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Une nouvelle fois, comme depuis qu’Alain Giresse a pris en main les Lions, Idrissa Gana Guèye devrait placer son mètre 74 devant l’arrière garde des Lions. L’un des rôles les plus importants dans le football moderne. Inusable, infatigable, le milieu de terrain de 24 ans, passé par Diambars, rêve de fouler le sol brésilien l’été prochain. Mais il sait que cela passe par un exploit face aux Éléphants. Entretien

Idrissa, ressentez-vous que cette semaine est particulière en raison du gros duel entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire ?

Il est tout à fait normal que la pression soit différente. En plus, on les a déjà joués et ils nous ont déjà éliminés. On est surtout concentrés. Ils sont favoris. Ils ont une équipe plus mature que la notre. Ils ont l’habitude de jouer de grands matchs. Mais nous sommes une équipe jeune, nous avons nos qualités et nous allons tenter de passer.

Sur quoi allez-vous vous appuyez, justement ?

Nos qualités athlétiques, techniques et de jeunesse. C’est une équipe un peu plus vieille que la notre, il faudra donc jouer sur ça. Après, être concentré jusqu’au bout et y croire, surtout y croire. Tout donner et sortir de ces deux rencontres sans regrets.

Ce premier match est-il vraiment primordial ?

Oui, le match aller est très important, on l’a vu l’an passé. On menait 2-1 chez eux avant de se faire remonter (4-2). Et si on avait gardé le score de 2-1 ou au moins un match nul 2-2, le retour aurait été différent. C’est donc très important de faire un résultat là-bas.

Qu’avez-vous dit à Salomon Kalou, votre équipier ivoirien à Lille ? Que vous alliez les battre ?

Non, jamais, c’est lui qui dit tout le temps qu’ils vont nous battre facilement et nous éliminer. Je lui réponds que l’on verra après les deux confrontations. Mais ça chambre beaucoup. Depuis que l’on a vu le tirage, on n’arrête pas de parler de ça. Je lui dis que je vais le blesser à l’entraînement et qu’il ne pourra jouer les deux rencontres. Tout ça en rigolant bien sûr. On est content de se retrouver mais c’est dommage car il y aura un déçu et un heureux. On aurait préféré que les deux équipes se qualifient pour se retrouver en Coupe du monde.

On parle de Drogba, de Yaya Touré ou de Gervinho, mais Kalou est en grande forme en ce moment…

C’est notre grand frère, notre leader, on le respecte et on l’écoute beaucoup. Il nous donne beaucoup de conseils.  Il a beaucoup plus d’expérience que nous. Il a un peu pris la place de Moussa Sow en tant que grand frère à Lille. On voit qu’il prend tous les matchs en main et on s’en sort plutôt bien pour le moment. C’est un très grand joueur, qui est difficile à prendre au marquage. J’en sais quelque chose. Il n’est jamais à l’arrêt et dribble beaucoup. Il faudra surtout être concentré jusqu’au bout car il suffit juste d’un moment de déconcentration pour qu’il marque ou fasse marquer.

Vous semblez épanoui à Lille où vous êtes titulaire indiscutable… 

Je suis un peu sur la continuité de ma fin de saison dernière. Je me sens beaucoup mieux. Je suis heureux d’aider l’équipe et d’avoir retrouvé mon pote (Pape)   Souaré sur le côté gauche. On s’aide beaucoup, en se donnant des conseils. On se parle énormément et c’est important pour nous de passer des caps pour aller plus loin.

Idem en équipe nationale, où vous êtes devenu difficile à mettre sur le banc…

Oui, c’est pareil, on est en train de faire petit à petit notre trou. Et si on se qualifiait pour la Coupe du monde, ce serait parfait. Mais personne n’est indispensable dans cette équipe. On sait que si quelqu’un se blesse, un autre pourra tout de suite le remplacer sans problème. Après, quand le coach fait appel à nous, on essaie de donner le maximum de nous-mêmes pour ne pas sortir des titulaires ou des joueurs sélectionnés.

Ce Côte d’Ivoire-Sénégal n’est-il pas le plus gros match dans votre jeune carrière, même si vous avez déjà participé à la Ligue des champions ? 

C’est vrai qu’avec l’équipe nationale, c’est le plus important. Il est très important pour moi et pour tout le peuple sénégalais. Ça fait longtemps que le Sénégal ne s’est pas qualifié pour une Coupe du monde (2002), ce serait l’occasion de renouer avec le peuple et de se réconcilier avec les supporters. Ce serait magnifique. Ça fait rêver. Tous les joueurs ne disputent pas la Coupe du monde. Donc si on en a l’occasion… Il faut juste ne pas avoir de regrets.

 

Stades/Galsenfoot