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L’un des Lions les plus proches de Bruno Metsu du temps de la belle épopée de 2002, El Hadji Diouf a mal après le décès de son ancien mentor. Diouf estime que Metsu mérite un hommage digne de ce nom. Entretien

El Hadji, la disparition de Metsu, doit être un coup dur pour vous ? 

Bruno n’est pas un ami seulement. C’est un frère, un père pour moi. Il a su tirer de moi ce potentiel pour que je sorte de l’anonymat. Il m’a fabriqué afin que tout le monde me connaisse. Sa disparition est une terrible perte pour la France, le Sénégal. Vous ne pouvez pas imaginer ce que je ressens. J’ai vraiment mal. Même dans ses moments difficiles, Bruno a gardé son sourire et on est resté toujours en
contact. Cela prouve la grandeur de l’homme qui n’a jamais baissé les armes.

Que retenez-vous de Metsu ?

C’est la meilleure des personnes que j’ai rencontrées dans ma vie de footballeur. Et si j’ai à citer trois personnes qui me sont chères, Bruno en fait partie. J’ai tout le temps parlé avec les enfants de Bruno. Que ce soit avec Enzo, Noah et Mayba sans oublier leur maman, Viviane. Même avec Daba, on a gardé d’excellentes relations. Je l’ai appelée pour lui présenter mes condoléances.

Mais vous étiez l’un des rares Lions de 2002 absents aux funérailles à  Dunkerque…

Ce n’est pas parce que j’étais occupé par le travail. Non. J’accompagnerai Bruno jusqu’à sa dernière demeure. Je suis toujours en contact avec sa famille. Avec Bruno, on avait l’habitude de voyager en business class, mais pour cette fois-ci, je serai Inch Allah en economic class pour lui montrer le respect que je lui ai toujours voué.

Le monde sportif est en train de lui rendre un vibrant hommage…

Je pense que Bruno Metsu mérite un grand respect. Il mérite aussi un grand hommage. Imaginez, quelqu’un qui n’est pas de chez nous et qui, émet le voeu d’être enterré à Dakar à sa mort ; cela fait chaud au coeur. J’appelle tout le monde à la mobilisation afin de donner à Bruno ce que nous avons donné à Jules François Bocandé. Ces deux personnages resteront à jamais gravés dans la mémoire des Sénégalais.

 

Stades