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Giresse

Lors de la préparation Giresse a beaucoup insisté sur concentration, le sang froid et la vigilance. Mais samedi dernier, à Abidjan, le sélectionneur national n’a rien vu de ce qu’il attendait des «Lions» face aux «Eléphants».  Depuis la France où il se trouve, il revient sur la défaite (3-1), les options tactiques, la non titularisation de Sadio Mané et le  cas Diamé, entre autres points.

 

 Coach, comment s’est passée votre nuit de samedi à dimanche dernier ? Avez-vous dormi après la défaite des «Lions» face à la Côte d’Ivoire ?

Sincèrement non. Mais ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Après  mes matches, je ne dors jamais la nuit. Quel que soit le résultat du match, car il y a toujours de l’émotion. On est un peu tendu aussi.

C’est votre première défaite après neuf mois sur le banc du Sénégal. Comment l’avez-vous accueillie ?

C’est la première fois, mais ce n’est pas un problème par rapport à moi. Le plus important c’est le fait de ne pas se baser sur ma première défaite ou pas. C’est plutôt de continuer à faire un bon travail.

Avec le recul, quelle analyse faites-vous du match ?

Tout d’abord, il faut dire que la Côte d’Ivoire est une bonne équipe. Et qu’il y avait une forte mobilisation venant de ses joueurs. D’ailleurs, après le match, leur coach (Lamouchi) me l’a dit. Car on a discuté un peu. Les Ivoiriens étaient concentrés, tout le contraire chez nos joueurs. On a fait ce qu’on ne devait pas faire face à la Côte d’Ivoire.

Comme quoi ?

On leur a laissés des possibilités de nous faire mal et on a mal entamé le match. Même quand on avait le ballon, ça devenait dangereux pour nous. Or, cela devait être le contraire. En plus, tout ce que je leur avais demandé d’éviter dans le match, les joueurs ne l’ont pas respecté.

Qu’est-ce qui vous a motivé à démarrer le match en 4-3-3 ?

C’était pour renforcer le milieu, surtout dans la récupération. Et aussi empêcher l’équipe adverse de circuler. C’est pourquoi aussi j’ai mis trois attaquants, dont deux sur les axes.

Et si c’était à refaire, auriez-vous reconduit le même dispositif ?

Si je savais que le match allait se passer comme ça, évidemment je l’aurais évité. Mais c’est parce que l’équipe avait tout pour faire une bonne prestation que j’ai pris cette option. Vous savez que c’est toujours facile de parler après le match et de dire que tel ou tel ne devait pas jouer.

A quel point le fait de prendre deux buts très tôt a faussé vos plans ?

Prendre deux buts après quinze minutes de jeu nous a mis en difficultés. Les joueurs étaient perdus dans le terrain. Ils ont commencé à paniquer et on sentait la peur qu’ils éprouvaient. On a facilité la tache aux Ivoiriens et ils ont bien profité de notre manque de concentration.

Comment expliquez-vous la non titularisation de Sadio Mané qui a toujours démarré les matches depuis que vous êtes à la tête de l’équipe ?

Ça peut arriver de mettre un joueur titulaire sur le banc. Cela dépend toujours de la manière dont on va jouer un match. La non titularisation de Sadio Mané est simple à expliquer. En fait, il est venu me voir un jour pour me demander de le laisser se reposer lors d’une séance d’entrainement à Paris. Il m’a expliqué qu’il se sentait fatigué, car il avait beaucoup donné aussi en championnat. Et moi, tous ces détails, je les prends en compte. En plus, je ne sais pas ce que les gens veulent. Sur le cas de Dame Ndoye, c’était pareil. On disait pourquoi il ne démarre jamais et une fois fait, c’est le tour de Sadio Mané maintenant.

Ne ressentez-vous pas un manque d’engagement des joueurs dans le terrain ?

Je ne dirai pas un manque d’engagement, car si c’était le cas ils n’allaient jamais inscrire un but. Je pense que c’est de naïveté qu’il s’est agi face aux Ivoiriens. Ce que les joueurs ont fait c’était plus d’un manque de concentration. Et  je le répète encore une fois, on a fait ce qu’on ne devait pas faire devant nos adversaires.

Quel a été votre discours dans les vestiaires ?

Avant le match, je ne faisais qu’un rappel, car j’avais tout dit durant les entrainements. A savoir que la Côte d’Ivoire, c’est notre concurrent. Qu’il fallait tout faire pour réussir une bonne prestation à Abidjan. Mais tel n’a pas été le cas et maintenant il faut qu’on fasse quelques réglages et qu’on se concentre sur le match retour.

Le but de Papis Cissé vous a-t-il redonné espoir pour le match retour ?

Bien sûr, beaucoup d’espoir même. Ce n’est pas encore fini pour nous. On est toujours dans la course.

Compte tenu du résultat contre la Côte d’Ivoire, Casablanca est-il toujours le bon choix ?

De toutes façons, le lieu sera toujours un handicap pour nous. Que ça soit Casablanca ou ailleurs, ce ne sera jamais pareil que de jouer à Dakar. Mais il faut faire avec.

Ne craignez-vous pas le syndrome d’octobre 2012 avec une confirmation de la Cote d’Ivoire à Casa?

Le match retour se jouera en novembre et pas à octobre. Donc il y a un décalage. En plus le syndrome ne sera pas le même. On va se battre jusqu’au bout.

Nombreux sont ceux qui disent que Diamé ne fait pas le poids dans l’équipe. Partagez-vous cet avis ?

Je ne veux pas dire grand-chose sur lui. Mais c’est vrai que notre capitaine est dans une période difficile. Sa prestation (face aux Ivoiriens) était moins bonne. Il est dans une période difficile, c’est ça.

De quel genre de joueurs avez-vous besoin pour renverser la tendance ?

Des joueurs qui ont des capacités à rester dans leur match, qui ont de la rigueur et qui créent le danger chez les adversaires, qui savent les faire douter.

Peut-on s’attendre à des sanctions contre certains joueurs qui sont passés à côté ?

Ce ne seront pas des sanctions, mais des choix sportifs. Il y a une concurrence dans tous les postes. Si certains ratent leurs prestations alors pourquoi pas donner la chance aux autres ?

Donc vous comptez renforcer le groupe pour le match retour ?

Je ne sais pas encore. Le match se fera après une étude. Il y aura une différence dans le groupe des joueurs.

Vous êtes appelé à un stage de la Caf le 20 octobre, à Dakar. Serez-vous présent ?

Effectivement je dois passer ce stage. Et je reviens bientôt à Dakar pour ça.

Vous passez la Tabaski hors du Sénégal. Avez-vous une fois passé la fête dans un pays Africain ?

Oui, à deux reprises ; la première c’était quand j’étais le sélectionneur du Maroc en 2001 et la deuxième au Mali. Et ce qui m’a marqué le plus c’est le méchoui, c’était très bon.

La dernière question porte sur le décès de Bruno Metsu, ancien coach des «Lions». Avez-vous connu le défunt ?

Bruno Metsu, je l’ai connu depuis qu’il était joueur. On a eu à se rencontrer dans les matches. Je l’ai eu au téléphone après ma nomination comme entraineur du Sénégal. On avait beaucoup parlé sur l’équipe et ensuite je lui ai demandé l’état de sa santé. Depuis que j’ai appris sa mort je suis très triste. C’était quelqu’un de bien, un homme humble qui aimait le Sénégal.

 

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