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Il a eu du mal à digérer la défaite que l’équipe du Sénégal, a ramenée du Felicia, le 12 octobre dernier. Mais Sadio Mané est résolument tourné vers la manche retour. Le sociétaire de Red Bull Salzburg pense que pour venir à bout des Éléphants, il faudra jouer à fond. Entretien

Sadio, vous devez nourrir des regrets au sortir d’une défaite comme celle que vous avez enregistrée face à la Côte d’Ivoire ?

Bien sûr qu’on en est sorti avec plein de regrets. C’est un match que l’on ne devait pas perdre avec un score aussi lourd que 3-1. Si les Ivoiriens avaient gagné avec la manière, ça serait compréhensible. Mais ils n’ont pas produit un jeu qui pouvait désorganiser notre système au point de perdre aussi lourdement.

Est-ce que c’est dû à un manque de concentration ?

Personnellement, je n’ai pas vu cette belle équipe du Sénégal qui a joué les matchs de poules des éliminatoires. On s’est toujours bien comporté. Malheureusement, face à la Côte d’Ivoire, on est passé complètement à côté de notre sujet.

Que s’est-il réellement passé ?

Je pense que le problème, c’est nous d’abord. On ne doit pas se laisser impressionner par la Côte d’Ivoire, quelles que soient les circonstances. Je ne sais pas ce qui s’est passé et je ne m’attendais pas à ce genre de match. Au retour, il faudra rester solidaire et mentalement fort.

Le changement tactique n’explique-t-il pas cette désorganisation ?

Je ne sais pas. En un moment, il n’y a pas eu de coordination entre les lignes. On a beaucoup reculé, surtout en première période. Et à chaque fois que l’on devait attaquer on se faisait prendre en contre par l’adversaire qui a des joueurs rapides devant.

N’êtes-vous pas personnellement frustré d’avoir débuté le match sur le banc ?

Non, même pas. C’est le choix du coach. Il faut le respecter et respecter les coéquipiers qui étaient sur le terrain.

Il paraît que vous avez demandé au coach à rester sur le banc parce que vous étiez fatigué ?

Non, je n’ai jamais dit au coach que j’étais fatigué et qu’il fallait me laisser sur le banc. Je me suis toujours bien comporté en sélection. Je connais très bien la valeur du drapeau national. Chaque fois que je viens en sélection, c’est pour me défoncer pour le peuple sénégalais. J’étais surpris d’apprendre cette nouvelle.

Comment vous êtes-vous donc retrouvé sur le banc ?

C’est le matin, le jour du match que le coach m’a fait savoir que je n’allais pas démarrer la rencontre, en raison la concurrence et ma modeste expérience de jeune footballeur. Je lui ai dit qu’il était le seul commandant de bord, que je resterai toujours à sa disposition. C’est le coach le patron, il faut respecter ses choix.

La qualification au Mondial est-elle toujours possible pour le Sénégal ?

Si on pense que la qualification n’est plus possible, ce n’est pas la peine d’aller jouer le match retour. L’adversaire nous a battus en 90 minutes. Il reste les dernières 90 minutes. Je pense que nous avons toujours nos chances, il faut y croire jusqu’au bout.

Quelle solution préconisez-vous pour une éventuelle victoire du Sénégal ?

Pour gagner le match retour, la solution est très simple. Il faut croire en nous et jouer la rencontre à fond, sans complexe. Je crois qu’on a le potentiel pour y arriver.

La défense a été vertement critiquée après la défaite… 

Face à la côte d’Ivoire, on a reparlé des défenseurs. A tort ou à raison, les gens disent qu’ils n’étaient pas à la hauteur. C’est dommage parce que l’on oublie qu’ils nous ont souvent sorti de gros matchs. C’est le football. On restera solidaire.

 

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