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Perdu de vue en sélection depuis novembre 2012, Moussa Konaté  tente de relancer sa carrière en Serie A italienne. Le nouvel attaquant de Genoa, à qui on prédestinait une carrière internationale flamboyante, pense que son séjour en Russie à ralenti sa carrière et l’a éloigné de l’équipe nationale.   Et pour le match  contre la Côte d’Ivoire, il invite ses anciens coéquipiers à ne pas aller à Abidjan avec un esprit revanchard.

On vous voyait comme un élément d’avenir dans l’attaque «Lions». Mais depuis  le 14 novembre, contre le Niger, vous n’êtes plus revenu en sélection ? Avez-vous une explication à cela ?

C’est peut être lié à mon manque de temps de jeu quand j’étais en Russie (Ndlr : il est au Genoa, en Serie A italienne, depuis août). Ce qui me reste à faire c’est de me concentrer et de travailler d’avantage. J’ai bien démarré la saison (3 matches dont un comme titulaire, en 6 journées)  et je ne compte pas lâcher. Le moment venu,  si on m’appelle,  je viendrais. Car c’est un plaisir de porter le maillot  national.

Et vous attendez toujours cet appel ?

Bien sur. Je suis jeune et je viens de débuter ma carrière. Il me reste pleins de choses à accomplir dans le football.

Etes-vous en contacts avec  le staff ?  

A vrai dire non. Je n’ai jamais été en contact avec eux.

Le Sénégal joue contre la Cote d’Ivoire pour le dernier tour des qualifications au Mondial-2014. Après l’élimination, par ces mêmes Ivoiriens, de la  Can, quel regard extérieur portez-vous sur ce match ?

 Il ne faut pas engager ce match avec un esprit de revanche. Il faut juste prendre la Côte d’Ivoire comme un simple adversaire   On a tous les atouts pour battre cette équipe. Nous avons des joueurs expérimentés, capables de s’imposer.

Après deux mois en Serie A avec le Genoa, avez-vous senti une amélioration par rapport au championnat russe ?

Le niveau est  plus élevé en Italie. Cela me permet de progresser. En plus, Genoa fait partie des grands clubs en Italie. C’est un club historique en Italie.

Pourtant on vous avait annoncé à Parme…

J’aurai pu signer  dans ce club, mais le Genoa s’est montré avec plus d’ambitions. On était à la fin du mercato (août dernier) et cela m’a poussé à opter pour Genoa.

Ce choix vous rassure-t-il aujourd’hui ?

J’ai trouvé un groupe soudé, dynamique, collectif.  Ce qui m’a beaucoup marqué à mon arrivée, c’est la solidarité et le partage dans le groupe. Genoa a cette culture des clubs de famille qui ont une histoire. C’est l’un des premiers clubs en Italie.  Et les  Italiens vouent un respect à ce club.

Vous jouez avec une des stars du Calcio, Gilardino. Comment l’appréciez-vous ?

 Il me surprend  chaque jour. Malgré son statut de star mondiale, il  reste un joueur modeste. Bien vrai qu’il ne comprend ni le français ni l’anglais, il essaie toujours de se débrouille pour échanger avec moi. Il me conseille chaque fois par le biais d’un interprète. Sur le terrain, il essaie de me repositionner. Je ne le connaissais pas avant mais il m’a beaucoup surpris.

Est-ce que le choix de jouer en Russie n’a pas été un échec pour vous ?

Non! Il y a eu trop de rumeurs sur mon choix d’aller en Russie, car certains me voyaient en Angleterre. C’est vrai qu’il avait des clubs qui s’étaient présentés  comme Queens Park Rangers et Stoke City, mais c’était trop compliqué d’y aller. Il fallait au moins avoir disputé 75% des matches de l’équipe nationale A  pendant l’année pour pouvoir jouer en Premier League et je ne l’avais pas fait. Donc,  je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les gens s’attardent sur mon choix d’aller en Russie. Le Fc Krasnodar était le seul club prêt à signer le protocole d’achat avec mon club en Israël (Ndlr : le Maccabi Tel Aviv).

Mais votre père a porté des accusations contre votre agent dans cette transaction…

C’est une histoire ancienne, j’ai tourné cette page. Je ne veux plus en parler.

Pourquoi n’avez-vous pas percé en Russie ?

Quand je suis arrivé,  j’avais accusé un retard de 10 matches dans le championnat. Puis il se trouvait que le meilleur buteur du championnat évoluait dans le même club que moi. J’avais des ambitions, mais le coach ne m’a pas donné ma chance. D’ailleurs on n’avait pas les meilleures relations.

Après votre prêt à Genoa, allez-vous retourner en Russie ?

Pour le moment je me concentre sur le championnat avec mon club. J’aurais bien aimé  rester à Genoa). Je me sens bien ici, d’autant plus qu’il y a beaucoup d’Africains dans la ville. Certains Italiens parlent anglais et français donc je me suis vite familiarisé. Il m’arrive parfois d’échanger avec eux. En Russie c’est tout à fait le contraire, j’avais du mal à m’exprimer car la plupart d’entre eux (les Russes) ne parlent que leur langue c’était trop difficile.

 

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