Dahra à trois journées de la fin de la phase aller. A ce moment, l’équipe n’avait que 6 points. C’était très difficile, les conditions de travail et les moyens n’étaient pas très réunis et il fallait travailler avec l’équipe présente. Et au fur et à mesure, je me suis rendu compte que le niveau de jeu de l’équipe était très bas et il fallait un renfort quelque part. Ce que j’ai fait compte tenu de mon expérience, de mes relations et de l’envie de certains joueurs qui n’avaient pas de temps de jeu dans certains clubs. Ils se sont manifestés pour venir à mon soutien, à mon secours et faire le travail que j’espérais réussir. Mon secret, c’est uniquement le football. Il n’y a pas de hasard au football : c’est la qualité du travail d’abord, le sérieux et la préparation. Quand je suis arrivé, j’ai utilisé mon expérience et j’ai profité de l’appui de mon staff très sérieux et très sincère…

Quelles ont été les principales difficultés ?

Les principales difficultés du club, c’était un véritable problème de moyens. D’abord, l’équipe ne disposait pas de moyens et surtout l’amateurisme caractérisé noté sur certains joueurs qui n’avaient pas compris ce que c’est la Ligue pro. Les joueurs sont de purs produits du national populaire communément appelé ‘’navétane’’. Ils étaient très faibles sur le plan tactique. Pour maintenir l’équipe, il fallait avoir des joueurs qui ont des valeurs techniques et qui ont une capacité d’adaptation très rapide dans toutes les situations et ça n’a pas été le cas.

Au début, j’ai misé sur les joueurs locaux mais ils étaient trop amateurs. J’ai amené six joueurs, transformé certains parce que l’équipe encaissait trop de buts. Il fallait s’organiser en défense. Lamine Wone, qui jouait comme arrière gauche, est devenu arrière central, parce que la couverture dans l’axe faisait défaut. J’ai renforcé aussi le milieu défensif parce qu’il n’y en avait qu’un, El hadj Diogo Diouf. Il était très souvent lessivé à la fin des rencontres. C’est lui qui faisait tout le travail défensif. J’ai amené Ndiaye Coly, un véritable gladiateur, et des attaquants comme Serigne Ndiaye, Mouhamed R Fofana, des joueurs très expérimentés comme Daouda Guèye qui vient de la Suneor et le gardien Youssoupha Coly qui nous vient du Port.

Est-ce que vous allez rester à Dahra pour diriger encore l’équipe ?

Tout dépendra des dirigeants du club. S’ils veulent que je reste avec l’équipe, je n’ai aucun problème. Je peux continuer le travail déjà entamé parce que dans un club, il doit y avoir une animation permanente, une académie pour détecter des talents, de jeunes joueurs. Je remercie le ministre Aly Ngouille Ndiaye, le manager général par ailleurs maire de Dahra Momar Ndiaye, un homme très ouvert, mon staff, qui m’ont tous aidé à gérer l’environnement et la mentalité des gens.