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Avare en paroles, Idrissa Gana Guèye se confie à STADES. En vacances à Dakar, le milieu de terrain des Lions évoque sa belle saison écoulée avec le LOSC mais aussi les éliminatoires de la CAN-2015 qui débutent dans trois mois.

Entretien

Gana, belle saison 2014 avec Lille, n’est-ce pas ?

Il n’y a que le travail qui paie. Et dans ma tête, je ne vois rien à part le travail jusqu’au bout. Je ne me ménage pas, je fais les choses à fond. Parce qu’au bout de l’effort, il y a toujours une récompense. Cela m’a permis d’être confiant et d’aborder les matchs de la meilleure des manières. Là, on a la reprise prévue le 29 juin.  On a encore une semaine de vacances et je compte en profiter le maximum. On a un programme à respecter tranquillement. Et là, nous serons prêts à reprendre avec le LOSC.

Avec une 3ème place en Ligue 1 et une qualification en Ligue des champions, Lille a-t-il atteint son objectif ?

On a atteint largement notre objectif qui était en début de saison de terminer parmi les cinq premiers du championnat. Personne ne nous attendait à cette 3ème place. Nous avons mis du coeur et tout ce qu’il fallait pour y arriver. On s’est battu du début à la fin et notre place est bien méritée. Elle n’a pas été usurpée. On n’a certes pas les individualités du Paris SG ou de Monaco, mais on a un bon collectif pour rivaliser avec ces grosses cylindrées.

Avec cette place sur le podium à défendre et la C1 à disputer, la saison prochaine s’annonce-t-elle difficile ?

Elle le sera comme toutes les saisons. Comme je vous l’ai dit tantôt, il faudra travailler sans se poser de question. Après, Dieu seul sait ce qui arrivera. Le plus important, c’est d’être irreprochable sur le plan professionnel. On fera ce qu’il faut pour que tout se passe à merveille. En tout cas, je préparerai la prochaine saison pour faire mieux que les précédentes.

La Ligue des champions sera-t-elle un objectif prioritaire ?

Rien n’est encore fait. Il y a les matchs de barrages à jouer d’abord. Et il faudra tout faire pour aller en phase de poules. Ça serait une bonne chose pour nous les joueurs, le club, mais aussi les supporters. Parce que la Ligue des champions est une vitrine dont tout footballeur aimerait bénéficier.

Jusqu’ici, vous ne vous êtes pas prononcé sur le poule G des éliminatoires de la CAN-2015 que le Sénégal partage avec la Tunisie et l’Égypte en attendant le 3ème adversaire…

Quoi qu’il arrive, on savait qu’on allait avoir une poule difficile parce que toutes les équipes se valent maintenant. Toutes ces équipes vont jouer à fond pour se qualifier. Et c’est sûr qu’on livrera des combats pour la qualification. Il faut montrer que l’on mérite d’y aller (à la CAN-2015). Et pour cela, il faut le vouloir sur le terrain. Nous ne devons pas nous poser des questions sur les équipes qui seront en face, mais nous préoccuper de nous-mêmes. On doit savoir où on va et se donner les moyens d’y arriver.

Depuis quelque temps l’attaque du Sénégal ne marque pas assez de buts. Qu’est-ce qui explique cela ?

Ça arrive. C’est vrai que tout le monde parle du match référence contre la Côte d’Ivoire, mais on sait qu’on a fait le match qu’il fallait faire. Malheureusement, on n’a pas eu la qualification. On avait pourtant prouvé qu’on avait l’envie d’y aller (au Mondial-2014). Maintenant, cette performance, on doit la rééditer lors des éliminatoires de la CAN-2015. Les gens essaient de juger l’équipe sur des matchs amicaux, mais là, le coach est obligé de faire tourner l’effectif pour voir tout le monde à l’oeuvre. On ne va pas trop s’attarder là-dessus. Il ne faut pas trop s’acharner non plus sur les attaquants. Mais, les attaquants ne sont pas les seuls responsables, nous sommes une équipe. On gagne et on perd ensemble, on marque et on encaisse les buts ensemble. Aujourd’hui, il ne faut pas viser que l’attaque. Si les attaquants ne marquent pas, c’est sûrement parce que les milieux ne leur ont pas donné de bons ballons ou que les défenseurs ne fournissent pas les milieux de terrain. C’est un jeu collectif. Attendons les qualifications pour voir ce que ça va donner.

Mais cela est quand même inquiétant, non ?

Inquiétant ? Non. Franchement, on est confiant. Après deux échecs, en Coupe d’Afrique 2013 et au Mondial 2014, nous n’avons plus le droit d’échouer à nouveau. Il faut se donner les moyens et beaucoup travailler. Il y a une bonne ambiance dans le groupe depuis un certain moment. Il faut la garder et je pense qu’on a les capacités pour passer.

Qu’avez-vous ressenti après avoir joué hors de vos bases pendant plus d’un an ?

On aurait préféré jouer à domicile. C’est sûr qu’avec le match qu’on a joué contre la Côte d’Ivoire à Casablanca, on serait passé si c’était à domicile. Parce que le public allait pousser et ça nous aurait beacoup aidés. On était trop dépaysé à l’extérieur. Ça a été un handicap pour nous. Et d’un autre côté, on n’avait pas le choix.

La pression du public sénégalais ne vous aurait-il pas plutôt compliqué la tâche ?

La pression du public est partout compliquée. Que ce soit en France ou au Sénégal, l’exigence des supporters est partout pareille. Ils veulent des victoires, du spectacle. La preuve, tout le monde était content après le match contre la Côte d’Ivoire même si nous ne sommes pas qualifiés. Les supporters veulent que l’on mouille le maillot et c’est normal. Si on ne fait pas ce qu’il faut sur le terrain, c’est normal que le public soit fâché. C’est partout comme ça. Nous, tout ce que nous demandons, c’est que nos supporters soient derrière nous, quel que soit le résultat, sans oublier que Dieu seul détient les cartes de qui perd ou qui gagne. Si ça ne dépendait que de nous, nous aurions gagné tous les matchs. Les équipes contre lesquelles nous jouons ont le même objectif que nous. Donc, vous comprenenez la complexité du football. Aujourd’hui, on a hâte de retrouver nos supporters au stade Léopold Sédar Senghor afin de leur proposer un bon spectacle. On sait qu’en qualificant l’équipe à la CAN-2015, on procurera beaucoup de bonheur à nos suporters.

Que faut-il faire pour assurer la qualification ?

Se préoccuper de nous, savoir ce qu’il faut faire et se donner les moyens d’y arriver. Il n’y a pas de secret, il faut travailler. Si on fait ce qu’on a à faire sur le terrain, quelle que soit l’équipe qui sera en face, je pense qu’on pourrait se qualifier avec l’aide de Dieu.

On a l’impression que la communication passe très bien maintenant dans la Tanière ?

Ça a toujours été comme ça. En tout cas, depuis que je suis dans la Tanière, je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit et je n’ai jamais entendu de problème entre les joueurs. Tout se passe très bien. Après, tout ce qui se dit à l’extérieur ne nous concerne pas. Nous restons concentrés sur notre sujet car c’est le plus essentiel pour nous.

Quelle appréciation faites-vous du transfert de votre ami, Cheikhou Kouyaté, à West Ham ?

Je suis très content pour lui. Il m’a appelé le jour où il devait passer la visite médicale pour m’informer. Je lui ai souhaité bonne chance. Quand il a signé, il m’a appelé aussi pour m’informer même à son retour au Sénégal, on s’est vu on a bien parlé. C’est un bon ami que j’apprécie beaucoup. Il mérite tout ce qui lui arrive aujourd’hui. Ça fait longtemps qu’il est en Belgique. Il y a fait de bonnes saisons et il était temps pour lui d’aller voir ailleurs. L’Angleterre est une bonne destination pour lui et j’espère qu’il s’y émancipera bien.

Gana Guèye est parti pour quitter Lille ou y rester en cette période de mercato estival ?

(Éclats de rires). Idrissa Gana Guèye est toujours bien à Lille avec lequel il est en contrat jusqu’en 2018. Pour le moment, j’y suis et tout se passe bien. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

©Stades