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coundoul

Vice-capitaine des «Lions», Bouna Coundoul assume naturellement son rôle de leader dans une «Tanière» qui respire la bonne humeur après sa qualification à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Une compétition qui ne lui réussit toujours pas, mais qu’il aborde avec un état d’esprit différent de celui de la dernière trace du Sénégal en CAN, en 2012, à Bata dont il est l’un des rares rescapés.

Vous avez effectué une séance très légère aujourd’hui, est-ce l’effet de la qualification déjà acquise ?

Hier (dimanche), nous avons voyagé toute la journée. C’est pourquoi, nous n’avions pas pu faire une séance de décrassage, au lendemain du match. Ce qui explique qu’aujourd’hui, le coach a décidé de faire une séance légère de décrassage pour ceux qui avaient démarré le match contre l’Egypte, histoire de libérer les corps après un match difficile suivi d’un long voyage. Les autres ont fait une séance assez solide. Cela permettra à tout le monde d’être au même niveau sur le plan physique. On sait que tous les joueurs n’auront pas la chance de jouer, mais le plus important, c’est que tout le monde est au même niveau d’implication et de motivation.

Vous êtes l’un des rares rescapés du groupe qui avait pris part à la dernière CAN disputée par le Sénégal, en 2012, en Guinée Équatoriale où va se dérouler la prochaine édition, dans deux mois. Est-ce l’occasion idéale pour prendre une revanche sur l’histoire ?

On ne peut pas refaire l’histoire. Ce qui est passé, on n’y peut plus rien. J’en fais abstraction et je me concentre plutôt sur le présent et sur le futur. Que nous soyons à Bata ou dans n’importe quelle autre ville, nous allons avoir une approche nouvelle pour la compétition. Les contextes diffèrent. L’entraîneur n’est pas le même, les effectifs non plus. Les joueurs qui étaient là ont aussi changé tactiquement, physiquement et mentalement. Tout est différent entre 2012 et 2015. Souhaitons que le Bon Dieu nous donne la chance de vivre et d’arriver à la CAN en très bonne santé et nous allons la jouer avec une grande motivation. Nous allons tout donner, en gardant le même état d’esprit. Il n’y a pas de revanche à prendre sur l’histoire. Il faut simplement en écrire une autre. Là, c’est vraiment une autre compétition, alors, Bata ou pas, la motivation sera grande.

«Il faut écrire une autre histoire»

Certains de vos coéquipiers n’ont pas hésité à fixer très haut la barre, après la victoire en Egypte, samedi dernier. Aller gagner au Caire, ça donne des ailes…

C’est clair qu’après l’euphorie de la victoire et de la qualification, on est un peu tenté de faire certaines déclarations sans y penser réellement. Pour moi, il faut placer certains propos dans ce cadre. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas oublier qu’il reste encore un match à disputer (demain, contre le Botswana). Avant de fixer des objectifs et de clamer des ambitions pour la Can, il faut d’abord finir le travail. Il y a encore la possibilité de terminer en beauté, et, pourquoi pas, de récupérer cette première place. Il faut jouer le coup à fond, ne pas tomber dans la facilité et ne pas avoir de regret. Et on ne sait jamais, cela peut avoir une importance lors de la composition des groupes de la CAN. Si cela peut nous servir à être tête de poule par exemple, on ne va pas s’en priver.

Est-ce pour éviter les erreurs de 2012 que vous ne voulez pas encore vous fixer d’objectifs pour cette CAN ?

Ce n’est pas que nous n’ayons pas d’objectifs pour la CAN, mais juste que nous souhaitons prendre les choses étape par étape. Là, nous travaillons pour ce match (de demain). Ensuite, nous aurons le temps de nous projeter. Le plus important, ce sera d’aborder la CAN avec des ondes positives. Ensuite, faire comme nous avons fait durant ces éliminatoires, c’est-à-dire prendre les matches les uns après les autres et les aborder tous avec la même motivation.

Sentez-vous une prise de pouvoir de la jeune garde qui prend de plus en plus de places dans la «Tanière», pendant que les cadres se retrouvent sur la touche ?

Dès fois, j’ai pitié d’Alain Giresse. Quand je regarde l’effectif à sa disposition et les choix qu’il doit faire, ça ne doit pas être facile pour lui. Il y a tellement de bons joueurs qui ont choisi de défendre les couleurs nationales que ça rend difficile le travail du sélectionneur. Rien que pour choisir le groupe, ça peut être compliqué car on laisse de côté mille autres joueurs capables de porter ce maillot. Ensuite, choisir les onze qui vont jouer et laisser les autres sur le banc, quand on voit la qualité de l’effectif… Ce qui est important, le coach sait tirer le maximum de tout le groupe, chacun peut apporter quelque chose en fonction de l’adversaire et de ses caractéristiques. Tout dépend de l’attente qu’il a pour chaque match.