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Troisième du championnat derrière les richissimes Paris Saint-Germain et Monaco, Lille est encore le seul club de Ligue 1 à pouvoir prétendre venir titiller l’écurie de la Principauté. Une saison réussie, due à un groupe soudé. Pour Foot Mercato, l’un des nouveaux hommes de base de la formation nordiste, Idrissa Gueye, dresse le bilan de cet exercice côté Dogue.

Foot Mercato : Tout d’abord Idrissa, quel bilan faîtes-vous de votre saison jusque-là ?

Idrissa Gueye : C’est plutôt une bonne saison. On a bien commencé, on a fait une première partie de saison magnifique. On a tout donné, on est toujours troisième, il faut encore tout donner pour espérer décrocher cette troisième place.

FM : Regardez-vous plutôt derrière ou devant ?

IG : On regarde plutôt ce qui se passe devant mais, aussi et surtout, ce qu’on fait, et pas ce que font les autres. Le plus important, c’est d’avancer, de gagner nos matches, et faire la meilleure fin de saison possible. On a la chance d’être troisième, et si on ne veut pas gâcher tout ça il faut regarder devant, être ambitieux.

FM : Avez-vous été surpris de voir l’équipe se hisser à un tel niveau ?

IG : Pas surpris, parce que c’est un travail fait au quotidien avec le nouvel entraîneur et les nouveaux joueurs. On attaque ensemble, on défend ensemble. On a cru en nous, même si ce n’était pas le cas de beaucoup de monde. On était conscient de nos qualités, et à force d’y croire, on a su montrer qu’on était une bonne équipe. Même sans les individualités du PSG et Monaco, on a le groupe qu’il faut.

FM : Comment avez-vous géré le passage de Rudi Garcia à René Girard ?

IG : Ça n’a pas été simple car beaucoup de choses ont changé. Ce ne sont pas les mêmes entraînements, il a fallu s’adapter. Ce coach aime le travail, que les joueurs se mettent le cul par terre. Tout le monde a suivi, et ça nous réussit jusque-là. Il nous a apporté la rigueur défensive, le travail collectif pour que les individualités ressortent ensuite. Il a insisté sur l’aspect collectif, le fait de bien défendre.

FM : Quel match a servi de déclic au groupe ?

IG : Le match nul au Parc des Princes (2-2, le 22 décembre dernier, 19ème journée de L1) a été une confirmation pour nous car, avant, il y avait eu le match à Lyon (0-0, le 28 septembre, 8ème journée de L1), qui a vraiment tout déclenché. Ce match nous a ouvert les yeux, nous a montré qu’on avait le niveau, qu’on avait quelque chose à faire.

FM : À titre personnel, vous êtes devenu indiscutable, avec 31 apparitions pour autant de titularisations en Ligue 1. Comment vous sentez-vous dans cette équipe ?

IG : Je voulais vraiment faire une bonne saison, gagner ma place de titulaire avec le nouvel entraîneur. Il fallait que je gagne ma place, que je montre que je pouvais jouer. Et c’est ce que j’ai fait, durant les entraînements, la préparation. Avoir la confiance du coach fait plaisir, ça permet de travailler plus sereinement, plus tranquillement. On discute, je pense faire une bonne saison.

FM : Dans quels domaines pensez-vous avoir franchi un palier ?

IG : Dans le domaine mental, la maturité, le jeu vers l’avant, la maîtrise du ballon, le fait de faire du jeu, de travailler pour l’équipe, de parler à mes coéquipiers. C’était une année de confirmation pour moi, le coach m’a fait confiance, et ça m’a permis de travailler plus sereinement. Sa confiance s’est forgée naturellement, j’ai compris durant la préparation qu’il comptait sur moi. J’ai vu que, peu importe le système, j’étais dans l’équipe. Et je me mets au service de l’équipe.

FM : Rio Mavuba et Florent Balmont, que vous côtoyez dans l’entrejeu, vous servent-ils d’exemples ?

IG : Ils m’ont toujours servi d’exemple. Avant, je parlais beaucoup avec Yohan Cabaye, qui est un joueur exceptionnel, Benoît Pedretti, Stéphane Dumont. J’ai la chance d’être maintenant avec Rio Mavuba et Florent Balmont, qui parlent beaucoup sur le terrain et en-dehors. Ce sont des exemples à suivre pour moi, ils font une belle carrière. J’ai la chance aussi d’être encadré pas des défenseurs expérimentés, et d’avoir un ami comme Salomon Kalou.

FM : Que pensez-vous justement de Salomon Kalou ?

IG : Il a de l’expérience, il a gagné la Ligue des Champions, il a fait la Coupe du monde. C’est un bon ami, on se retrouve souvent chez lui autour d’un bon repas pour discuter de ce que je dois faire pour progresser. À son arrivée, il a été critiqué, il lui fallait s’adapter. Nous, on s’est côtoyé de plus en plus, on a commencé à aller dans un restaurant africain, à parler. Des fois, je le forçais à rester à l’entraînement pour faire quelques exercices de plus. Il m’a appris des choses, comme moi je peux lui apporter le regard des gens en-dehors du terrain. On s’apporte mutuellement, c’est un plus, il est comme un grand frère pour moi.

FM : Avez-vous un plan de carrière bien défini ?

IG : Non, franchement, je laisse couler. J’essaie de faire ce qu’il faut au jour le jour, après arrivera ce qui arrivera. On verra bien, j’espère simplement poursuivre dans ma progression.

FM : Vous avez prolongé jusqu’en 2018. Votre but est-il de vous inscrire dans la durée à Lille ?

IG : C’est une marque de confiance du club, j’étais super content de prolonger. Après, je ne sais pas si je finirai ces années de contrat. C’est une preuve de confiance, tout simplement.

FM : Vous avez cité des éléments comme Kalou et Cabaye, qui vous inspirent. Ils ont joué en Angleterre. La Premier League, est-ce un championnat qui vous fait rêver ?

IG : Bien sûr, comme pour beaucoup de joueurs de Ligue 1. C’est sûr, la Premier League me fait rêver. Mais pour le moment, je suis au LOSC, je vais essayer de bien finir la saison et après on verra.

FM : Enfin, un mot sur l’académie Diambars, qui vous a formé. Que vous a-t-elle apporté ?

IG : Elle m’a beaucoup apporté. Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à eux, tout ce qu’ils m’ont donné. Je ne les en remercierai jamais assez. Chaque fois que je retourne au Sénégal, je vais voir l’académie, mes potes qui sont là-bas. Je suis toujours en contact avec Jimmy Adjovi-Boco (co-fondateur et directeur général) et Saer Seck (président). Sur mes chaussures, il y a d’ailleurs le logo Diambars. Ça restera pour toujours dans ma vie, ils seront toujours là, quoi qu’il arrive. Je leur dois de représenter l’académie, de donner une bonne image de l’académie.

FM : Souhaitez-vous endosser des responsabilités dans l’académie une fois votre carrière de footballeur terminée ?

IG : Sincèrement, je l’espère. J’en parle avec Jimmy, en rigolant je lui dis que plus tard je lui prendrai sa place au poste de directeur. J’espère vraiment avoir un rôle à jouer au sein de cette académie, je veux leur rendre tout ce qu’ils m’ont donné.

©Footmerccato