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Ses jambes sont de feu, son équipe est en feu, il met le feu dans les défenses, même ses cheveux sont de feu : l’attaquant du Sénégal Mamadou Thiam brille de mille feux dans cette Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015. Après des débuts difficiles face au Portugal (3:0), l’attaquant africain a allumé la flamme de l’espoir en inscrivant le but du 1:1 face à la Colombie lors de la deuxième sortie sénégalaise. Brillant, il l’a ensuite entretenue face au Qatar (2:1), puis en huitième de finale face à l’Ukraine avant de flamber face à l’Ouzbékistan, en signant un nouveau but, le seul de ce quart de finale (1:0).

Mais pas question de s’enflammer pour autant : « Nous sommes contents d’en être là où nous sommes. Nous avons fait le boulot qu’il y avait à faire, et nous ne boudons pas notre plaisir. Mais honnêtement, je ne vois pas cela comme un exploit. Nous sommes déjà passés à autre chose. Le cap est mis sur le Brésil. Nous sommes très attendus au pays. On veut juste faire ce qu’il faut pour rendre heureux les Sénégalais, donc continuer sur notre lancée », annonce l’intéressé au micro de FIFA.com.

Difficile pourtant de rêver à un meilleur baptême du feu. Il faut remonter à 1993 et au Ghana pour retrouver trace d’un néophyte dans le dernier carré d’une Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Mais cela n’étonne pas Thiam plus que cela de voir ses Lionceaux à pareille fête : « Si on regarde bien, le Sénégal est allé une seule fois en Coupe du Monde, et il a atteint les quarts de finale. Nous sommes faits pour briller dans les grandes compétitions. Certes, nous mettons du temps à nous qualifier, mais quand nous y sommes, nous ne faisons pas les choses à moitié », plaisante-t-il.

Lors de cette fameuse Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, les Africains avaient notamment réduit en cendres les espoirs de doublé d’une France championne du monde en titre (1:0) . Une France que Mamadou connaît bien pour y être né, y avoir grandi, et y avoir fait ses grands débuts en tant que footballeur amateur puis professionnel, du Red Star à Dijon en passant par Drancy. « Mais mon pays, c’est le Sénégal. J’y ai mes racines, tout simplement. D’ailleurs, j’y vais autant que possible, dès que j’ai cinq minutes », lance-t-il, dans un grand sourire.

En l’occurrence, si on s’intéresse un peu au pedigree du numéro 19, on trouve non seulement des gènes sénégalais mais aussi de l’ADN de Lion de la Téranga. Son père Pape Idrissa Thiam a effectivement été international, tandis que son grand-père Abdoulaye Thiam a lui occupé le poste de sélectionneur de l’équipe nationale en 1963. « On a le football dans le sang », confirme Mamadou. « C’est d’ailleurs à eux, ainsi qu’à mon autre grand-père, un célèbre journaliste sportif, à qui j’ai pensé en premier lors du coup de sifflet final face à l’Ouzbékistan. »

Le feu sacré
Pourtant, le papa n’a pas toujours voulu que son rejeton suive ses traces. Il a d’ailleurs mis du temps à lui donner son feu vert. « Il tenait absolument à ce que j’aille jusqu’au baccalauréat… J’ai conscience qu’il ne faut pas prendre les études par-dessus la jambe, mais je n’ai toujours eu que le football dans la tête. C’était plus fort que moi. Il ne pouvait pas aller contre cette passion. Du coup, je n’ai vraiment plus le choix de réussir. Pas question de le décevoir », annonce le fils. « Mais je crois qu’il est fier de moi. En tous cas, il ne loupe pas à un match ! »

Comment pourrait-il en être autrement ? Depuis le coup d’envoi de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015, Thiam se démène sur le front de l’attaque pour emmener ses Lionceaux sur le toit du monde. Son but face aux Cafeteros, où il se défait du marquage avant d’enchaîner deux dribbles et un tir plein de sang-froid en dit long sur ses intentions. Mais s’il s’est fait remarquer par ses qualités balles au pied, sa coupe de cheveux n’est pas non plus passée inaperçue : « C’est un clin d’œil adressé à Gouye Gui,un très bon ami lutteur et véritable star dans mon pays. Il aime se teindre les cheveux, j’ai choisi de faire la même chose. »

Les cheveux oranges, le football plutôt que l’école… Quand Thiam décide de faire quelque chose, Rien ne l’arrête. Il faut donc mieux le croire lorsqu’il annonce ne vouloir que le titre. Sinon, gare au retour de flamme.