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Le Stade Léopold Sédar Senghor (Lss), jadis le fleuron du sport sénégalais,  se meurt tout doucement. De la porte principale jusqu’à la pelouse, en passant par les gradins, la toiture et les toilettes, sans oublier la peinture et l’éclairage, tout est en ruine. Une visite sur les locaux, ce week-end, a permis de constater le décor triste de l’état de dégradation avancée qu’offre cette infrastructure sportive suspendue pour une année par la CAF.

Juste à l’entrée du stade Léopold Sédar, l’état du portail et des guichets, renseignent au visiteur que le spectacle n’offre rien de beau à l’intérieur. En effet toutes les portes sont en état de rouille très avancé. Même décor au niveau des guichets, qui n’ont plus de vitrines, avec des claustras prêts à offrir gratuitement le tétanos si toutefois quelqu’un s’aventurait à s’y frotter.  Pour avoir accès à l’intérieur du stade, il faut montrer patte blanche. Cependant, la carte de presse vous ouvre grandement les portes du grand stade multisports. Silence de cimetière dans le hall d’entrée. Les occupants des lieux étaient tous rentrés. C’était en effet,  le week-end, nous rappelle une dame qui s’apprêtait à son tour à partir.  La bonne dame nous demande de revenir le lundi pour avoir la chance de rencontrer le directeur.

Gradins vétustes

Nous décidons, toutefois, de faire un tour dans les gradins, qui ont une contenance de 60000 places. La porte N° 24 nous accueille avec sa vétusté sans précédent. L’état de la porte informe à l’avance que rien n’augurait de bon. Cette porte nous  mène directement dans la tribune couverte, l’une des 5 catégories de tribunes que compte le stade LSS. Faudrait t-il parler de ‘’Tribune découverte’’ ? Rien n’est en effet n’est couvert, car la toiture est totalement endommagée. De grandes ouvertures au niveau de la toiture laissent béante les gradins. Cette passoire, pour ne pas dire toiture, est soutenue par un fer rouillé qui menace de céder à tout moment.

Autre aspect  frappant, les sièges vieillissants, qui ne répondent pas aux tests de modernité. Ces sièges de fortune, mis au niveau des places à l’annexe loge et tribune couverte du stade n’ont rien de confortables. L’usure du temps ne s’est pas juste limitée aux sièges et à la toiture. La dalle faisant office de banc au niveau de la tribune découverte présente des fissures inquiétantes. Il ne faut même plus parler de peinture car il n’y en a quasiment plus. Le temps a fait son effet dévastateur et a porté aux murs un terrible coup de vieillesse.

Un regard sur la pelouse offre un spectacle désolant. Certes le gazon a poussé, car arrosé régulièrement, mais l’aire de jeux est truffée de crevasses à tuer le beau jeu. Un petit tour dans les quelques sanitaires ouverts aux sportifs qui fréquentent les lieux  informe de la  vétusté des toilettes qui sont parfois même inopérantes et sans eau.

Un sanctuaire pour les oiseaux

La suspension du stade LSS, de toutes compétitions officielles, n’a pas fait que des malheureux. On pourrait facilement confondre la tribune couverte à un abri pour les oiseaux.  En effet, les volatiles ont élu domicile au niveau de la toiture du stade. Le sol et les sièges sont ainsi tous couverts de crottes d’oiseaux. On se croirait sous un arbre qui abrite une colonie d’oiseaux. Les occupants des lieux ont profité de l’accalmie qui règne dans le stade, inactif depuis une année, pour créer des nids. Un vrai sanctuaire pour le repos et la reproduction des volatiles.

 

SudQuotidien