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Papiss Cissé a traversé la rencontre à Abidjan (3-1) en touchant très peu de ballons. Le genre de match qu’un attaquant a l’habitude de jouer mais qu’il déteste. Pourtant, Alain Giresse l’a laissé sur la pelouse jusqu’à la 96ème minute et cette reprise du gauche sur un ballon qui trainait dans la surface des Éléphants. Pour Papiss Cissé, il faudra que les Lions montrent un tout autre visage à Casablanca dans trois semaines, s’ils veulent espérer rallier le Brésil. Entretien

Papiss, comment sort-on d’une rencontre pareille ?

Forcément de la déception. Mais on a encore une chance. Ce but que l’on a marqué va nous faire du bien. Mais après avoir encaissé trois buts face à une équipe pareille, le match retour ne sera pas simple. Nous sommes passés à côté durant les 45 premières minutes. Plus que les Ivoiriens, nous sommes responsables de notre défaite. Dès l’entame du match, on n’était pas là. Il faut se dire les vérités. Pourquoi ? Je ne sais pas. Chacun s’est préparé en groupe, comme il le faut et individuellement aussi. Il faut prendre ces matches là au sérieux. Ils ont joué sur leur expérience et ça nous a coûté cher. On a essayé de se rattraper en début de seconde période mais on prend ce but d’entrée. C’est devenu compliqué par la suite.

Les erreurs de l’année passée n’ont pas été retenues ? 

Je le pense. On n’a pas retenu la leçon. On avait pourtant répété qu’il fallait être solide derrière et au milieu et que devant, il fallait se battre. Après, de moi jusqu’au gardien de but, on n’a pas fait ce qu’il fallait.

Et votre but en fin de match vous permet encore de croire à une qualification pour la Coupe du monde, car à 3-0…

Oui, à 3-0, on aurait dit «bye bye» (au Mondial) mais là, comme on a marqué une fois, on peut dire que l’on a nos chances. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut le montrer sur le terrain. Ça va être très dur, il va falloir un exploit du Sénégal. Ce ne sera pas simple mais il faut aller le chercher. Car une Coupe du monde, ça se mérite. Il faut se donner à fond, à 200%. Et si ce sont eux qui y vont, ce sera comme ça, mais il ne faudra pas avoir de regrets.

Ce but encaissé à la dernière seconde a semblé vraiment ennuyer les ivoiriens. Ils étaient déçus ?

Peut-être. Un peu. Mais Dieu sait que nous sommes tombés sur une grande équipe. Il ne faut pas se voiler la face. Il y avait beaucoup d’expérience en face et nous beaucoup de jeunesse. On verra. Il faudra montrer les atouts de cette jeunesse au match retour, faire un match plein. Leur montrer que nous aussi, nous voulons aller en Coupe du monde.

Que vous faudra-t-il faire au match retour, attaquer fort, comme eux l’ont fait?

Ils n’ont pas attaqué le match tambours battants. Ils ont juste marqué des buts grâce à nos pertes de balles. A 2-0 après un quart d’heure de jeu, ce n’était plus la même musique. Non, il ne faudra pas se jeter dans la gueule du loup. Il faudra le jouer comme tous les matchs. Avec beaucoup de rigueur défensive, de la présence au milieu du terrain et concrétiser en attaque. Il faudra bien intégrer ces trois critères-là. On va bosser dans nos clubs et on verra. Même si le match va vite arriver.

Vous faudra-t-il vous appuyer sur ce que vous avez montré en seconde période à Abidjan, où vous avez été meilleurs ?

Oui, on a été bien meilleurs. On a gagné beaucoup de duels. Beaucoup de nos ballons sont passés sur les côtés. Sadio (Mané) a apporté de la vivacité sur les côtés et des ballons dans l’axe, ce qui a fait du bien. Non, il faut juste dire que ce match, on l’a joué ensemble et perdu ensemble.

 

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