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Contrairement à ses coéquipiers qui ont quitté Abidjan quelques instants après le match perdu (3-1) contre les Éléphants, Issa Ndoye n’est reparti de la capitale ivoirienne que le lendemain dimanche. Le gardien de but des Lions et de Créteil devait régler des problèmes administratifs à Dakar avant de rallier la France. Entretien

Issa, vous avez joué et perdu par 3-1 à Abidjan, comment avez-vous vécu cette défaite ?

Je peux dire que c’était un match pas facile, on le savait avant d’entrer sur le terrain. On a fait tout ce qu’il fallait dans la préparation. On a travaillé sur tous les points et on était concentré. Mais à l’arrivée on est déçu par le résultat. C’est le football et il faudra se ressaisir pour bien aborder le match retour en novembre, car rien n’est encore perdu.

Alors comment expliquez-vous ce début de match catastrophique avec deux buts encaissés en moins de quinze minutes ?

Pourtant, on avait même discuté de ça parce que le coach nous avait prévenus.
On savait donc que sur les quinze premières minutes, les Ivoiriens allaient mettre la pression. C’est vraiment  dommage parce qu’on a fait ce qu’il ne fallait pas faire. Je peux dire que ce qui nous a valu cette défaite, ce sont les pertes de balle. C’est une situation de jeu, ça  arrive. C’était difficile de revenir au score sur le terrain de  l’adversaire.

Des observateurs disent qu’en défense l’équipe du Sénégal a paniqué et a trop respecté les ivoiriens alors que vous évoluez dans les mêmes championnats ?

Je ne vais pas dire cela. Je le répète, ce sont des situations de jeu. Dès le début, ils sont entrés dans le match, nous avons fait des erreurs qui nous ont coûté des buts. C’est comme ça que je prends les choses. Je ne dirais pas que les joueurs n’étaient pas prêts mentalement, non. Il y a eu des pertes de balle et ils ont procédé par des contre-attaques qui nous ont coûté des buts. On ne va pas se focaliser sur ce que disent les gens parce que c’est facile d’attendre que l’on en soit là pour dire certaines choses. Maintenant, on comprend la réaction du public, on accepte les critiques   parce que c’est normal. Je pense que la Côte d’Ivoire n’a pas gagné le match mais c’est nous qui avons perdu. C’est nous qui leur avons donné l’opportunité de marquer en faisant des erreurs.

Est-ce que le but marqué par le Sénégal permet d’entretenir l’espoir?

Nous avons perdu le match mais la bataille n’est pas encore finie, on est tous conscient de cela malgré tout ce que les gens peuvent dire. On peut faire quelque chose et on va rester concentré. C’est le football, les situations peuvent se retourner tout le temps.

Quelle a été la réaction du groupe juste après le match ?

On était déçu. Après la première période on a discuté dans les vestiaires mais voilà. C’était prévu que les joueurs devaient rentrer après le match, ils l’ont fait. Je ne rentre pas parce que je dois faire mon passeport, mais dès lundi je repars. Les joueurs sont blessés (dans leur amour propre), on peut s’attendre à quelque chose au retour. On a certes perdu un match mais la bataille est loin de l’être.

Et le coach Alain Giresse, quel a été son discours ?

Le coach nous a fait comprendre qu’il y avait un match retour à jouer et que la qualification au Mondial n’est pas encore perdue. Le but que Papiss a marqué en fin de partie nous remet quelque peu en selle. Et dans les 30 dernières minutes du match, il y avait un léger mieux dans l’équipe qui a mis en difficulté la Côte d’Ivoire. C’est sur ce tempo qu’il faudra aborder le match de Casablanca. On a quelques semaines en club avant cette manche retour et le coach nous a demandé de bien nous préparer pour retrouver la sélection dans une forme optimale.

Donc, c’est le message que vous lancez à vos supporters ?

Les supporters, je les comprends parce que c’est difficile pour eux. Le mot supporter dit tout. On a le devoir de faire quelque chose pour le pays et eux aussi doivent rester derrière l’équipe comme ils le font tout le temps. On n’arrête jamais de leur lancer un message pour qu’ils continuent de pousser l’équipe parce que l’on a besoin de cela. On a tout laissé pour venir jouer ce match que l’on voulait gagner mais le bon Dieu a décidé que l’on perde. Mais ce n’est pas encore fini, on garde espoir. On va encore travailler dans nos clubs et si on nous appelle on va revenir en sélection.
L’essentiel est de ne pas répéter les mêmes erreurs et essayer de gagner le match pour passer. En tout cas, on ne perd pas espoir.

Comment ça se passe pour vous à Créteil que vous avez rejoint en début de saison ? 

Ça se passe pas mal. Une blessure m’a un peu retardé. J’ai repris les entrainements. Les choix du coach sont là, il y a un autre qui joue le championnat, j’ai joué les matchs de Coupes (de France et de la Ligue). Je suis en train de faire le maximum durant le temps de jeu que l’on me donne. On reste concentré et on verra ce que la suite va donner. On est toujours sur cette dynamique de travail. On ne se pose
pas trop de questions. Je pense que cela va bientôt s’améliorer. On est 8ème du championnat (la Ligue 2), donc collectivement ça va.

 

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