Ibrahima Iyane Thiam, footballeur : «Nous allons implanter une académie de football...

Ibrahima Iyane Thiam, footballeur : «Nous allons implanter une académie de football à Matam»

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Fils de Mourchid Iyane Thiam, Ibrahima Iyane Thiam est un footballeur professionnel évoluant en Belgique. Il est également le fondateur de l’académie Noyau sportif football club Iyane (Nsfc) dont la philosophie repose sur trois piliers essentiels : le sport, l’éducation et la famille. Des piliers qui sont, à ses yeux, très importants dans la carrière professionnelle d’un joueur. Il compte implanter une académie au Fouta, précisément à Matam. Titulaire d’un MBa en Management du sport au Real de Madrid, il pense que la Fédération a fait un excellent choix en portant Aliou Cissé à la tête de la sélection nationale. Il a rendu visite à Seneweb dans ses locaux. Entretien.

Vous êtes un footballeur profession, fondateur d’une académie de football. Quand est-ce que vous avez démarré votre carrière.

Je suis né le 20 aout 1981 à Dakar. J’ai joué dans les rues de Dakar à l’âge de 7 ans. A 15 ans, j’ai quitté le Sénégal pour aller jouer au centre de formation de Paris. Après 3 ans de formation, je suis parti en Norvège. J’ai joué pour Stromgoset (Norvège), pour FC Dobrudja (Bulgarie), pour l’Union Royale Namur (Belgique), pour Drogheda United (D1 irlandaise)… Je suis toujours footballeur en Blgiqu (Asv Geel). J’ai fait aussi une formation pour être entraîneur. En 2014, j’ai obtenu mon diplôme de MBa en Management de sport au Real de Madrid. Je suis en train de conduire une académie dénommée Noyau sportif football club, qui va être délocalisée à Matam. Cette année, on a décidé de jouer en compétition. Nous estimons qu’être footballeur, c’est être un homme. Un joueur qui a un bon niveau d’éducation peut aller très loin. Le sport, l’éducation et la famille sont trois piliers importants pour la réussite d’un joueur. C’est dans ce sens qu’on a créé l’académie qui repose sur ces trois piliers. En partenariat avec Cinco Colores Foundation, nous voulons prendre des jeunes qui sont en difficultés et qui ont des qualités en les intégrant dans l’académie.  Le 25 juillet, les Polonais viendront au Sénégal avec la fondation Sinco colores et des investisseurs pour qu’on essaye de voir la meilleure façon d’évaluation l’implantation de l’académie.

Est-ce que l’académie que vous comptez implanter à Matam sera du même format que celui de Jambaar ?

Nous essayons toujours d’apprendre et le modèle du Real de Madrid m’a beaucoup plu. On va essayer d’adapter cela. Il ne sera pas du même modèle que Jambaar, mais il n’y aura pas une grande différence. On aura une identité qui est propre à nous et qui va générer d’autres sociétés autour afin de rendre le joueur le plus libre possible. J’ai commencé le projet en 2007 et j’ai voulu l’implanter en Casamance, mais en ce moment, on n’était pas encore prêt. Il y aura des activités professionnelles et du sport. Les jeunes auront la chance de faire une formation et il y aura des micros projets autour pour leur permettre de bien gagner  leur vie.

Il y a déjà un groupe qui est à Dakar. Depuis 3 ans, il s’entraîne, avec des matchs amicaux en France. Il y a aussi une autre équipe junior en attendant que l’académie soit mise en place.

Parallèlement à cela, vous oeuvrez également dans une fondation dénommée Cinco Colores, c’est quoi au juste?

La fondation œuvre dans le social. Je suis l’ambassadeur de Cinco colores. Mais la fondation est maintenant un associé dans notre projet d’implantation d’une académie à Matam. On a noué un partenariat pour développer ensemble le football.

En tant qu’attaquant professionnel, sélectionné à plusieurs reprises en équipe nationale, quel regard jetez-vous sur le football sénégalais ?

Maintenant, on voit que le football sénégalais est en train de revivre à l’image du coach Aliou Cissé qui y met son empreinte. Il y’a aussi les joueurs qui répondent. On souhaite qu’ils fassent bien leur travail, car il y a des gens qui sont derrière eux. Sur le terrain, on voit vraiment qu’ils dégagent quelque chose. Je demande aussi à la fédération de bien accompagner Aliou Cissé. Parce que le football, c’est un tout, il y a beaucoup de choses à prendre en compte pour faire sortir le meilleur. Quand on a une victoire, il faut le dire et quand on a une défaite, on doit le dire aussi. On est encore sur le bon chemin. Je souhaite bonne chance à tout le monde.

On a toujours cru qu’au Sénégal, il n’y a que les entraîneurs étrangers qui pouvaient manager l’équipe. Etes-vous de cet avis ?

Non, dans la mesure où maintenant le monde est mondialisé, les diplômes sont pareils partout. L’essentiel, c’est de faire son travail avec envie, avec amour et avec rigueur. Quand on a tout cela, qu’on soit un blanc ou noir, la couleur n’a plus d’importance. Aujourd’hui, on a dépassé ce stade. Pour moi, il faut faire un très bon choix parce que l’équipe doit avoir une image et doit être un bloc. En matière de football, on apprend toujours et que les réalités d’aujourd’hui ne peuvent pas être celles de demain.