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Plébiscité dans l’équipe type de la Ligue 1 française au terme d’une saison de bonne facture avec Saint-Etienne, Bayal Sall ne veut pas «trop s’épancher» sur son absence de l’équipe du Sénégal. Mais le défenseur central se dit à fond derrière les Lions. Entretien.

Bayal, vous faites partie de l’équipe-type de la Ligue 1 française. Quelle appréciation en faites-vous ?

Cela m’a fait plaisir de faire partie de l’équipe-type de la Ligue 1. Si j’en suis arrivé à ce stade, c’est parce que je ne rechigne pas quand il s’agit de travailler. Il n’y a pas de secret à part le travail fait correctement.

Votre début de saison n’était pourtant pas fameux…

Vous savez, le football est un métier très complexe. Parfois ça roule, parfois tout est difficile. Donc, si on n’est pas armé de confiance on craque. Être footballeur professionnel n’est pas une mince affaire. Pour s’en sortir, il faut s’armer de courage, affronter la peur parce que les risques ne manquent pas et on en prendra toujours.

Peut-on parler de revanche sur votre entraîneur qui ne vous faisiez pas confiance au début ?

Non pas du tout. Il n’y a aucune revanche à prendre sur qui que ce soit. Il y avait juste quelques malentendus avec l’entraîneur. Mais, on s’est retrouvé après une longue discussion. Aujourd’hui, je bénéficie de la confiance du coach et cela m’a fait grandir. Et ça me donne envie de continuer le travail et me sacrifier aux entraînements.

Un sacrifice, vous en avez également fait au plan financier pour rester à Saint-Etienne…

En acceptant une diminution de mon salaire, je voulais prouver à tout le monde que je suis déterminé à défendre les couleurs du club. Cette décision n’était pas facile à prendre car j’ai beaucoup pensé à mes enfants, ma femme, mes frères et soeurs et tous les parents qui sont ici au Sénégal et qui comptent sur moi. Je ne pouvais pas tout lâcher comme ça. Tous ces facteurs m’ont permis de me transcender et de me faire respecter car j’ai vécu des moments plus difficiles en Afrique. Aujourd’hui, je ne le regrette pas du tout.

Avez-vous atteint votre objectif ?

Non, pas encore, parce que je veux toujours faire plus. Je vais continuer le travail car je suis convaincu que je peux faire encore mieux.

Quelle appréciation faites vous de la 4ème place de Saint-Etienne qui vous ouvre les portes de l’Europa League ?

De toutes les façons, on savait qu’on allait terminer 3ème ou 4ème parce qu’on avait largué Lyon et Marseille. Ce qui nous a permis de se battre pour la 3ème place. Ce n’était pas facile. Mais puisqu’on y est parvenu, c’est tant mieux pour la suite.

Avez-vous envie de quitter Saint-Etienne ?

Tout le monde rêve de jouer en Angleterre, en Allemagne, en Italie et en Espagne. Mais, il faut être patient et attendre les choses se faire d’elles-mêmes. Actuellement, je suis sous contrat avec Saint- Etienne et j’entends aller jusqu’au bout de mon engagement. Je dispose d’un contrat qui court jusqu’en 2017 et là je suis tranquille.

Votre agent ne vous a pas informé de l’intérêt éventuel d’un club ?

Je ne sais pas. Mon agent ne m’a rien dit. Il m’a juste dit de profiter un maximum des vacances pour me ressourcer auprès des mes parents et autres amis et proches.

Savez-vous que les supporters vous réclament en équipe nationale ?

Les Sénégalais me font confiance et me témoignent leur sympathie. Je sais  pertinemment qu’au-delà de mes performances en club, les gens aiment aussi mon comportement dans la vie de tous les jours. C’est  grâce au football qu’on peut bénéficier de tout cela. Je remercie sincèrement les supporters sénégalais de cet élan de sympathie.

Plus d’un an que vous n’êtes plus revenu en sélection. N’êtes-vous pas inquiet de cette absence prolongée ?

Je suis un footballeur disponible. Là, je suis entièrement au service de mon club. Je joue régulièrement et j’en profite aussi. Je ne veux pas parler de l’équipe nationale, mais plutôt de mon club parce qu’aujourd’hui, c’est le plus important pour moi.

Mais vous pensez quand même à un retour en équipe nationale ?

Je ne veux pas me prononcer sur cette question. De toutes les façons, je suis tranquille dans mon coin.

Les Sénégalais veulent savoir le motif de votre absence… 

Je ne sais franchement pas. C’est pour cela que je ne veux pas parler de l’équipe  nationale. Parler de la saison que j’ai faite dans mon club est, pour moi, plus intéressant que de parler de l’équipe nationale.

Quel regard jetez-vous sur le groupe du Sénégal dans les éliminatoires de la CAN-2015 ?

Je pense que le Sénégal va se qualifier. Il y a de bons joueurs en équipe nationale. Le plus important pour tout le monde, c’est de voir le Sénégal se qualifier et gagner la Coupe d’Afrique pour la première  fois. Cela fera plaisir à tout le monde. J’espère que Dieu m’entendra parce que l’équipe nationale a subi plein de déboires dans le passé.

En sélection, les plus jeunes auraient bénéficié de votre expérience vous qui avez disputé deux CAN, en 2008 et 2012 ?

Des conseils, j’en donne toujours. Je suis naturellement comme ça. Les gens qui me côtoient savent que j’aime bien partager mon expérience. Je ne suis pas quelqu’un d’égoïste ou quelqu’un qui ne fait que mentir. Si je sens quelque chose, je le dis en face.

Vous auriez eu un comportement désagréable à Conakry, qui serait à l’origine de votre mise à l’écart de la sélection… 

Moi, je n’aime pas les problèmes. Je suis quelqu’un de calme, toujours tranquille dans mon coin. Franchement, je n’aime pas me bagarrer parce que je suis quelqu’un de nerveux. Il n’y avait rien eu de tout cela en Guinée. À Conakry, je n’ai rien fait qui puisse justifier ma mise à l’écart de la sélection. En tout cas, pas à ma connaissance. J’étais dans mon coin comme tous les autres coéquipiers.

Comment percevez-vous l’avenir de cette équipe du Sénégal ?

Il faut toujours y croire et ne jamais rien lâcher. En tout cas, si on veut gagner quelque chose, il ne faut pas baisser les bras et croire en son potentiel. Malgré les moments difficiles, les gars doivent tenir bon et penser aux millions de Sénégalais qui croient en eux et les soutiennent.

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