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Le défenseur des Girondins est revenu à son meilleur niveau depuis trois matches. Le fruit, il le reconnaît, d’une remise en question personnelle.

Le changement le plus évident chez les Girondins depuis trois matches ? Ils n’encaissent plus de but.La récompense d’un état d’esprit beaucoup plus solidaire, comme le reconnaissait Julien Faubert après les victoires à dix contre onze, à Guingamp mercredi et contre Lille il y a deux jours. « C’est le genre de matches qu’on aurait perdu ou au cours desquels on aurait concédé le nul. »

Mais aussi le résultat du retour à leur meilleur niveau des « cadres » de la défense. En particulier de la charnière centrale Carlos Henrique – Lamine Sané. Dimanche, le Brésilien et le Franco-Sénégalais ont supporté une grande partie de la pression dans la dernière demi-heure quand Lille a multiplié les grands ballons aériens dans la surface de réparation.

C’était le plan imaginé par leur entraîneur Francis Gillot qui avait choisi de faire l’impasse du pressing de la relance de la défense centrale adverse pour mieux se concentrer sur le milieu de terrain pour ensuite compter sur l’impact athlétique de ses deux « gaillards ». Ceux-ci ont parfaitement répondu à l’attente, en particulier Sané auteur de 28 interceptions après les 29 de Guingamp sans commettre la moindre faute.

« On a posé nos c… sur le terrain », résumait-il virilement après la rencontre, traçant en quelques mots une trajectoire inversée. « On n’était pas au mieux en début de saison, moi le premier. On a été solidaires, on a retrouvé un bon état d’esprit ».

Secoué par Gillot

Joueur de champ le plus utilisé de l’effectif (21 titularisations en 23 matches, 2 buts), Lamine est le baromètre d’une équipe bordelaise qui ne donnait pas sa pleine mesure.

Privé du déplacement à Toulouse (2e journée) par Francis Gillot pour un retard à l’entraînement, le Lormontais a été sévèrement averti par son entraîneur après une défaite en Ligue Europa à Nicosie où il avait certes égalisé de la tête mais aussi été « de tous les mauvais coups » selon son entraîneur qui l’avait durement remis en place quelques heures plus tard devant la presse. « Ses qualités de footballeur ne sont pas remises en cause, mais c’est une question de concentration et de réflexion. Il le sait, on lui répète et malheureusement, parfois, il a des absences. Il ne faudrait pas que ça dure. Sa polyvalence (défenseur ou milieu NDLR) le sert mais jusqu’à quand ? À voir… Mais c’est vrai que si tout le monde est opérationnel, c’est un garçon qui peut se retrouver sur le banc à un moment ou un autre. Aujourd’hui, il faut qu’il se méfie. »

Sané n’a pas aimé la forme : « C’était normal qu’il me remette en question mais j’ai été déçu qu’il le dise publiquement ». Il a compris le message. « Je me suis posé les bonnes questions ». Lesquelles ? « Je les garde pour moi », élude-t-il. Sûrement a-t-il dû faire le deuil d’un transfert longtemps annoncé puis finalement avorté à West Ham, vers ce championnat anglais qui le fait tant rêver.

Mais le plus important pour les Girondins, est qu’il se soit recentré sur le jeu : « J’ai eu des discussions avec ma famille et mon entourage ». Aujourd’hui, il veut croire que cette mauvaise période est derrière lui : « J’ai eu un petit creux mais je savais que ça allait revenir ». À l’image de Bordeaux en somme, qui ne peut se permettre le moindre relâchement au risque de rentrer dans le rang.