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Ancien attaquant, notamment à Beauvais sous la férule du regretté Bruno Metsu, Étienne Mendy a également évolué à St Etienne, Sochaux, Caen et Nîmes. Joint en France par téléphone, il évoque ses relations avec Metsu, la prochaine sortie des Lions au Maroc. Entretien

Étienne, comment appréhendezvous le match Sénégal / Côte d’Ivoire, comptant pour le match retour en barrages du Mondial 2014 ?

C’est un match de 90 minutes, la première période a été jouée, il reste l’autre mi-temps. Je pense qu’il y a de l’espoir et il faut que les joueurs partent au Maroc avec cet état d’esprit. Seulement, il ne faut pas que les gosses jouent comme ils l’ont fait au match aller en Côte d’Ivoire. Le niveau doit être relevé, et qu’ils se donnent à 300%, ils doivent aller jusqu’au bout. Vous savez, avec les Ivoiriens, il faut créer de la folie pour les perturber. Il ne faut pas leur donner le temps de jouer, ce sont des joueurs expérimentés et savent comment gérer un match de haut niveau.

D’aucuns pensent que les joueurs sénégalais ont trop de respect pour la bande à Didier Drogba, partagez-vous cet avis ?

Vous savez, on a de jeunes joueurs qui, il n’y a pas longtemps, regardaient à la télé les Didier Drogba, Yaya Touré, etc. Or, en football, il n’y a pas de politesse, il faut se donner à fond et ne pas être complexé. C’est la seule manière de s’en sortir. Et puis, pourquoi être complexé ? L’année dernière, lors des éliminatoires de la CAN 2012, ils ont marqué deux buts et mené au score, c’est un signal fort. Et cela veut dire que c’est possible. Qu’ils aillent au Maroc avec un mental fort, qu’ils affrontent les Ivoiriens. Ils ne doivent pas reculer.

Étienne, vous êtes le Sénégalais à avoir invité Bruno Metsu au Sénégal pour la première fois ? Que retenez-vous de l’homme ?

C’est vrai, j’ai d’abord joué avec Bruno à Beauvais avant qu’il ne devienne mon entraîneur. Il m’a aidé à aller jouer à St Étienne. C’est ainsi qu’on a entretenu de bons rapports. Son premier séjour au Sénégal s’est fait avec moi, je l’ai invité à Dakar, on était à Front De Terre. À l’époque, il cherchait du travail et je me suis entretenu avec Pape Diouf, ancien président de Marseille, pour qu’il le recommande à El Hadj Malick Sy «Souris». Les choses se sont très bien passées, le reste, vous le savez. Il
n’a pas failli à sa mission de hisser le Sénégal au plus haut niveau du football. C’est une fierté, on n’oubliera jamais les bons moments passés avec lui. J’ai perdu un ami et frère. Il est irremplaçable. Je m’incline devant sa mémoire et prie pour le repos de son âme. Aujourd’hui, il nous laisse ses enfants, il faudra en prendre soin.

 

Stades