PARTAGER
FSF

Notre ronde des clubs pro se referme donc un peu plus d’une semaine après la fin du championnat de L1 qui a sacré Diambars et envoyé Gorée, GFC, Douanes et ASSUR en division inférieure. Une incursion dans les 16 clubs de l’élite qui nous a permis de constater que 5 ans après son lancement, le football professionnel tarde encore à être vécu comme il se devait. La faute peut-être à un cahier des charges assez contraignant au début, mais qu’il avait fallu « alléger » pour avoir un nombre acceptable ou raisonnable de clubs partants. Conséquence ? Avec juste le minimum (voire un peu moins) certains ont franchi le pas avant de se rendre compte, à l’épreuve de la réalité quotidienne, que l’aventure n’était pas aussi aisée.

On se souvient même d’un club relégué en L2 et heureux, puisque n’ayant plus à faire face aux exorbitantes charges qui étaient les siennes dans l’élite. Comme si à l’étage en dessous, on n’est plus dans l’univers professionnel ! Bien sûr que si, mais les contraintes y sont certainement de loin moins pesantes ; mais on doute que même en L2 les clubs respectent leurs engagements vis-à-vis de leurs employés (joueurs, techniciens, médicaux, etc.) et la LSFP. Ce qu’il y a en tout cas de curieux, c’est qu’il ne suffit pas de s’approcher des normes établies par cette LSFP pour jouer les grands rôles. En fait, si Diambars à qui nous consacrons notre dernier focus a démontré que c’est débarrassé des soucis financiers et matériels qu’on va plus aisément à l’assaut des cimes, la descente au purgatoire de GFC, autre « nanti », prouve que tout n’est pas que question de moyens. Il est donc question de trouver la bonne (ou la meilleure) articulation possible, parfois même savoir jouer aux équilibristes.

On ne cesse de le répéter depuis le début de notre incursion dans les clubs pro : le professionnalisme est rarement un processus achevé. Il y a toujours des choses à remettre à l’endroit, des (ré)ajustements à opérer. Dès lors, cinq petites années, c’est bien court pour espérer noter des ruptures significatives. Ailleurs, après près d’un siècle, on n’a toujours pas fait le tour de la question ; si l’on ne paie pas tout bonnement les contrecoups de ce modèle qui n’est absolument pas la panacée.  Comme l’on dit de la démocratie comparée aux autres systèmes politiques, le professionnalisme n’est peut-être « que » la moins mauvaise des options en matière de sport.

Ce tour du Sénégal des clubs a tout de même permis de voir que partout les problèmes et les écueils ont été parfaitement identifiés. Il reste juste à leur trouver des remèdes ; ce qui est cependant bien plus compliqué. Le match est donc loin d’être gagné. Une bonne raison de continuer à le jouer en s’employant à se donner les moyens de le remporter. Ce qui implique aussi et surtout se doter d’un renfort de poids, l’Etat en l’occurrence qui semble très peu emballé par cette œuvre pourtant d’utilité publique en ce que le professionnalisme aide grandement à résorber le chômage. Partout où le professionnalisme a prospéré, l’Etat a poussé à la roue. Chez nous, ce coup de pouce se fait toujours désirer. Et pour l’heure, c’est la débrouille presque généralisée.

©Lesoleil