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C’est la terrible histoire du professionnalisme. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Diambars a bâti des carrières dans les stades et en dehors, mais la success story cache des échecs et des rêves brisés sur fond de drames. Depuis dix ans que le centre a commencé à fonctionner, une vingtaine de joueurs ont eu être remerciés. Tous n’ont pas connu le sort d’un Ibrahima Seck (Suisse) ou d’un Ibrahima Sarr (Tunisie) qui ont réussi à rebondir par eux-mêmes et à trouver des contrats professionnels. Waa Sports est allé à la rencontre de ceux à qui Diambars n’a pas souri. Amers, déçus, certains parlent de vie brisée.

SANA DIBA – ATTAQUANT

«Diambars m’a détruit»

«C’est une grande déception de quitter un club qui t’a formé pendant 8 ans. Je ne m’attendais pas à voir un jour Diambars me libérer. Je fais partie de la première génération de cet institut. Mon malheur a commencé quand je me suis blessé aux muscles pendant deux ans et demi.  Je suis d’autant plus malheureux que je n’étudiais pas normalement à cause de ma blessure.

«Nous étions en vacances quand le directeur technique du centre, Moussa Camara, m’a appelé pour me dire que si je reviens à l’institut je vienne avec mes parents. C’est à la rentrée, cette année, qu’on m’a libéré devant mon père. Je prends cet acte comme de l’abandon. Ils (les dirigeants) ont agi de la sorte pour faire venir les nouveaux (Ndlr : les recrues).

«Mes parents avaient de l’espoir en moi. Depuis mon exclusion, mes relations avec mon père ne sont plus comme avant. Il est déçu. Il ne s’attendait pas à ce que son fils qui a passé huit ans dans un centre de football passe à côté de son objectif. En plus, quand il part travailler, ses collègues lui demandent :«Et ton fils qui est à Diambars . Il n’est toujours pas en voyage ?» Cela fait mal. Ils m’ont détruit et mes parents aussi. Je n’ai plus envie de jouer au football. Dans mon quartier,  les gens s’étonnent du fait que Diambars m’ait remercié».

OMAR MBALLO – LATERAL GAUCHE

«Saër Seck devait nous affronter»

«La manière dont on nous a annoncé notre libération n’est pas sérieuse. On ne méritait pas ce traitement. Certes, ils (les dirigeants de Diambars) ont le droit de libérer des joueurs, mais la moindre des choses est de nous avertir. Saër Seck (le président) devait être présent et nous affronter. Mais ils ont attendu qu’il parte en France pour le faire.

«C’est le Directeur technique (Moussa Camara) et Madame Gadiaga qui se chargeaient de ce travail. Je ne sais pas pourquoi on m’a libéré, même si je suis blessé depuis deux ans. Ils avaient commencé à me soigner, mais après ils ont arrêté puis m’ont demandé de quitter le centre.

«Je regrette vraiment d’être venu à Diambars car je devais aller en France après avoir réussi des tests. Malgré tout j’ai décidé de rester dans l’Institut. Ma mère ne voulait pas que j’intègre ce centre puisque je devais aller en France. Elle s’est disputée avec les dirigeants de Diambars.

«Je vis une profonde déception d’avoir perdu beaucoup de temps pour rien. Je suis resté à Diambars de 2006 jusqu’à 2011. Depuis que j’ai quitté les dirigeants ne m’ont jamais appelé. Et pourtant j’ai vécu 6 ans avec eux. C’est difficile, ma famille misait tout sur moi».

MODOU CISS – DEFENSEUR

«Ils nous avaient promis qu’on irait en Europe»

«Quand je suis arrivé à Diambars, on avait dit à mes parents qu’on allait faire 5 ans de formation. Durant cette période, il fallait que je réussisse dans le football ou dans les études. En 2012, quand on me libérait devant mes parents, ils (les dirigeants) avaient fait des promesses. Nous étions 18 joueurs. On nous a demandé à chacun où est-ce qu’on voulait aller en Europe, pour nous aider à réussir dans d’autres branches comme ils l’ont fait avec Sileymane Aly Ly. J’avais choisi la France ou l’Espagne où j’ai de la famille. Mais rien, depuis lors.

«J’ai appelé Saer Seck un jour, il m’a donné un rendez-vous chez lui. J’y suis allé et Il m’a fait savoir qu’effectivement on allait voyager, mais que c’était à lui de choisir le pays de destination. J’étais d’accord. Quelques jours après je l’appelle, sans succès. C’est après que je suis allé au Maroc. J’ai fait des tests dans plusieurs clubs, mais je n’ai pas réussi. Diambars garde toujours mes papiers et les clubs ne voulaient pas prendre de risque de prendre un joueur qui n’a pas de papiers.

«Je me sens sacrifié. Je suis un élément de ce centre depuis 2004. Dans mon quartier (Ndlr : Yarakh), nous étions trois joueurs de Diambars Ousmane Mané, Thiabou et moi. J’étais un tailleur avant d’aller à Diambars. Actuellement je continue d’exercer mon métier tout en faisant mes entrainements car je sais tôt au tard je vais réussir dans le football.»

MAME BAKARY DIOP – LATERAL DROIT

«On m’a zappé après la montée»

«Je fais parti des joueurs qui ont fait monter cette équipe en Ligue 1 en 2011. Mais le coach Boubacar Gadiaga ne m’a pas retenu dans son groupe de performance. En 2011 ont m’a libéré et je suis rentré chez moi à Diourbel. Cette année joue avec la Suneor».

 

Waasport