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« Coach, ne vous inquiétez pas. Je vais résoudre notre problème. » Moussa Koné avait une dette. Arrivé à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015 avec l’étiquette de star du Sénégal, son rendement n’était pas à la hauteur des attentes de son entraîneur, le souriant et non moins exigeant Joseph Koto. Moussa a une nouvelle fois cru en lui-même, comme il l’avait déjà fait lorsqu’on lui avait annoncé qu’en raison de sa taille, le football n’était pas fait pour lui.

Les Lionceaux de la Teranga avaient un pied et demi en dehors du tournoi quand, à neuf minutes de la fin du match contre la Qatar, Moussa a inscrit le but qui allait tout changer et donner aux Sénégalais le droit de disputer un huitième de finale contre l’Ukraine, le 9 juin à Auckland. « Ce deuxième but m’a donné beaucoup d’émotion. C’est un rêve de jouer une Coupe du Monde et ça l’est encore plus quand vous marquez un but si important », explique le meilleur buteur de deuxième division sénégalaise au micro de FIFA.com quelques heures avant d’affronter les Européens.

Depuis ce 6 juin, le sourire n’a pas souvent quitté le visage de Koné qui, après avoir marqué son but capital, a entamé une course folle à destination de son entraîneur. « Ce but a été libération pour lui », confirme Koto. « Quand il a marqué, il est venu vers moi et il m’a dit ‘Coach, je l’ai fait !’. Il savait que depuis le début du tournoi, il n’avait pas montré ce que j’attendais de lui. Il est très important pour nous car le football moderne se passe avant tout dans les couloirs et dans notre équipe, Moussa et Ibou Wadji sont les joueurs qui occupent les flancs. Ils sont essentiels pour nous et nous attendons beaucoup d’eux. »

Quand il portait encore les crampons, Koto a lui-même été ailier droit ave le Sénégal. Le sélectionneur a demandé à Moussa d’évoluer à cette position à la Coupe d’Afrique des Nations U-20, pour remplacer un joueur manquant. « Moussa est un joueur très polyvalent et nous avions besoin d’un joueur sur l’aile droite. En Coupe d’Afrique, nous l’avons essayé à ce poste car nous savons qu’il va très vite et qu’il apprend rapidement aussi. Il nous a donné entière satisfaction et nous l’avons gardé à cette place », poursuit l’entraîneur sénégalais.

Avec son club du Dakar Sacré-Cœur, Koné occupe normalement le poste d’avant-centre. « En sélection, ils m’ont surnommé Suárez, d’après Luis, le joueur de Barcelone. J’aime son style et j’essaie de le copier. On me compare à lui. Je regarde les vidéos de ses matches et j’étudie comment il se déplace, comment il joue, et comment il conclut les actions. »

Un défi permanent

« Koné est un grand joueur mais nous ne l’avons pas encore vu », annonce l’entraîneur. « Il a un potentiel incroyable, une marge de progression phénoménale, mais il est également très sensible. C’est la raison pour laquelle il n’a pas encore montré le niveau auquel j’aimerais le voir évoluer. J’espère qu’à partir de maintenant, il va gagner en confiance. Je ne veux pas lui fournir d’excuses. J’attends beaucoup plus de lui. »

Moussa n’a que 18 ans et à cet âge-là, les critiques peuvent faire mal. Mais dans son cas, elles semblent le rendre plus fort. « Au début ce fut très difficile. J’ai connu des moments vraiment très durs dans le football », révèle-t-il. « Je suis très heureux de jouer cette Coupe du Monde, mais c’est grâce au travail que je suis ici. Personne ne croyait en moi car j’étais petit mais j’y ai toujours cru. Je savais que j’avais du talent et qu’un jour, ça pouvait donner quelque chose. Ma famille m’a toujours aidé. Je vais continuer sur le même chemin pour que les gens apprennent à me connaître. »

Les recruteurs de l’Olympique de Marseille qui le supervisent en Nouvelle-Zélande le connaissent déjà et en ce qui les concerne, les 174 centimètres de Koné ne font pas de lui un petit joueur. « Je suis plutôt petit, c’est vrai, mais justement, je garde ça en tête pour me forcer à travailler encore plus », conclut-il. « Mon objectif est de me faire connaître dans le monde du football comme Moussa Koné. »