Justice : La semaine décisive de Souleymane Diawara

Justice : La semaine décisive de Souleymane Diawara

Partager
Incarcéré depuis le 10 avril et soupçonné d’avoir voulu se faire justice dans une affaire d’escroquerie, Souleymane Diawara a été confronté à son accusateur mardi. Si son avocat espère désormais obtenir une remise en liberté, les circonstances de « l’affaire » restent encore floues.

Souleymane Diawara sur le point d’entrevoir la liberté ? Incarcéré depuis le 10 avril à la prison des Baumettes de Marseille, le défenseur de l’OGC Nice est mis en examen pour « extorsion de fonds » et « tentative d’extorsion de fonds« . La justice lui reproche d’avoir piloté une expédition punitive pour se venger d’Adriano B., un ancien légionnaire devenu garagiste. Âgé de 35 ans, l’homme est entré dans le cercle intime du joueur en 2012, rapporteLibération. Jusqu’à ce qu’un différend ne les oppose en début d’année, Diawara reprochant à son « ami » de lui avoir vendu une Porsche Cayenne, qui s’est révélée être un véhicule volé.

Mardi, le Sénégalais et ses quatre complices présumés ont été confrontés à leur accusateur lors d’un face-à-face organisé au tribunal de grande instance de Digne-les-Bains (Alpes de Haute Provence). A l’issue de l’audition, l’avocat du joueur, a déposé une nouvelle demande de remise en liberté. Si les deux premières ont été rejetées, la garde rapprochée de l’ancien Marseillais fonde beaucoup d’espoirs sur cette nouvelle requête. « Les versions des mis en cause sont toutes concordantes. A l’inverse, il y a des discordances assez nettes chez le plaignant« , souligne Grégory Bensadoun, le conseil de Diawara, sur France 3 Provence-Alpes.

De fait, les événements survenus dans la soirée du 18 mars dernier dans la paisible localité de Reillanne demeurent flous. Une chose est sûre : quatre hommes de mains envoyés par Souleymane Diawara, dont son frère, se sont rendus au domicile d’Adriano B. pour obtenir le remboursement des 50 000 euros déboursés pour l’achat de la Porsche Cayenne volée.

« T’es foutu, on te retrouvera toujours« 

D’un côté, la victime prétend avoir été frappée à la nuque et séquestrée pendant deux heures alors que son épouse et ses enfants se trouvaient dans la pièce à côté. Dans les colonnes de Nice Matin, Adriano B. accuse les visiteurs de l’avoir menacé à plusieurs reprises. L’un d’eux lui aurait lancé : « on n’a pas le temps, ça va mal se terminer, il est où le pognon ?« .

Selon Adriano B., le frère de l’ancien Bordelais mène l’expédition. « Il me répète : ’Tu vas payer, voleur escroc’. Il a à la main un téléphone avec le kit main libre en fonction. J’entends clairement Souleymane lui donner des ordres« . Le commando repart finalement avec une BMW 7 appartenant au garagiste, non sans lui lancer un dernier avertissement : « De toute façon tu es foutu, on te retrouvera toujours. La prochaine fois, on ne pourra plus rien pour toi. »

« Entre colère et honte« 

La version du commando, dont l’un des membres a disparu dans la nature, diverge nettement. Tous nient toute violence physique et affirment être repartis avec une BMW « prêtée » par le garagiste pour mettre un terme au contentieux l’opposant au joueur, qui aurait effectivement participé aux « négociations » par haut-parleur. Incarcéré, « Souley » est désormais loin de tout téléphone et « partagé entre la colère de s’être fait entuber et la honte de s’être mis dans cette situation« , dixit son frère aîné, Salif, dans les colonnes de Libération. Ses parents ont même songé à rentrer précipitamment du Sénégal. « Son orgueil est touché, c’est quelqu’un d’honnête« , assure Salif. Suffisant pour convaincre les juges de le remettre en liberté ?