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Arbitres
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Le Sénégal, à l’image des autres pays de la planète foot, s’est penché tout dernièrement sur les dernières modifications des textes de la Fifa régissant l’arbitrage.  C’était au cours d’un séminaire organisé à Thiès, du 26 et 30 décembre dernier.

La rencontre de Thiès a réuni une trentaine de participants dont beaucoup d’experts et des instructeurs locaux qui ont récemment participé au séminaire de la Fifa de Djibouti. On peut citer : Fatou Gaye, Oumar Diop et Mademba Mbacké du Sénégal, mais également le Malien Sidi Békaye Magassa et le Marocain Yahya Hadka.
Durant cinq jours, les arbitres ont pu échanger sur les amendements portant sur les lois 11 (Hors-jeu), 12 (Fautes et comportements antisportifs) et 14 (Coup de pied de réparation) de l’arbitrage. A l’image des années précédentes, la loi 11 portant sur les règles du hors-jeu a été une fois de plus débattue, avec les toutes nouvelles dispositions (voir encadré).
«C’est une loi revisitée, si je peux dire, presque chaque année. Alors qu’il y a d’autres qui ne sont pas touchées depuis presque 20, 30 voire 50 ans. Elle semble être une vraie nébuleuse aussi bien pour les arbitres, les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs», souligne, au bout du fil, le président de la Commission centrale des arbitres (Cca), Amadou François Guèye.
Face à l’évolution rapide de la discipline au fil des années, mais également du spectacle offert au grand bonheur des sponsors, l’instance internationale veut un arbitrage fondé sur le même rythme. «Il y a trois termes qui étaient utilisés : intervenir, interférer et influencer dans le jeu. Ce sont des termes que les arbitres, comme le public, commençaient à maîtriser. Il peut y avoir d’autres changements avec ces mêmes mots. D’où le sens de ce séminaire vulgarisé à travers tout le continent».

La faute de main, un vrai problème
Mieux encore, souligne M. Guèye, «c’est sur la faute de main où il y a un véritable problème. Quand est-ce qu’elle est volontaire, involontaire, délibérée ?», s’interroge le patron des arbitres. Qui argumente : «Le joueur qui se protège avec le bras sur un coup de pied arrêté, il est souvent considéré comme fautif, alors que c’est naturel chez l’humain. Même au niveau de la Fifa, on discute toujours.»
Sous ce rapport, les «hommes en noir» se retrouvent souvent face à des situations d’appréciations difficiles. Ce qui, de l’avis de M. Guèye, «pousse en fin de compte, l’arbitre à devenir juge et partie. Il ne doit pas apprécier quand il s’agit d’exécuter une loi. La loi, c’est la loi», tranche-t-il. Avant de poursuivre : «Aujourd’hui, l’arbitre a trois situations pour analyser rapidement s’il y a faute ou pas. A savoir : est-ce que la faute est commise par imprudence, avec témérité ou par excès d’engagement ? Et automatiquement, il doit prendre une décision et appliquer la loi», explique M. Guèye.

«Pour le penalty : si la feinte est permise, la tromperie ne l’est pas»
Concernant la loi 14, il n’y a pas eu de véritables changements. «Il a beaucoup plus été question de rappeler aux arbitres le sens de le tricherie ou de la tromperie pour le joueur qui exécute le pénalty. Il y a souvent un problème entre la feinte et tromperie. Si la feinte est permise, la tromperie ne l’est pas», décortique le président de la Cca. Néanmoins, M. Guèye qui s’est réjouit de la qualité des travaux, avec beaucoup d’échanges avec les experts de la Fifa, entend «démultiplier tous les changements notés durant ce séminaire, au niveau local où on retrouve 2 000 arbitres.» D’ailleurs, les nouvelles règles sur l’arbitrage ne devraient pas être appliquées pour la présente saison sur le plan national. «Il n’y avait que 30 participants sur le nombre d’arbitres que nous avons. Le temps de démultiplier les amendements dans les régions, il sera difficile de les appliquer», souligne-t-il. Même si Amadou François Guèye précise que sur le plan international, «nos arbitres internationaux ont fait plusieurs séminaires et ont déjà commencé à l’appliquer.»

Nouveau règlement de l’Uefa : La règle du hors-jeu rendue plus compliquée
La Commission centrale des arbitres (Cca) de l’Uefa, dirigée par Robert Jeurissen, a dévoilé aux clubs de Première division et à la presse les modifications du règlement en matière d’arbitrage pour la saison 2013-2014. Une modification de la règle du hors-jeu qui a soulevé le débat. La Cca et son président, Robert Jeurissen, se sont servis de quelques vidéos de phases bien précises pour illustrer les modifications du règlement décidées par l’Uefa.
Désormais, un joueur en position de hors-jeu à qui une passe en profondeur est adressée n’est plus signalé hors-jeu s’il est situé à plus d’un mètre et 50 centimètres du défenseur. Car l’Uefa estime que l’attaquant ne dispute pas le ballon au défenseur, et peu importe si celui-ci rate son intervention car il sent l’attaquant prêt à plonger dans son dos malgré sa position de hors-jeu. «Que la balle lui soit adressée ou non ne compte pas», selon l’Uefa.
Pour le reste, un joueur est jugé en position de hors-jeu quand, derrière la défense au moment auquel le ballon lui est adressé, il dispute le ballon à son adversaire, il profite d’un ballon malencontreusement dévié par un défenseur ou d’un arrêt du gardien qui lui permettrait de récupérer le ballon. En revanche, si une passe à un joueur en position hors-jeu est jouée délibérément par le défenseur mais qu’elle profite tout de même à l’attaquant, ce dernier ne sera pas signalé en position fautive.

 

Lequotidien