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Le FC Sochaux a gagné une bataille indispensable pour ne pas perdre pied dans ce championnat de Ligue 1 qui est encore long. Omar Daf a apprécié la réaction d’orgueil des Sochaliens et savouré, sans excès, ses premières heures d’intérimaire.

Omar, que ressent-on à chaud, après une telle soirée ?

On est heureux d’avoir redonné le sourire à toute une région. Les gens du club soufflent un peu. Ça me rend heureux, tout simplement.

Cet intérim, l’avez-vous accepté sans frein ?

Quand le président m’a demandé de prendre l’intérim, je n’ai pas hésité. Je viens de ce club, je sais qu’il y a de bons joueurs dans le groupe. Aujourd’hui, j’ai essayé de faire du mieux possible.

Est-ce votre discours qui a touché les joueurs ?

Non, c’est trop facile, ça. Après, dans ces situations, on est tous responsables. Chacun à sa part de responsabilité. J’ai essayé de leur rappeler que Sochaux a une histoire, qu’il a toujours pratiqué un beau football. Je leur ai demandé de bien jouer au football, de se faire plaisir, et de faire plaisir à tous ceux qui sont venus les soutenir. Aujourd’hui, on est content, les mecs reprennent confiance, mais, je sais tout le travail qui reste à faire pour arriver à un certain niveau. Le foot est un beau métier, mais c’est difficile. Il n’y a pas que le relationnel.

Et vous, comment avez-vous abordé cet intérim ?

Depuis le début de la saison, j’avais le bon rôle. J’étais dans les tribunes, je notais ce que je voyais. Quand tu prends les choses en mains, tu as une grosse responsabilité, tu es en première ligne, mais cela ne sert à rien de se mettre une pression supplémentaire. Il fallait se convaincre de revenir à des choses simples, et qu’on joue pour avoir une chance de gagner.

Comment expliquez-vous le changement d’attitude des joueurs ?

Ça ne s’explique pas. En tout cas, sur les dernières heures qui viennent de passer, j’ai surtout essayé de leur redonner confiance et leur faire prendre conscience de leurs qualités. S’ils sont là, ce n’est pas un hasard, ce sont des joueurs talentueux. Il fallait simplement qu’ils mettent leurs qualités individuelles au service de l’équipe. Qu’ils se lâchent. À un moment donné, il fallait que nous prenions tous conscience de la situation et que chacun prenne ses responsabilités. Il n’y a pas un responsable. On l’est tous. Il fallait rehausser notre niveau de jeu et prendre conscience que la situation commençait à être tendue. Moi, je n’y suis pour rien. Il faut dire bravo aux joueurs qui étaient sur le terrain. Ce sont eux qui se sont dépensés.

Un entraîneur va certainement arriver. N’allez-vous pas être frustré de laisser votre place ?

Non, pas du tout. Je vais essayer de faire les choses dans l’ordre. J’aime le foot, ce métier. Aujourd’hui, c’est une autre vie qui commence pour moi. Je vais procéder étape par étape. Quand j’ai fini comme joueur, ce que je voulais, c’était m’occuper des jeunes au niveau de la formation. Apprendre ce métier, étape par étape. Aujourd’hui, cela a constitué une bonne expérience pour moi. J’espère que cela me servira pour le futur.

Mais cette expérience n’attise-t-elle pas votre envie ?

Je ne me suis pas posé cette question. Je suis en reconversion. Le club me permet de faire ma reconversion quel que soit le niveau ou l’endroit où je serai. Je vais me faire petit, apprendre mon métier. Et en profiter, avant de partir, pour remercier le Bon Dieu. Je suis très croyant. J’ai également une pensée pour mon père. Je pense qu’il aurait aimé être là.

Lepays.fr