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La Linguère est encore loin du peloton de tête, mais c’est pour leur survie que les Saint-Louisiens s’inquiètent. Premiers non relégables au classement de Ligue 1 avec deux points d’avance seulement sur Niarry Tally, premier relégable, les Nordistes mettent en garde contre toute panique.
Certes, le titre n’a jamais été une obsession pour Boucounta Cissé, mais l’entraîneur de la Linguère n’aurait jamais craché dessus ; ce qu’il n’a d’ailleurs jamais caché, lui qui a toujours affirmé à qui veut l’entendre que son équipe ne se priverait jamais de bouleverser la hiérarchie si l’occasion se présentait. Après avoir terminé à la septième place la saison dernière, l’ancien entraîneur de l’équipe nationale Cadets avait toutes les raisons de regarder l’avenir avec un appétit de lion affamé. Mais, c’est surtout le charme de son effectif qui incarnait cet optimisme indestructible qui, à un moment donné, a hissé le rêve de sacre au-delà des limites fixées à une équipe sans grande expérience. Cependant, les choses ne se passent pas toujours comme on l’aurait souhaité. Et quand le rêve génial prend les contours d’un cauchemar satanique, la chute risque d’être terrible, comme cette spirale de galère qui ne cesse plus de hanter le sommeil des supporters nordistes depuis le début de la saison. Loin des prévisions de son entraîneur, la Linguère nage dans les profondeurs d’une crispante Ligue 1 où les dés sont encore loin d’être jetés.
12e avec seulement deux points d’avance sur le premier relégable, Niarry Tally, la Linguère continue de flirter dangereusement avec la zone rouge. Une situation qui brouille l’horizon après avoir chassé l’illusion d’un sacre qui nourrissait un coin de l’esprit de l’entraîneur. Alors que les choses paraissent de plus en plus inquiétantes, Boucounta Cissé les regarde d’un autre œil. « Il n’y a rien d’inquiétant, parce que, de toutes les façons, nous nous tenons les uns les autres. Je pense qu’une ou deux victoires nous fera remonter la pente », indique le technicien. Si la clairvoyance des chiffres du coach nordiste s’oriente vers le haut du classement, il n’en demeure pas moins qu’à l’inverse, une défaite suffit à plonger son équipe dans la zone prohibée.
Les joueurs en sont bien conscients, comme ils le sont de l’état critique de la situation dans laquelle ils se trouvent. Donc, plus de place au doute, au risque de se faire emporter par la vague destructrice qui échoue à l’infernale Ligue 2. « La situation que nous vivons est un peu difficile, mais ça fait partie du football. En football, on n’est pas toujours récompensé de ses efforts. On a fait tout ce qu’il faut, mais les dieux du football décident parfois autrement. Néanmoins, ce n’est pas le moment de lâcher ou de paniquer, parce que le championnat est un peu serré. Les équipes se tiennent à trois six points, celle qui remporte deux victoires se rapproche du leader, donc ce n’est pas le moment de douter », exhorte le défenseur central, Samba Guèye.
Toutefois, les coéquipiers de Mamadou Aly Diouf savent pour autant que le temps ne joue pas en leur faveur. A onze journées de la fin du championnat, le pire n’est pas une issue incontestable. Pour rester à flot, il va bien falloir se montrer plus convaincant qu’ils ne l’ont été jusqu’ici. « Pour s’en sortir, il faut qu’on arrive à gagner nos matches à domicile et faire tout pour éviter de perdre le maximum de rencontre à l’extérieur, parce qu’une équipe qui veut gagner le championnat doit savoir gagner des matches à l’extérieur, en plus d’être intraitable à domicile », pense Samba Guèye. Plus facile à dire certes, mais la Linguère y croit plus que jamais.

 

Lesoleil