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Auteur d’une grosse saison avec Amiens, le milieu offensif sénégalais Oumar Pouye vient de s’engager avec le Racing. Un recrutement qui, après la signature de Jérémy Blayac, augure d’un secteur offensif explosif.

Né à Niomre, dans le nord du pays, Oumar Pouye débute le football comme tous les enfants sénégalais, « dans la rue, sans chaussures, avec les potes. » A dix ans, il s’en va à Louga, une ville voisine, pour intégrer l’école de football local, avant de poursuivre sa formation à Dakar, à l’académie Génération Foot, qui fonctionne en collaboration avec le FC Metz, et qui a déjà révélé bon nombre de joueur, de Sadio Mané à Diafra Sakho, en passant par Mayoro N’Doye et Abdallah N’Dour. Grâce à ce partenariat, il rejoint la Lorraine en décembre 2006, quelques mois à peine après son 18ème anniversaire, en plein hiver: « je me rappelle qu’il faisait vraiment, mais alors vraiment froid. J’ai mis pas mal de temps à m’adapter à la température. » Des conditions climatiques difficiles qui ne l’empêchent pas d’inscrire 12 buts avec l’équipe U19 lors de la seconde moitié de saison.

Des performances remarquées qui le conduisent logiquement aux portes du groupe professionnel, mené par Francis De Taddeo, l’homme qui l’a repéré au Sénégal. Titulaire avec l’équipe réserve (25 matchs pour 2 buts en 2007/2008), il effectue quelques apparitions en L1 durant la première partie de saison, dont une première entrée en jeu à Nice le 20 octobre. Son coach décide même de le lancer dans le grand bain du stade Geoffroy Guichard quelques semaines plus tard. Mais si Pouye commence à percer, c’est au sein d’une équipe en plein naufrage. Metz est totalement à la ramasse et porte le fardeau de la lanterne rouge. Et comme souvent, c’est l’entraîneur qui trinque, et De Taddeo est remplacé par Yvon Pouliquen. Le vainqueur de la coupe de France 2001 ne lui faisant pas confiance, préférant des joueurs plus expérimentés, le milieu offensif doit se contenter du CFA. En fin de saison, non retenu, il se met à la recherche de temps de jeu, quitte à évoluer à l’échelon inférieur. En contact avancé avec Châteauroux, il est finalement convaincu par le projet de Patrick Trotignon, futur président d’un promu ambitieux en National, Croix de Savoie. Oumar Pouye s’intègre très vite et donne satisfaction à Pascal Dupraz, son entraîneur: « C’est un garçon très attachant, poli, qui travaille sans cesse. » Sur le terrain, aligné sur le côté droit, il réalise une saison pleine, avec 35 matchs, 9 buts et 3 passes décisives, contribuant ainsi à la belle 5ème place du club, amené à muter quelques semaines plus tard.

Devenu Evian-Thonon-Gaillard, le club cherche à se professionnaliser et recrute un entraîneur « de renom » en la personne de Stéphane Paille. Mais l’ancien sochalien ne considère pas Pouye comme un titulaire, malgré son exercice précédent. Toutefois, et alors que l’équipe pointe à la deuxième place du podium, Paille est limogé en raison « de la dégradation des résultats depuis huit matches et de divergences de points de vue. » Son successeur, Bernard Casoni, relance le Sénégalais, qui devient un membre actif de la montée en L2 et obtient une prolongation de contrat d’un an. Désormais en pleine confiance, il poursuit sur sa lancée à l’étage au dessus, en inscrivant six buts, en 33 matchs, participant ainsi activement à l’aventure qui mène les siens jusqu’au titre de champion de France de Ligue 2. Non conservé, il attise les convoitises, notamment d’Angers, mais décide finalement de retenter sa chance en Moselle, où Metz l’attend avec un contrat de quatre ans.

Mais de la Croix de Savoie à la croix de Lorraine, la réussite n’est pas la même. Si les débuts sont plutôt prometteurs, par exemple avec un but victorieux inscrit à Guingamp lors de la troisième journée, Oumar Pouye fait peu à peu les frais des résultats en dents de scie du FC Metz, et connaît une période avec un temps de jeu plus réduit, l’entraîneur Dominique Bijotat cherchant en vain à créer un électrochoc. La fin de saison est ainsi bien catastrophique, avec une 18ème place à la clé. Relégué en National, les Grenats cherchent à dégraisser et laissent partir leur milieu offensif un an à peine après l’avoir recruté.

Sans club, Pouye contacte son ancien entraîneur et mentor Francis De Taddeo, désormais en poste à Amiens, également relégué en National, pour prendre part à la préparation d’avant saison, en attendant mieux. Finalement, il se montre intéressé par le challenge de remontée proposé par le pensionnaire de la Licorne. A un niveau où il avait explosé, le joueur s’impose immédiatement comme un titulaire, débutant dans le onze de départ à 29 reprises, sur un total de 33 matchs et 6 buts, le troisième meilleur total du club, derrière Kodjia et Bazile (tous deux évoluant désormais en L1). Mais au niveau collectif, Amiens se montre trop irrégulier pour accrocher le podium et achève la saison à la 9ème place.

Lors de la saison suivante, le Sénégalais conserve son statut de joueur incontournable du secteur offensif, mais les Picards pataugent dans la semoule, au point que Francis de Taddeo se retrouve sur le carreau dès le mois de septembre. Sous les ordres d’Olivier Echouafni, Pouye demeure un cadre de l’équipe, au même titre que Hervé Lybohy et un certain Ernest Seka, malgré des statistiques moins ronflantes (trois buts dont deux en toute fin de saison).

La troisième saison d’Oumar Pouye à Amiens est finalement la plus réussie. Malgré un nouveau changement d’entraîneur en cours de saison, et des résultats collectifs trop irréguliers pour espérer viser le haut de tableau, l’ancien messin explose dans un rôle d’électron libre offensif. Aligné tantôt à gauche, tantôt dans l’axe, en soutien de Jean-Pierre N’Samé et de Romain Poyet, il aligne les pions avec une belle régularité, 16 en 33 matchs dont 32 titularisations. Un bilan impressionnant pour un joueur n’évoluant pourtant pas en pointe. En fin de contrat, et avec des telles performances, son nom est annoncé un peu partout en L2, de Metz (jamais deux sans trois) à Sochaux, en passant par Lens, mais également au Racing, où il a finalement décidé de relever une nouvelle fois le défi d’une montée en L2.