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Jaraaf

A trois jours de la finale de Coupe du Sénégal contre le Casa-Sports, samedi, le manager général du Jaraaf, Ndoffène Fall, fait le point sur certains dossiers brûlants du club : le «cas» Khadim Ndiaye, le transfert mouvementé d’Alpha Oumar Sow, ou encore les tensions de trésorerie qui secouent la maison des Vert et Blanc.  

Le «cas» Khadim Ndiaye : «Ce n’est pas en restant chez soi qu’on va faire oublier ce qui s’est passé»

«A mon avis, il ne se passe rien du tout. C’est un garçon qui s’est senti frustré parce qu’étant un grand joueur qui venait de rater un match (2-2 face à la Linguère, 28e J.) Ça arrive tout le temps (Ndlr :il était accusé par des supporters d’avoir «vendu» le match). Le comportement des supporters se comprend, parce que pour eux, le joueur est un héros. Mais ce n’est pas parce qu’un supporter s’est emporté et a manifesté son mécontentement qu’on doit agir de la sorte (boycott des entraînements, Ndlr). Au contraire, il faut retourner aux entraînements et donner au supporter des raisons de croire en toi,  il (le supporter) sera le premier à t’applaudir. Mais ce n’est pas en restant chez soi qu’on va faire oublier ce qui s’est passé. Si j’étais lui, je me serais battu pour montrer aux autres que c’était une erreur. Je parle régulièrement avec lui parce que mon rôle est d’être le rassembleur. Et je parle aussi en ma qualité d’ancien footballeur. Je connais son état d’âme actuellement, parce qu’on est frustré quand on rate un match alors qu’on est un grand joueur. Je ne peux pas dire s’il sera de la finale de samedi ou non, c’est le domaine technique et il appartient à l’entraîneur (Abdoulaye Sarr) d’en décider. Pour ce qui est de la présence de Khadim Ndiaye au Jaraaf la saison prochain, ça dépendra des deux parties. Je crois qu’il n’est pas venu au Jaraaf pour un autre objectif que celui de se relancer. Ce qu’il voulait, c’était d’être dans un bon environnement et au sein d’un club qui a une bonne visibilité, démontrer son talent et éventuellement redevenir le N°1 de l’équipe nationale. A mon avis, à un moment, il y était presque parvenu. Mais en football, tout va très vite et, surtout l’état de forme du joueur, autant il est difficile de l’obtenir, autant il est facile de la perdre. Je crois qu’à un moment, il a été secoué par le fait de ne pas faire partie de l’équipe nationale A. Mais ça devait plutôt être une autre motivation.»

Alpha Oumar Sow : «Il est parti sans nous aviser»

«Alpha Oumar (Sow) est parti (Ndlr : au Maroc) sans nous aviser. Et il connait de petites difficultés là-bas qui sont liées à l’environnement. Au Jaraaf, la seule personne habilitée à libérer (un joueur), c’est le président Wagane Diouf, qui est absent du territoire national (parce qu’il est allé se faire soigner). Si nous avions eu la bonne information avant qu’il ne parte, on aurait pu discuter avec lui pour prendre une décision. Mais nous n’avons pas été associés et il ne faut pas attendre d’être là-bas et d’appeler pour être libéré. Il y a un minimum de dispositions à prendre et un dispositif à mettre en place. Si nous leur demandons la bonne information, c’est pour éviter qu’on soit mis devant le fait accompli et qu’il y ait ce type de problème. Le président Wagane Diouf revient dans la semaine. Vous savez que quand quelqu’un va pour se soigner, en général son retour ne dépend pas de lui directement, mais plutôt des médecins.

«Nos garçons commencent quand même à prendre cette mauvaise habitude»

Et puis, nos garçons commencent quand même à prendre cette mauvaise habitude (de se faire enrôler) par un agent qui demande une libération gratuite du joueur et ça commence à faire jurisprudence. Et c’est ça qui justifie, par moments, nos difficultés financières, parce qu’en général, c’est avec les transferts et le sponsoring que nous parvenons à mettre les garçons qui sont restés dans de bonnes conditions. Mais si  à chaque fois chacun veut être libéré, avec l’intervention du papa, de la maman etc., je vois mal le football sénégalais se développer. Il y a de fortes demandes et beaucoup de joueurs sont sollicités. (Libérer un joueur), c’est un problème de 48 heures ou 03 jours, mais on ne peut pas demander à un club de libérer un joueur toujours gratuitement. Il y a eu un premier cas (Ndlr : Macou Sarr, parti à Angers) ; s’il y en a un deuxième, ça va faire jurisprudence et on connait les dégâts. Je suis le manager général, mais pas le décideur final, et pour ce genre de situation, il y a le comité directeur qui en discute et prend la bonne décision.

Les arriérés de salaires : «Nous avons l’habitude des tensions de trésorerie»

Il y a des arriérés de salaires, mais cela n’atteint pas ce niveau (Ndlr : bientôt 6 mois en fin août). Nous avons l’habitude des tensions de trésorerie. L’année où nous gagnions le Championnat (2010), nous en étions à 3 mois (d’arriérés) de salaires. Comme j’ai l’habitude de dire aux garçons, celui qui cherche la visibilité, l’environnement et les titres, il doit venir au Jaraaf. Mais quand on est intéressé que par l’argent, on va dans certains clubs de sociétés. Peut-être que là-bas, il y a la sécurité financière. Si je prends un garçon comme Tendeng : il est arrivé en toute sobriété, mais aujourd’hui c’est un international sénégalais (Ndlr : sélectionné en équipe nationale locale). Si j’avais un choix à faire, je préfèrerais la deuxième situation. Il y a aussi Idrissa Niang, qui nous est venu de Richard-Toll et qui est aussi devenu international sénégalais (Ndlr : sélectionné en équipe nationale locale) ; Fidel Gomis, qui est la coqueluche de tous les stades du Sénégal ; le jeune Bara Ndong, Ibrahima Diop, qui était junior et qui a fini 3e meilleur buteur du Championnat (Ligue 1, 10 buts). Donc, on peut avoir des tensions de trésorerie, parce que depuis le départ de Dieylani Fall (pour Auxerre), le Jaraaf n’a pas eu de transfert. Mais nous n’avons jamais bouclé une saison avec un quelconque arriéré dû à un footballeur. Cette année aussi, ils partiront en vacances en ayant reçu tout ce que le Jaraaf leur doit.

Les sollicitations : «Pour le moment, cinq joueurs sont sollicités»

Il y a de fortes demandes et beaucoup de joueurs sont sollicités. Il y a un arrière latéral, je peux même dire tout le milieu de terrain et un attaquant. A priori, il y a pour le moment une demande sur cinq footballeurs. Et nous souhaitons que cela aboutisse pour que nous puissions mettre dans de bonnes conditions ceux qui resteront.

 

iGFM