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suneor

Bâtir un club de dimension nationale voire internationale dans trois ans, c’est le défi qu’Omar Samb et ses amis de la direction de la Suneor se sont fixé. Mais, à peine de retour parmi l’élite après une galère de cinq ans en division inférieure, les Huiliers ne veulent pas bruler les étapes.
Reléguée en Division 2 en 2008, à la veille de l’entrée en vigueur du professionnalisme au Sénégal, l’Asc Sunéor retrouve l’élite cette saison. Soit cinq ans de galère pour un club qui a marqué le football sénégalais dans les années 1980. Et pour leur retour dans l’élite, « l’objectif, c’est de bâtir sur les deux prochaines années une équipe compétitive d’un certain niveau pour la région de Diourbel. Heureusement, dès sa première saison, l’entraîneur actuel, Al Ousseynou Sène, nous a fait accéder en Ligue 1 », se réjouit Omar Samb, le président du club du Baol qui peut désormais se permettre de revoir ses ambitions à la hausse. En effet, avec les forces en présence, M. Samb maintient son ambition de « monter une grande équipe de niveau national et même international ». Pour y parvenir, les dirigeants du club des Huiliers sont « en train de travailler sur un plan triennal qui devrait déboucher sur la mise en place d’une équipe de dimension internationale. Les changements majeurs que nous allons apporter par rapport à l’année dernière, c’est rendre le groupe encore plus professionnel du point de vue des équipements notamment, mais aussi du côté de l’encadrement technique et renforcer le staff en recrutant un entraîneur de gardiens de but », révèle le président de la Suneor qui promet aussi d’être encore plus regardant du côté de l’hygiène de ses troupes. En effet, il promet « de s’occuper davantage de la diététique des joueurs en y mettant un aspect particulier. S’ils sont pris en charge du point de vue de l’hébergement et de la restauration, on va mettre un accent plus particulier sur la diététique d’un sportif ». Il reconnaît que « cela demande énormément de moyens », mais ils ont « reçu l’onction de la Direction générale (de la Suneor) qui s’est engagée à (les) accompagner et a demandé d’avoir de l’ambition pour l’équipe ».

 Nouveau départ !
A la présidence du club depuis trois ans, Omar Samb se donne l’ambition de « faire revivre aux populations du Baol les émotions qu’elles avaient au temps de la grande équipe de la Seib des Karim Sèye, Lamine Ndiaye, Félix Gomis, etc. Aujourd’hui, l’équipe redevient attractive parce qu’elle est en train d’attirer des joueurs reconnus et connus au Sénégal de par leur compétence et leur professionnalisme ». Fort de ce constat, il « peut dire que nous sommes en train de tracer une voie qui peut nous mener vers l’ambition que nous avons ». Et pour expliquer le flop connu durant ces cinq ans, M. Samb pense que « la vie de manière générale, c’est un cycle ». Il trouve qu’il est « bon, à un certain, qu’une équipe se régénère complètement. Et cela permet de rebondir, parce qu’il n’y a pas eu de changement notoire au niveau du club. Et à un certain moment, on s’installe dans une routine. Quand on a tout gagné, on a plus des challenges. C’est ce qui explique que l’équipe ait perdu un peu de sa verve. Mais depuis quatre ans, il y a une nouvelle équipe qui a réussi à faire monter l’équipe en Ligue 1 et a rendu l’environnement beaucoup plus professionnel. Evidemment, nous ferons notre temps et nous allons partir et céder la place à d’autres. Je pense que nous travaillons à installer un management rigoureux et fort qui pourrait nous permettre de sortir et de faire de la supervision pour nos successeurs ».

Un budget de 70 millions de FCfa
Pour réaliser son ambition de jouer à nouveau les premiers rôles sur la scène nationale et même au-delà, il faut des moyens conséquents. Le président Omar Samb en est bien conscient. Il lui faudra « un minimum de 70 millions de FCfa » pour cette saison. Et il peut compter sur l’appui de la Direction du la Suneor qui est « prête à s’engager avec nous », rassure le premier responsable administratif du club du Baol. En fait, sur ce chapitre, M. Samb précise qu’ils n’ont pas de « limite budgétaire, mais nous avons au moins un minimum de 70 millions qui nous est garanti par la Direction ». Les moyens du maintien assurés par la Direction générale de la Suneor, reste à présent le soutien populaire, autre source de motivation, dont le club a besoin. Et sur ce plan, M. Samb se veut aussi rassurant. C’est, en fait, « une approche entamée ces deux dernières années parce que nous nous rendions compte que nous avions une bonne équipe, mais qu’il n’y avait pas ce public derrière qui poussait pour permettre à l’équipe de puiser dans ses dernières retranchements. Nous faisions de petites esquisses d’animation. Et c’est depuis l’année dernière que nous avons mis en place une commission féminine qui est très dynamique. Elle regroupe des jeunes filles et même des garçons qui ont sensibilisé la population, aidés en cela par la presse locale (de Diourbel) qui, à travers des émissions, a lancé des appels réguliers au public en le sensibilisant à venir appuyer l’équipe. Et depuis lors, nous avons senti l’apport du public. Cette année, nous travaillerons davantage pour élargir cette base affective qui avait commencé à prendre forme en mettant en place un dispositif assez délocalisé à travers les différents quartiers et au niveau des différents départements de la région de Diourbel ».
Omar Samb et son équipe ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils sont, en effet « en train de prendre contact avec les « Baol Baol » qui sont dans d’autres régions pour avoir, à l’instar de ce qui se fait au Casa Sports, des cellules de supporters au niveau de chaque région. Quand l’équipe se déplace, qu’il y ait au moins un comité de supporters pour l’accueillir. Nous sommes donc conscients que c’est un élément fondamental pour rendre une équipe compétitive et nous travaillons à ce que cela soit maintenu et renforcé dans les années à venir ».

Restaurer le patrimoine du club
Dans la quête des moyens pour accompagner le club, la restauration du mini club du club est d’actualité. Ouvert pendant l’épopée glorieuse de la Seib, le mini club a perdu aujourd’hui de sa superbe. Il ressemble à un domicile abandonné. Outre les locaux, des terrains de tennis, un court de pétanque et une piscine complètent le décor. Des infrastructures dans un état lamentable. Mais le président Samb rassure qu’ils vont « travailler à restaurer le mini club dans un délai très court pour, au moins, en faire un réceptacle pour nos hôtes, mais aussi et surtout un lieu qui pourra nous générer des recettes … ». Ce d’autant plus que le mini club est « remis maintenant à la disposition du club », poursuit-il. En plus de ce local qu’ils entendent restaurer, les dirigeants du club ont aussi « l’intention d’aménager le terrain de la cité ouvrière cette année pour permettre à l’équipe de s’y entraîner », promet le président du club. M. Samb voit plus loin. En effet, « trouver des partenariats avec de grands clubs ou dans les pays du Golfe » serait son autre défi afin de réaliser son rêve de devenir un club de dimension internationale. Et s’il écarte l’idée de suivre l’exemple de Diambars, il s’inscrit cependant dans la dynamique de se doter d’un « centre de formation ou, au moins, d’une académie plus tard ». Mais, pour le moment, « l’ambition que nous avons, c’est développer le football au niveau de la région et cela nécessite évidemment des moyens importants et des infrastructures », conclut-il.

 

Lesoleil