PARTAGER

Après une saison à Évian TG, le Sénégalais revient à l’OM avec l’envie de séduire Marcelo Bielsa.

Son prêt – sans option d’achat – à Évian Thonon Gaillard ne l’a pas changé. Modou Sougou est toujours aussi disponible, accessible et sympathique. Même pendant ses vacances. Après une courte escale auprès des siens, au Sénégal, l’attaquant de l’OM, sous contrat jusqu’en 2016, a mis le cap sur Dubaï pour savourer le calme de cette cité portuaire posée sur le golfe Persique. « Au pays, tu ne peux pas te reposer, explique-t-il. Ça se passe bien mais il fait vraiment trop chaud. Il fait 45 degrés ! » Avant d’aller se rafraîchir à la plage, Sougou a pris le temps de se poser pour revenir sur sa saison réussie en Haute-Savoie et évoquer ses ambitions avec l’OM de Marcelo Bielsa, avec qui il est sous contrat jusqu’en juin 2016.

Quel bilan tirez-vous de votre prêt à Évian Thonon Gaillard ?
Il est positif, aussi bien au niveau individuel que collectif. J’étais parti chercher du temps de jeu, tout en apportant ma contribution au maintien du club. J’ai rempli ces deux objectifs. Ça m’a permis de montrer plusieurs facettes de mon jeu. J’ai joué à gauche, à droite et dans l’axe ; en 4-4-2 comme deuxième attaquant ou en 4-3-3 sur les deux côtés. Avoir pu démontrer cette polyvalence est une bonne chose.

Vous avez inscrit 4 buts et délivré autant de passes décisives en championnat. Vous étiez-vous fixé de tels objectifs ?
Avant toute chose, je souhaitais disputer le maximum de matches. Je souhaitais également être le plus décisif possible. Je sais que je peux faire encore mieux. Mais ce n’était pas évident. L’équipe a connu des hauts et des bas. On est resté environ deux mois sans gagner. On a su relever la tête à la fin pour assurer le maintien. Sur un plan personnel, j’ai tout le temps essayé d’être présent dans les moments difficiles.

Se mettre en évidence dans une équipe qui lutte pour sa survie est toujours délicat…
M.S. : C’est encore plus difficile pour les attaquants car il faut avant tout défendre à onze. La priorité est de ne pas prendre de but. Parfois, aux avant-postes, le soutien manque, il faut se débrouiller seul. J’ai su m’adapter à ce style de jeu. En arrivant à Évian, je devais également faire abstraction de tout ce qui s’était passé autour de moi, notamment d’où je venais, pour me mettre au même niveau que mes coéquipiers.

Quand on vient d’un club comme l’OM, se faire accepter par le vestiaire est-il difficile ?
C’est difficile si tu ne fais pas abstraction de certaines choses. Si tu dis que tu es un joueur de l’OM, que tu ne fais pas certains efforts pour l’équipe et que tu ne penses qu’à toi, tu te trompes. Pour réussir à Évian ou ailleurs, il faut se mettre minable et beaucoup travailler. Je suis un joueur de collectif, je travaille pour lui. S’il faut défendre pour conserver un 0-0, je le fais sans problème.

Avez-vous prouvé que vous aviez le niveau pour la L1 ?
Oui. Je commence à bien connaître le championnat de France. J’ai le niveau pour y jouer, je le sais. Je peux jouer dans n’importe quel club français. Mais je suis aussi réaliste. Beaucoup de choses ne dépendant pas du joueur. Je dois garder confiance en moi, savoir quel genre de joueur je suis et savoir ce que je peux apporter aux uns et aux autres. C’est pour ces raisons que je ne dois jamais douter. Ce n’est pas mon genre. Je crois en mes qualités. Je me sens encore plus fort que la saison dernière. À Évian, j’ai beaucoup appris sur les plans humain et footballistique. Cela pourra me servir.

Estimez-vous avoir le niveau pour défendre les couleurs de l’OM la saison prochaine ?
Je ne sais pas. Ça dépend des dirigeants. Je vais tout faire pour aider et briller dans l’équipe avec laquelle je jouerai. Lors de mon arrivée à l’OM, Élie Baup m’avait donné le statut de remplaçant. J’ai joué mon rôle à fond sans arrière-pensée. S’il me donnait cinq ou dix minutes, je les prenais. Concernant mon futur, je ne me pose pas de question pour le moment. Je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait, je n’ai pas encore parlé avec les dirigeants de l’OM. On verra.

Vous ont-ils contacté, cette saison ?
Oui. Parfois, j’ai reçu des messages de félicitations. Quand on a joué contre l’OM, j’ai eu l’occasion d’échanger avec le président. Il était content de ce que je faisais à Évian, que je donnais une bonne image du club. Les dirigeants d’ETG lui avaient dit qu’ils étaient satisfaits de moi.

Vous avez souvent déclaré que vous préfériez jouer dans un club modeste qu’être remplaçant dans un gros club. Est-ce toujours le cas ?
C’est ma mentalité. Passer toute une saison sur le banc d’une grande équipe n’est pas bon pour moi. Il faut que je joue. C’est comme ça que je peux être heureux. C’est pour ça que j’ai accepté d’être prêté. Élie m’avait dit que mon profil l’intéressait, mais il me voyait plus comme remplaçant, pour la profondeur de son banc. Moi, je voulais plus. Je maintiens donc ce que j’ai dit.

Comment voyez-vous la prochaine saison ? Avec l’OM ?
Je suis confiant. Beaucoup d’interrogations entourent le club en ce moment, pas seulement sur moi mais sur la moitié de l’effectif. Beaucoup de joueurs s’interrogent car un nouveau coach arrive, avec de nouvelles idées, une nouvelle manière de voir le foot. Il faut laisser passer du temps. J’aurai une idée plus précise après le premier contact.

Marcelo Bielsa ?
Il a fait ses preuves comme entraîneur. On ne le présente plus. Sa venue peut être positive pour l’OM. Le club a besoin de quelqu’un d’expérience. Son exigence ? Le haut niveau en réclame. Pour réussir, il faut être exigeant sur tout, faire beaucoup de sacrifices. On ne peut rien gagner sans sacrifice. Joueurs, dirigeants, masseurs, jardiniers : tout le monde doit avoir cette idée.

Savez-vous ce que Bielsa compte faire avec vous ?
Je ne sais pas. J’en fais abstraction. Des personnes s’occupent de ça pour moi. Comme je suis en vacances, je leur ai demandé de ne pas me donner de nouvelles. À mon retour en France, vendredi, je vais avoir une réunion.

Évian TG aimerait de nouveau solliciter un prêt…
À la fin de la saison, j’ai parlé avec l’entraîneur, le président et le propriétaire du club. Satisfaits de mon prêt, ils m’ont remercié et dit que j’appartenais désormais à la famille haut-savoyarde. Pour le futur, les portes d’ETG me sont grandes ouvertes, à n’importe quel moment. Ma priorité n’est pas de me faire prêter ; je dois d’abord parler avec l’OM. Je dépends de ça. Après, je prendrai une décision avec mes conseillers.

Votre contrat s’achève en 2016…
Oui, mais il faut voir si le club compte sur moi. Je ne suis pas là pour arnaquer quelqu’un.

Laprovence