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Mbaye-Diouf-Dia

De la préparation de la Coupe d’Afrique U20 que va abriter le Sénégal en 2015 à celle de la Can U17, en passant par les championnats nationaux jeunes, Mbaye Diouf Dia, le chargé des compétitions jeunes au niveau de la Fédération sénégalaise de football, se livre dans cette interview qu’il nous a accordée.

Entretien.

Les Cadets sénégalais viennent de livrer deux matches amicaux contre le Mali. Quelles leçons en tirez-vous ?
La première leçon, c’est qu’on ne se prépare pas seulement en Juniors, parce que nous préparons et accueillons la Coupe d’Afrique, qui est extrêmement important pour nous, mais également en Cadets. Donc, c’est très important de mettre les Cadets dans cette même dynamique, pour qu’ils puissent avoir une même participation que les Juniors. C’est pourquoi nous avons démarré, malheureusement avec les Minimes que nous avons supprimés, car étant obligés de recommencer à zéro, avec les phases régionales, parce que la sélection qui a joué est seulement de Dakar.

Mais, au sortir de ces matchs, l’entraîneur a tout de même eu à s’indigner du manque de préparation de son équipe, alors qu’on est à quatre mois des éliminatoires dont le Sénégal a été exempté du tour préliminaire de juin… 
Non, non ! Je crois qu’on est dans une bonne dynamique. On a été pris au dépourvu par le Mali qui nous a aidés quand on se préparait tant en compétitions majeures qu’en compétitions jeunes. C’est pourquoi nous avions accepté de les recevoir au Sénégal pour une préparation, parce qu’ils voulaient être à Diambars, ensuite ils se sont rabattus sur Dakar. Il nous est arrivé assez souvent d’avoir 99 % de nos éléments constitués des joueurs de Diambars ou d’Aspire qui sont très aguerris. Je donne l’exemple d’Aspire, où nous avons au moins huit joueurs, qui reviennent du Qatar en battant le Real Madrid, Manchester… Si nous complétons par Diambars, Génération Foot et les centres qui sont opérationnels, nous pouvons avoir une bonne équipe, mais nous voulons ratisser très large.

A vous entendre parler, il n’y a donc pas d’inquiétude à se faire quant à la préparation des éliminatoires de la Can Cadets prévus dans quatre mois ?
Non ! En fait, nous sommes en avance sur le planning, parce que nous avions prévu de commencer la préparation au mois d’avril. Les matches contre le Mali nous ont donc permis de gagner quinze jours. Nous venons de lancer les compétitions jeunes au niveau des régions, et je pense que s’ils font quatre à cinq tours, nous y arriverons, car nous avons l’expertise de mettre en place rapidement cette équipe.
La plupart des entraîneurs fustige le fait qu’il n’y ait pas de championnat régulier chez les jeunes qui leur permettrait d’élargir leurs possibilités de choix. C’est quoi le problème ?
Je suis désolé de le dire, mais je pense qu’ils ne devraient pas être au courant de ce qui se passe, parce que cela fait trois ans que nous avons des compétitions jeunes au niveau local. Chaque région organise ses compétitions en Cadets comme en Juniors. Au bout du compte, nous regroupons à Dakar l’ensemble des équipes championnes régionales pour des phases nationales. Nous avons une organisation qui nous permet d’avoir au niveau régional, où la Fédération finance l’ensemble des compétitions, un champion régional, un champion en club, et chaque région maintenant fait une sélection régionale qui va la représenter aux phases nationales. Ce qui n’existe dans aucun pays. La Gambie est championne d’Afrique sans avoir de compétitions jeunes. Nous voulons faire en sorte que les 14 régions puissent être divisées en deux poules, une à Dakar, l’autre à Kaolack ou Mbour.

Quel délai vous êtes-vous fixé pour la mise en place de l’équipe nationale Cadets en vue des éliminatoires ?
Si nous terminons dans un ou deux mois l’ensemble des prospections que nous allons faire au niveau des régions, elle sera en place. Nous avons déjà les cibles, sept à huit Cadets sont surclassés en compétitions séniores en Ligue 1 ou en Ligue 2. Cela veut dire que nous avons déjà une bonne graine. Le reste est d’avoir maintenant un accompagnement régulier. Et là, nous n’avons plus d’excuses : nous avons le complexe, les terrains, l’organisation et les méthodes. Je crois qu’au bout de deux mois, on pourra vous dire exactement les 45 joueurs retenus et leur fait passer les Irm avant que la sélection définitive ne soit mise en place, parce qu’il faut éviter le couac qui nous est arrivé la saison passée. La prochaine fois, nous aurons une trentaine de jeunes avec leur Irm qui seront aptes, indépendamment de certains joueurs que nous pouvons prendre à l’extérieur, parce que nous avons déjà des cibles dans certains clubs européens.

Lesoleil