PARTAGER
Lionceaux
Lionceaux

A quatre mois du démarrage des éliminatoires à la Can U17 prévue au Niger en 2015, l’entraîneur de l’équipe nationale des cadets du Sénégal ne sait toujours pas à quelle équipe se fier. Une situation dont s’inquiète ce dernier. Ce qui n’est pas le cas de la Fédération qui se veut rassurante.
La victoire des « Lionceaux dans la seconde manche de la double confrontation qui les a opposés, la semaine dernière, au Mali a quelque peu rassuré quant aux inquiétudes soulevées par le premier match. Mais, ce succès étriqué des protégés de Dominique Coly n’a, en revanche, pas permis de dissiper tous les nuages qui assombrissent l’avenir de la Tanière. Moins que le résultat, ce sont surtout les péripéties de la préparation des deux matches amicaux contre le voisin malien qui crispent toutes les inquiétudes. Le staff de l’équipe nationale U17 qui, dans sa quête d’un groupe capable de redresser la barre avant de se lancer à la conquête du sésame continental, n’a pu compter que sur une formation régionale pour honorer ce rendez-vous.
Dominique Coly a toutes les raisons de s’inquiéter, car les indicateurs ne sont toujours pas passés au vert. Mais à la Fédération, on ne s’en inquiète pas pour autant. « Nous avions prévu de commencer la préparation au mois d’avril. Les matches contre le Mali nous ont donc permis de gagner quinze jours sur le planning. L’entraîneur des cadets, lui, ne voit pas les choses sous le même angle. « On ne doit pas continuer sur cette voie ; il faut se servir des leçons du passé pour essayer de progresser. Ce n’est pas comme ça qu’on peut prétendre jouer un championnat d’Afrique », s’est offusqué le technicien, sachant qu’au finish, c’est lui qui risque de payer au prix de son poste une élimination de son équipe.

L’irrégularité des compétitions jeunes en question…
Les équipes nationales jeunes se dirigeant vers des mois très chargés, mais les sélectionneurs n’ont toujours pas un programme bien établi. Pas de regroupements, alors que les compétitions jeunes sur lesquelles ils devraient compter pour dégager un effectif viennent à peine de commencer.
Les matches amicaux livrés contre le Mali ont révélé un gouffre important entre les deux formations ; la maîtrise technique des « Aiglons » ayant contrasté fort avec le tâtonnement des « Lionceaux ». « On a compris que pour bâtir une bonne équipe, il faut se préparer tôt. Donc, on a commencé à travailler avec les joueurs depuis deux mois. Un moment, ils sont avec leurs clubs, un autre, ils sont avec nous trois fois par semaine. L’avantage, c’est qu’on parvient à avoir des joueurs en jambes. Je pense que c’est ça qui fait la différence », explique l’entraîneur du Mali, Baye Bâ. Du côté sénégalais, on se garde de se lancer dans une aventure qui risque de provoquer une tension avec les clubs. « C’est assez difficile de le faire maintenant, parce que si les clubs refusent, on n’a aucun pouvoir sur eux. Il faut donc être assez intelligent pour pouvoir trouver la juste mesure », pense Mbaye Diouf Dia. Cependant, une bonne sélection suppose des compétitions régulières pour les jeunes ; ce que regrettent les techniciens obligés de s’appuyer sur les centres de formation pour bâtir leurs équipes. Or, pour Dominique Coly, « normalement, sans championnat de petites catégories, il est impossible, pour un entraîneur, d’avoir une bonne équipe nationale. Au Sénégal, les clubs ne jouent pas des compétitions ; ce qui fait que leurs joueurs n’ont pas de métier. Or, dans le haut niveau, même si on est cadet, c’est le métier qui fait la différence », ajoute Boucounta Cissé. Face aux critiques, la Fédération se défend en évoquant l’organisation, depuis trois ans, de championnats régionaux qui aboutissent par un tournoi national. « Nous avons prévu de faire chaque quinzaine une région. Avec les directeurs techniques départementaux et régionaux, les cibles seront triées et, ensemble, nous allons faire plusieurs matches pour voir une cinquantaine de jeunes qu’on mettra en regroupement », annonce Mbaye Diouf Dia.

Les centres de formation, seule alternative fiable
En effet, face à l’urgence et au handicap du retard dans le démarrage des compétitions jeunes, les techniciens se tournent, depuis quelques années, vers les centres de formation pour survivre. Une stratégie qui a déjà porté ses fruits avec notamment les cadets de 2011. Pour Boucounta Cissé, malgré les critiques de certains dirigeants de clubs, la solution aux maux des équipes nationales jeunes ne peut se trouver ailleurs. « Il faut chercher les joueurs dans les structures. Dès lors qu’on n’a pas le volume de jeu et l’expérience, on n’a pas les capacités, alors que dans les centres de formation, ils ont un programme de compétition. Ils font des tournées internationales pour aguerrir les garçons », indique le coach qui avait bâti son équipe sur le socle d’Aspire. Une chance que compte bien saisir Dominique Coly, même si l’entraîneur des cadets pense que « ce raccourci pour colmater les brèches n’est pas la logique que devrait suivre la mise en place d’une équipe nationale ».

 

Lesoleil